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13/05/2009

La sécurité, l'affaire des voisins ?

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Imaginez que l'un de vos voisins garde un oeil sur les allées et venues dans votre quartier. Qu'il soit un relais des forces de l'ordre. Rassurant, ou inquiétant ? Alors que la police a déjà testé ce type de concept, la gendarmerie veut lancer dans les Weppes, non loin de Lille, un dispositif similaire, les « voisins vigilants », pour lutter con- tre la délinquance

C'est la nouvelle banlieue résidentielle de Lille. Des petits villages, un air de campagne à deux pas de la grande ville. Des endroits où il semble faire bon vivre. Mais les communes sont de plus en plus touchées par la petite délinquance, selon les élus des Weppes : cambriolages, dégradations. Et les mots des maires sont parfois très durs : « Ça empoisonne la vie !, tempête Bernard Davoine, maire de Wavrin.
Dans le cercle périurbain, c'est en augmentation constante. » Philippe Waymel, maire de La Bassée, se montre encore plus alarmiste : « C'est de la délinquance qui n'apparaît pas très forte car il n'y a pas de coups de couteau, mais ce sont des choses anormales et la population a peur. Nos anciens commencent à paniquer ! »

« Un shérif dans le village »

Pour faire face, la gendarmerie voudrait mettre en place des « voisins vigilants ». Une idée du commandant de la compagnie de Lille, Cédric Gervais. Dans certains quartiers, un citoyen serait choisi (après entretien) pour recevoir et transmettre des informations. Et des panneaux expliquant l'opération seraient installés pour décourager les voyous potentiels.

Une sorte de « voisin is watching you » ? « Je veux surtout lutter contre les cambriolages, mais aussi contre les démarchages qui conduisent souvent à des escroqueries. C'est en plein développement, et souvent les gens ont trop honte pour se signaler », explique le commandant Gervais.
Dans les Weppes, qui sont pourtant loin d'être des lieux de non-droit, l'idée fait parfois grincer des dents. Rencontrés lors d'une soirée de printemps, papotant avec leur voisine, Fabienne et Régis, 53 ans, s'étonnent : « On est là depuis vingt ans, on n'a jamais rien vu. On est bien ici.

» Au détour des villages calmes et presque vides, pas de trace de « délinquants ». Une dizaine de jeunes devant un bar à Herlies, qui s'insurgent devant un concept qui leur fait froid dans le dos.

« C'est comme partout, il y a un peu de cambriolages et de voitures crochetées, mais on n'a pas besoin d'un gus pour faire le shérif dans le village ! On s'entraide déjà. Moi, j'ai une petite grand-mère à côté, je surveille sa maison », raconte Alex, 28 ans, lunettes de soleil et blouson de cuir.
Et l'un de ses copains d'ajouter : « S'il y a un problème, ça peut se retourner contre le voisin vigilant. Il y a plein d'effets pervers !
» En écho, Bernard Davoine, maire de Wavrin, interroge : « Il faut être très prudent. Est-ce que la citoyenneté sera toujours le moteur ?

» Ce à quoi le commandant Gervais répond que « la délation, on l'a déjà. Et puis, la dénonciation calomnieuse est punie par la loi. Nous prendrons toutes les précautions. Pour le moment, seule la philosophie du projet est arrêtée, mais il faudra peut-être un citoyen dans un premier temps anonyme pour garantir sa sécurité. » En tout cas, le commandant Gervais insiste pour dire que les « voisins vigilants » seront différents des « citoyens volontaires » (lire ci-contre). « Ce ne sera pas du tout des sortes d'auxiliaires. Ce que je veux, c'est resocialiser ces quartiers périurbains. »

Défi culturel


Du côté des élus, une partie semble prête à jouer le jeu, comme Loïc Wolfcarius, maire de Radinghem : « Sur le principe, ça semble être une bonne idée. On est tous plus ou moins déjà vigilants, mais certains hésitent à intervenir. » Pour l'heure, quelques communes, comme La Bassée, se sont déjà déclarées partantes. Le commandant Gervais voudrait lancer l'expérience avant la fin de l'année. « Je suis conscient du défi que cela représente. Ce n'est pas dans notre culture, mais ce n'est que la formalisation de quelque chose qui existe déjà, pour impliquer chacun dans sa sécurité. »

source: http://www.lavoixdunord.fr/



un article propulsé par TORAPAMAVOA :

http://torapamavoa.blogspot.com Clikez LIRE LA SUITE ci dessous pour lire la suite de l'article...^^

19/10/2008

Meaux : ils rapportent tout au maire

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169 habitants volontaires de Meaux sont chargés de signaler au maire les problèmes de leur quartier. Jean-François Copé (UMP) compte sur eux pour améliorer l’efficacité de ses services. Certains redoutent les dérapages. Premier bilan.






STATIONNEMENT intempestif au pied des immeubles, chaussée en mauvais état, vitesse excessive dans une rue, une aire de jeu qui fait défaut… Voilà la teneur des 400 signalements remontés au cabinet du maire de Meaux en cinq semaines. Et cela grâce aux tout nouveaux référents de proximité -le terme a été préféré à celui de « sentinelle »- mis en place le mois dernier par Jean-François Copé, le député-maire UMP de cette ville de 50 000 habitants.


