
«La politique de civilisation» de la France évoquée par Nicolas Sarkozy lors de ses vœux fait décidemment gloser. Il ne s'agit pourtant que d'«un mot» lancé par le Président, selon Edgar Morin. Auteur du livre «Pour une politique de civilisation», le sociologue a tenu à indiquer ce mercredi que le «contexte (du discours) n'indique pas de direction qui aille dans le sens de mes idées». Nicolas Sarkozy «n'a pas du tout indiqué quels étaient les axes de cette politique de civilisation», a souligné Edgar Morin.
«Quelle politique concrète?»
Le chef de l'Etat avait affirmé lundi soir qu'il avait «la conviction que dans l'époque où nous sommes, nous avons besoin de ce que j'appelle une politique de civilisation», appelant à mettre «au cœur de la politique le souci de l'intégration, de la diversité, de la justice, des droits de l'Homme, de l'environnement».
Pour Edgar Morin, «nous sommes tous d'accord pour les valeurs, pour l'éthique, la solidarité. La question est de savoir quels sont les types de politiques à promouvoir pour restaurer la solidarité, la responsabilité? Tout le monde parle de justice, de liberté. Le problème, c'est quelle politique concrète ?», s'est-il interrogé.
Le sociologue a rappelé que lors de la campagne électorale, dans un article au «Monde» intitulé «Si j'avais été candidat», il avait «développé des idées, des diagnostics, des propositions», comme pour la solidarité: «Créer des maisons de la solidarité ou faire un service civique de solidarité».
Telle la conversion de Saint-Paul
«On va voir ce qui va être developpé par le président», a-t-il poursuivi. «S'il y a une conversion de sa part à mes idées, j'en serai enchanté», a-t-il ajouté, en évoquant les «grandes conversions comme celle de Saint Paul, devenu le disciple du Christ qu'il pourchassait». Je ne peux exclure que Nicolas Sarkozy réoriente sa politique dans ce sens, mais il ne l'a pas montré jusqu'à présent et n'en donne aucun signe», déclare-t-il dans «Le Monde» daté de jeudi.
Avec agence
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