05/11/2007

Les Echos vendus, réaction des salariés

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PARIS (AFP) - Le groupe britannique Pearson a annoncé lundi la vente des Echos au géant du luxe LVMH pour 240 millions d'euros, au terme de quatre mois de négociations exclusives et malgré la vive opposition des salariés, qui ont décidé d'empêcher la parution du journal mardi.Pearson vend les Echos à LVMH, les salariés empêchent la parution du journal
AFP
Par Par Bénédicte REY AFP - il y a 58 minutes

Pearson et LVMH ont officialisé la vente en fin de journée dans deux communiqués séparés.

Les deux groupes ont attendu le résultat de l'action en référé intentée par les élus du comité d'entreprise (CE) contre la direction des Echos.

Ils accusaient cette dernière d'avoir abusivement mis un terme à la procédure d'information-consultation sur le projet de vente et demandaient sa reprise.

Mais le juge des référés les a débouté, estimant que la direction avait fourni des "informations importantes en quantité et en qualité" aux représentants des salariés.

Apprenant la vente alors qu'ils étaient réunis en assemblée générale, les salariés, "extrêmement choqués" d'une annonce aussi rapide, ont massivement décidé de ne pas faire paraître le journal mardi.

"Pearson a toujours dit qu'un journal était une communauté de journalistes. Manifestement, il l'a oublié", a déclaré le président de la Société des journalistes, Vincent de Féligonde.

"Ils annoncent la vente le soir, en catimini. On pensait que Pearson respecterait les gens, mais voilà", a-t-il ajouté.

Particulièrement unis, les salariés des Echos sont vent debout depuis quatre mois contre un repreneur dont ils craignent une mainmise éditoriale.

Cette rédaction ordinairement discrète a multiplié pétitions de personnalités, conférences de presse, tribunes, pour expliquer son opposition à la vente, allant jusqu'à faire grève à trois reprises.

Mi-juillet, elle a massivement apporté son soutien à l'offre concurrente déposée par le groupe financier Fimalac, sollicité par la direction de la rédaction.

Supérieure de 5 millions d'euros à celle de LVMH, cette offre n'a jamais été examinée par Pearson, lié au géant du luxe par une clause d'exclusivité.

Le groupe Les Echos (500 salariés) a affiché en 2006 un résultat d'exploitation en progression de 18,4% par rapport à 2005, à 10 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 126,2 millions d'euros et une diffusion de 116.762 exemplaires.

Si elle n'a pas empêché la vente, la mobilisation des salariés des Echos a conduit LVMH à assortir son offre d'importantes garanties sur l'indépendance éditoriale et sur le maintien des effectifs.

Le groupe s'est notamment engagé à octroyer à la rédaction un droit de veto sur la nomination du directeur de la rédaction, et il a promis qu'aucune mesure de licenciement économique n'interviendrait durant les trois prochaines années.

Pearson et LVMH ont précisé lundi que l'opération devrait être finalisée "d'ici à la fin de l'année".

Le groupe de Bernard Arnault doit en effet obtenir le feu vert des autorités de la concurrence.

Pour cela, il doit céder La Tribune, le principal concurrent des Echos et compte confier Les Echos en portage à une filiale du Crédit Agricole dans l'intervalle.

Le nom du repreneur pressenti pour La Tribune, avec qui LVMH veut entrer en négociations exclusives avant mercredi soir, sera dévoilé jeudi au comité d'entreprise du quotidien.

Quatre offres fermes ont été présentées aux représentants des salariés: celle du PDG de NextRadioTV Alain Weill, du patron de la régie publicitaire Hi-Media Cyril Zimmermann, de l'ancien dirigeant du quotidien Philippe Micouleau et enfin de l'ancien PDG de DI Group (pôle médias de LVMH) Fabrice Larue, associé à l'éditeur italien Class Editori et à la société finanicère Viel et Cie.

Inquiet pour l'avenir du titre et de ses salariés, le comité d'entreprise de La Tribune a mis en garde la direction "sur le danger pour l'avenir de l'entreprise que représentent les offres déposées en l'état".



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