Ces 169 habitants, tous volontaires, servent de courroie de transmission entre les quartiers et l’hôtel de ville. Le maire les invite à signaler tous les problèmes rencontrés dans la ville, du trou dans un trottoir à la famille en détresse. Ce que peut déjà faire n’importe quel citoyen à titre personnel.

« Une présence publique intelligente, moderne, réactive »

« On a systématisé une présence publique intelligente, moderne, réactive, se félicite Jean-François Copé. J’ai voulu responsabiliser les habitants, dans tous les quartiers, pour couvrir la totalité de la ville. »

Risque de dérapages ou de dénonciations abusives ? « J’évaluerai les résultats au bout de six mois, poursuit l’élu, mais chaque référent se doit d’être pleinement citoyen. »

Les volontaires dépendent de leur comité de quartier et donc d’un élu. Et contrairement au citoyen ordinaire, ils ont le privilège d’avoir un accès direct au cabinet du maire, par téléphone ou par Internet grâce à un code d’accès.

Les deux tiers des référents ont déjà fait des alertes. Sur les 400 reçues en mairie depuis le début de l’expérience, 300 ont eu des réponses positives… ou négatives. Laurent Lobjeois, habitant du quartier populaire de Beauval, a demandé davantage d’aires de jeu pour les enfants et signalé un manque de places de stationnement.

« Je n’ai pas eu de réponse à ce jour, il doit y avoir des cas plus urgents à traiter. » Cet employé municipal de Lagny est fier d’avoir pu obtenir des bacs à fleurs au pied de son immeuble, pour empêcher les voitures de se garer sous ses fenêtres. Horia, femme de ménage de 50 ans, n’a pas bien compris le système.

« Je pensais que c’était aux habitants de me contacter, qu’ils avaient reçu un courrier nous présentant. Je n’ai donc fait aucune alerte. »

D’autres, comme Christophe, sont déçus. « Je me suis rendu compte que c’était la cour de Copé, des personnes qui voulaient le remercier en agissant pour leur ville. Je suis allé à la première réunion du comité de mon quartier, les référents parlaient de leurs propres soucis. C’était affligeant. »

Le Parisien



14/12/2007

Bienvenue à Vichy-sur-Var

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Les dénonciations anonymes de patrons indélicats avaient été vilipendées par Nicolas Sarkozy devant les adhérents du MEDEF buvant du petit lait. Il avait même osé le parallèle avec l'Occupation. Par contre, ça ne l'a pas gêné que la police propose une rémunération aux informateurs en mesure de faire avancer l'enquête sur les "tireurs de flics" de Villiers-le-Bel.

Point de vocabulaire au passage : ce qui différencie dans la langue française la dénonciation de la délation, c'est que cette dernière est inspirée par la haine ou l'appât du gain. Voilà donc que ce pouvoir appelle à la délation, stricto sensu en latin de cuisine. C'est sans doute ça, la droite décomplexée. Et s'il est une région de France où ça fait un moment que sévit cette décomplexion, c'est bien le Var, qui offre régulièrement 30% de ses suffrages au borgne, et qui s'est donc massivement reconverti à un sarkozisme enthousiaste.

C'est donc du Var que nous vient cette nouvelle initiative ignominieuse : ses habitants pourront désormais pianoter sur leur ordinateur l'adresse police.83@interieur.gouv.fr et signaler les crimes et délits dont ils seront les témoins. Et même transmettre des photos et vidéos ! On se frotte les yeux en lisant l'édition du 5 décembre de Var Matin qui nous apprend cette nouvelle. Le journaliste rédigeant l'article adopte un ton des plus neutres, faisant à peine observer, à la fin : "En soi, le principe n'est pas franchement nouveau, à la différence de la technologie mise en oeuvre". En effet, Internet n'existait pas en 40. Mais rien ne choque-t-il donc Jean-Michel Chombard - c'est le nom de notre très zen journaliste du quotidien régional? A peine : "Pour autant, il risque bien d'être considéré comme un appel à la délation, et on peut penser qu'il va pour le moins faire débat." Pour le moins, effectivement, t'as raison Chombard.

Première réaction, celle du Syndicat de la Magistrature (gauche) : "Nicolas Sarkozy prônait récemment la fin des dénonciations anonymes en matière de fraude fiscale, en évoquant les heures sombres de Vichy. L'incitation à la délation par les autorités policières pour la délinquance de rue confirme le risque d'une société à deux vitesses où les droits et libertés du plus grand nombre pourraient être bafoués pendant que ceux de quelques privilégiés seraient renforcés".

Le Procureur de la République de Toulon, Pierre Cazenave, n'est pas d'accord : "C'est un système d'appel qui va avec le monde moderne (...) la démarche est à l'initiative du citoyen", estime-t-il sans... complexe. Et après ça, nos sages penseurs de la gauche "réaliste", les Serge Faubert* et autre Claude Askolovitch par exemple, continueront-ils de pousser des cris d'orfraie lorsqu'on ose évoquer un néo-pétainisme ?
source:http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2007/12/08/7155912.html

Ministère du Civisme www.delation-gouv.fr