19/11/2007

Libye : Anne Lauvergeon confirme que Nicolas Sarkozy a menti

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Libye : Anne Lauvergeon confirme que Nicolas Sarkozy a menti

http://ensemble-a-gauche.over-blog.com/article-13879951.html
Par Bruno Lamothe (Ensemble à Gauche)


Anne Lauvergeon était auditionnée, le 15 novembre, par la Commission d’enquête parlementaire sur la libération des soignants retenus en otage par la Libye.
Audtion très interessante de la pédégère d’Areva sur les conditions de la signature d’un pré-accord (Memorandum Of Understanding) fixant un objectif précis à la coopération franco-libyenne consistant en l’installation en Libye d’un réacteur nucléaire.


Rappel du contexte : le 25 juillet, Le président de la République, Nicolas Sarkozy, et le "guide de la révolution libyenne", Muammar Kadhafi, (autrement dit dictateur suprême) signaient un accord au lendemain de la libération des prisonniers otages du régime qui prévoyaient, entre autres juteux contrats d’armement, la livraison d’une centrale nucléaire type "EPR", le plus puissant réacteur au monde. Officiellement, la livraison de cette centrale avait pour seul et unique but"d’alimenter une usine de dessalement d’eau de mer". Or les spécialistes, unanimes, soulignaient qu’aucune usine de dessalement au monde n’était alimentée par la technologie du nucléaire. Les experts d’Areva soulignaient qu’il s’agissait en réalité de "production d’énergie nucléaire", dans un pays producteur important de pétrole et de gaz...
Interrogé sur cette possibilité, le président de la République avait nié fermement (et doublement) "C’est faux, c’est faux"... Tout comme il avait nié qu’il avait donné son accord à la vente d’une centrale nucléaire à la Libye.


Entendue par les commissaires-enquêteurs, Anne Lauvergeon est donc revenue sur ces accords. Et très clairement, très calmement, elle a démonté les mensonges de Nicolas Sarkozy.
1) Au Président qui affirmait qu’il n’était pas question de production d’énergie, elle a indiqué qu’elle ignorait à quoi servirait l’EPR, mais sans doute pas uniquement à l’un ou l’autre, parce que ce type de réacteur serait trop puissant : "personne n’imagine vraiment une centrale nucléaire dédiée entièrement à la dessalinisation". "Nous ne développons aucune industrie de dessalinisation. [...] Dans les types de centrales mixtes, l’usine de dessalement est à l’exterieur de la centrale. Notre intention n’est pas de devenir producteurs d’unités de dessalinisation. La confusion vient du fait que le CEA en temps que centre de recherche a des experts sur la dessalinisation d’eau de mer, mais nous n’avons aucune industrialisation des procédés". Premier mensonge, donc, de Nicolas Sarkozy, et première violation en perspective des accords franco-libyens...


2) Le président de la République avait nié, le 25 juillet, toute implication dans la vente d’un réacteur de type EPR, faisant ainsi porter sur Areva la responsabilité de telles négociations : Faux, répond Anne Lauvergeon. Elle a bien reçu, le 24 janvier 2007, une délégation libyenne venue lui acheter un réacteur nucléaire, mais elle leur a opposé une fin de non-recevoir : "nous leur avons expliqué qu’un réacteur nucléaire, ça ne s’achetait pas sur étagère, ça supposait un travail en amont très significatif, la constitution d’une autorité de sûreté, qui est très importante, un cadre légal et institutionnel à installer, et puis, ensuite, un choix technologique à faire [...] Voila l’état de nos relations avec le régime libyen, avant juillet et après depuis juillet" a-t-elle conclu ironique. Concernant la conclusion de l’accord du 25 juillet, la présidente d’Areva rappelait hier qu’elle n’avait "pas été associée" ni de près ni de loin à cette négociation : "visiblement, ce sont des sujets dont la cinétique ne nous appartient pas".


3) Pour l’Elysée, la vente d’un réacteur de type EPR serait un contrat très important, voire crucial pour Areva. David Martinon, porte-parole du président de la République, était allé jusqu’à dire "Comment reprocher à des entreprises nationales de remporter des marchés avec un partenaire, la Libye, qui respecte ses obligations internationales ?" : "pas du tout" selon Anne Lauvergeon. "Le contexte, c’est celui "d’un marché d’offre qui est en train de devenir un marché de demande. La demande est très très forte. Et nous disons de plus en plus à nos clients fidèles qu’on ne va peut-être pas en avoir pour tout le monde. Donc premier arrivé, premier servi". Alors que les députés UMP tentaient de la faire fléchir, elle insistait, en riant : "tous les marchés sont importants, et bien loin de moi l’idée d’en mépriser aucun, mais sur le plus de la géostratégique, ce n’est pas un énorme sujet sur notre mappemonde" . A l’heure actuelle, a rappelé Anne Lauvergeon, la Libye ne dispose même pas d’une autorité de sûreté du nucléaire, ni de site dédié. "Ca ouvre une porte, concluait-elle. Mais je ne sais pas sur quoi ouvre cette porte"...
"Les travaux de cette commission permettront de confirmer toutes les déclarations faites par les autorités françaises et de mettre en valeur l’exemplarité de leur action" avait déclaré l’Elysée. Visiblement, tout le monde n’a pas la même définition du mot "vérité"...De : Bruno Lamothedimanche 18 novembre 2007



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