25/04/2008

Immigration : la loi, et rien que la loi

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Sarkozy a exclu une régularisation massive des salariés sans papiers.








«Des régularisations au cas par cas.» Concernant les demandes de titres de séjour des 800 salariés étrangers en situation irrégulière en grève depuis le 15 avril, dont les dossiers ont été transmis mercredi aux préfectures, Sarkozy a repris l’antienne qui est celle du gouvernement depuis le début du conflit. Il s’est refusé, en revanche, à donner en direct à la télévision des consignes aux préfets chargés d’examiner ces dossiers. «Il y a une loi [votée en novembre, elle ouvre des possibilités de régularisations aux sans-papiers munis d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche, ndlr]. Je dis aux préfets d’appliquer la loi.» Concernant une régularisation plus large des salariés étrangers en situation irrégulière, Sarkozy a repris une autre de ses antiennes : «Il n’y aura pas de régularisation globale parce que la régularisation globale conduit à la catastrophe.» Ajoutant: «Ça conduit à un appel d’air qui profite aux trafiquants, on fait la politique des trafiquants.»

Tout au long du passage de son intervention consacré à l’immigration, le chef de l’Etat s’est montré très agressif. Qualifiant les demandes de régularisations faites par les responsables des deux principales fédérations de l’hôtellerie-restauration, l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) et le Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs) de «déclarations hypocrites». «Il y a 22 % de chômeurs chez les immigrés réguliers, qu’on ne vienne pas me dire qu’on est obligé d’aller chercher des malheureux clandestins pour les faire travailler», a-t-il lourdement ironisé. Tout au long de son intervention, il a également parlé d’étrangers désirant devenir Français au lieu d’étrangers demandant un titre de séjour.



Sarkozy a enfin exclu de donner le droit de vote aux étrangers pour les élections locales, expliquant que «comme [il] n’a pas la majorité pour le faire, [il] ne soutiendra pas ce projet». «J’essaie de responsabiliser le débat sur l’immigration», a-t-il ajouté, et «ouvrir le débat sur le vote des étrangers ne le ferait pas avancer, mais reculer».
Reste que le déclenchement du mouvement de grève des salariés sans papiers, et l’écho qu’il a eu chez les patrons, ont sans doute pris de court le gouvernement. En incluant au dernier moment, dans la loi Hortefeux sur l’immigration de novembre, un article permettant la régularisation de sans-papiers salariés, Sarkozy s’est-il tiré une balle dans le pied ?

Depuis cette date, la CGT se prépare en tout cas à élargir la brèche ouverte par cette disposition. Le 15 avril, ce syndicat et l’association Droits Devant ! ont déclenché une grève surprise. Plusieurs centaines de sans-papiers ont simultanément arrêté le travail, bloquant une vingtaine d’entreprises d’Ile-de-France. Objectif affiché : obtenir leur régularisation.

Hier dans la journée, Brice Hortefeux avait confirmé qu’environ 800 dossiers de travailleurs sans papiers ont été déposés dans les cinq préfectures d’Ile-de-France. Cela suffira-t-il à arrêter le mouvement? Ce chiffre ne représente qu’une goutte d’eau, le nombre des étrangers en situation irrégulière étant estimé à plusieurs centaines de milliers. Pour l’heure, la CGT se refuse à parler d’une éventuelle suite à cette grève. Mais ne l’écarte pas non plus.

source:http://www.liberation.fr/actualite/politiques/323138.FR.php?rss=true&xtor=RSS-453

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