23/06/2007

Réforme de la carte judiciaire: la grogne des avocats prend de l'ampleur

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AFP ¦ Le mouvement de grogne des avocats, lancé à Metz, a pris de l'ampleur vendredi avec des manifestations et grèves dans douze villes de France alors que la Conférence des bâtonniers avertissait qu'une refonte de la carte des juridictions risquait d'aboutir à "un désert judiciaire".


Le mouvement de grogne des avocats, lancé à Metz, a pris de l'ampleur vendredi avec des manifestations et grèves dans douze villes de France alors que la Conférence des bâtonniers avertissait qu'une refonte de la carte des juridictions risquait d'aboutir à "un désert judiciaire".

Malgré les assurances données vendredi par la garde des Sceaux Rachida Dati, les avocats ont massivement exprimé leur inquiétude en Lorraine, dans le Centre, en Auvergne, dans le Nord, en Languedoc-Roussillon et en Normandie.

Le président Franck Natali de la Conférence des bâtonniers, qui représente les bâtonniers de province, a dit attendre de la ministre de la Justice "des indications plus précises" sur les intentions du gouvernement. "Un tribunal c'est la présence de l'Etat dans une région, il est inconcevable qu'il y ait un désert judiciaire", a ajouté M. Natali.

A Metz, quelque 450 avocats, personnels judiciaires ont manifesté bruyamment vendredi pour protester contre une refonte de la carte judiciaire qui pourrait supprimer la cour d'appel de Metz et les tribunaux de grande instance de Thionville et Sarreguemines.

Le barreau de Saint-Omer (Pas-de-Calais), petit tribunal de grande instance mais siège de la cour d'assises, a voté vendredi en assemblée générale extraordinaire la grève illimitée de toutes les audiences, y compris pénales.

Le palais de Justice de Lisieux (Calvados) a été bloqué vendredi par des professionnels de justice pour protester contre le projet de réforme de la carte judiciaire.

Les avocats de Moulins (Allier) ont rejoint vendredi les barreaux de Montluçon et Vichy-Cusset, en grève depuis jeudi. Les trois bâtonniers ont été reçus dans la matinée par le président du Conseil général de l'Allier, auquel ils ont remis une motion.

Les avocats du barreau d'Agen ont également voté vendredi une grève générale et illimitée. Ils réclament "le maintien de la cour d'appel d'Agen qui fonctionne bien, alors que Bordeaux et Toulouse sont saturées".

A Marmande (Lot-et-Garonne), où le tribunal de grande instance risque d'être supprimé, le barreau avait voté dès jeudi la grève illimitée.

A Alès (Gard), une cinquantaine d'avocats et personnels de justice ont manifesté vendredi matin devant le tribunal contre l'éventuelle délocalisation à Nîmes du TGI d'Alès et des manifestants ont bloqué l'entrée du TGI toute la matinée. Le bâtonnier a précisé qu'il était convoqué samedi à 11H00 par la Garde des sceaux.

A Bourges et à Châteauroux, où les avocats sont en grève, des manifestations ont également été organisées vendredi.

Dans la capitale lorraine s'étaient rassemblés les avocats, en robe noire, et les personnels judiciaires des juridictions de Metz, Thionville et Sarreguemines.

Ils ont scandé durant le parcours "Tribunaux condamnés, Moselle sacrifiée", dans le vacarme des cornes de brumes et brandi des banderoles avec les slogans: "Non à la délocalisation des justiciables" ou "Nous ne sommes pas des malgré-nous".

"C'est la première fois que je manifeste depuis 1969", a ironisé un participant.

"C'est un désastre pour la profession et une catastrophe pour les justiciables", a observé le bâtonnier de Metz, Patrice Thiébault.

Des élus locaux ont défilé à l'avant du cortège pour "affirmer l'unanimité de tous les Mosellans et leur attachement à la cour d'appel et aux TGI de Thionville et Sarreguemines", a indiqué le député UMP François Grosdidier.

La ministre de la Justice a indiqué vendredi à Bobigny que les premières mesures pour la réforme de la carte judiciaire interviendraient "dès la fin de l'année".

AFP ¦ Le mouvement de grogne des avocats, lancé à Metz, a pris de l'ampleur vendredi avec des manifestations et grèves dans douze villes de France alors que la Conférence des bâtonniers avertissait qu'une refonte de la carte des juridictions risquait d'aboutir à "un désert judiciaire".



© 2007 AFP

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