07/08/2007

Les 100 jours de Sarkozy

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L’état de grâce que connaissent tous les nouveaux présidents touche à sa fin, et les premiers "couacs" apparaissent.



La précipitation n’est jamais la meilleure des solutions, et le passage en force de différentes lois (pendant que les Français se font bronzer) risque de causer quelque agitation à la rentrée.


Appliquant l’inverse du concept de Robin des Bois, lequel, comme on le sait, prenait aux riches pour donner aux pauvres, Nicolas Sarkozy a commencé par baisser les impôts des riches, et tenté une hausse de la TVA, impôt injuste puisqu’il défavorise surtout les classes pauvres et moyennes.


Pour l’instant, ce projet est retourné dans un tiroir, mais nul doute qu’il n’en ressorte sous peu.


En ne remplacant qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, l’Education nationale va se trouver affaiblie.


Pour permettre à une classe scolaire de ne laisser personne sur le côté de la route, il faudrait un maximum de 17 élèves par classe. On en est déjà très loin, et on va s’en éloigner un peu plus.


De plus l’abandon de la carte scolaire va favoriser les plus malins, et laisser de côté les secteurs difficiles.


La banlieue pourrait bien se trouver très agitée sous peu.


Le bouclier fiscal ne semble pas avoir eu beaucoup d’effet jusqu’à présent puisqu’une bonne partie des nantis, d’Amélie Mauresmo, à Patricia Kaas en passant par Marc Levy n’envisagent pas pour l’instant de retourner au pays.


Et puis, en mettant à la retraite 23 000 fonctionnaire, on ne réalise aucune économie, puisque l’Etat doit payer les retraites, et comme dit Eric Woerth, ministre du Budget, le compte n’y est pas.


L’affaire Clearstream ne touche pour l’instant que le pouvoir précédent, mais qui nous dit que les juges n’iront pas pousser leur investigation un peu plus en avant, pour comprendre comment ce faux document est arrivé sous les yeux de Villepin, alors que Sarkozy était ministre de l’Intérieur ?


Quand au sacro-saint droit de grève, fallait-il y toucher, au risque de réveiller le mouvement ouvrier ? C’est lorsqu’ils sont les plus affaiblis que les syndicats sont capables des plus grandes audaces.


Le pétard mouillé de Grenelle aura vite fait long feu, et les défenseurs de l’environnement vont peut-être arrêter rapidement leur bienveillance sarkozyste et leur flirt avec Nicolas Hulot.


La croissance zéro ne fait pas l’affaire de tous et l’Europe va punir les mauvais élèves.


Et puis le leurre de la chute du chômage va être de plus en plus voyant, puisque de nombreux professionnels affirment haut et fort que les chiffres sont truqués.


Sans parler de la Bourse... qui baisse, baisse.


Et quid des infirmières toujours déconsidérées, de La Poste de plus en plus menacée, des délocalisations qui vont se poursuivre au nom de la logique du marché, des intermittents du spectacle pour qui rien n’a été modifié, de la SNCF qui voit la concurrence se presser au portillon ?


Que vont faire les ministres « caution » de l’ouverture à gauche, douchés déjà, comme c’est le cas pour bernard Kouchner, lequel a vu comment Cécilia pouvait lui brûler la politesse dans l’affaire des infirmières bulgares.


Et comment vont finir les remous déclenchés par la sordide tractation nucléaire avec Khadafi, dans le dos de nos partenaires allemands.


Au niger, Areva se trouve dans la tourmente, pris au piège d’un conflit dont le nucléaire semble être le principal facteur, puisque les Etats-Unis, la Chine et la Lybie y pointent le bout du nez.


Bref on l’aura compris, la rentrée 2007 risque d’être chaude.


Tant mieux, car le mois de juillet a été si froid, qu’il faut bien de temps en temps trouver des compensations.

par olivier cabanel

http://www.agoravox.fr

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