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23/09/2011
Vendredi noir pour Sarko et ses amis
.Actualité >
LE PARISIEN
Karachi, une affaire d'État
EN DIRECT. Karachi : des documents compromettants saisis chez Gaubert
T.d.L et A.L | Publié le 23.09.2011, 10h17 | Mise à jour : 19h42
D'après Europe 1, les enquêteurs ont mis la main sur des informations bancaires retrouvées lors de perquisitions au domicile de Thierry Gaubert. Ils y auraient trouvé le relevé d'un transfert de fonds de 10 millions de francs effectué entre un compte en Suisse et un paradis fiscal.
Depuis quelques jours, l'enquête sur l'affaire Karachi éclabousse un peu plus les jardins de l'Elysée. Après la mise en examen de proches collaborateurs d'Edouard Balladur et de Nicolas Sarkozy, c'est aujourd'hui Brice Hortefeux qui est mis en cause par des interceptions téléphoniques, révèle LeMonde.fr
L'ex-ministre de l'Intérieur aurait appelé Thierry Gaubert le 14 septembre dernier, avant sa mise en examen, pour l'informer des dernières révélations faites aux enquêteurs, par Hélène Gaubert, sa femme.
19h20. La police saisit des documents compromettants chez Gaubert. D'après une information Europe 1, les enquêteurs ont mis la main sur des informations bancaires retrouvées lors de perquisitions au domicile de Thierry Gaubert. Ils y auraient trouvé le relevé d'un transfert de fonds de 10 millions de francs effectué entre un compte en Suisse et un paradis fiscal. Cette somme pourrait bien correspondre à l’argent qui aurait été versé illégalement sur les comptes de campagne d’Edouard Balladur en 1995.
18h35. Thierry Gaubert nie être allé chercher de l'argent en Suisse. Lors de sa garde à vue, l'un des deux mis en examen dans l'affaire Karachi, Thierry Gaubert, a juste reconnu s'être rendu en Suisse avec Ziad Takieddine, mais pas pour récupérer des fonds.
Extrait de son procès verbal : «Je suis allé avec M. Takieddine en Suisse mais jamais dans des banques». «Cela m'est arrivé de retirer de l'argent, mais des petites sommes comme 5 000 euros. Je n'ai jamais fait de gros retraits comme vous l'entendez. Je n'ai jamais traversé de frontière avec une grosse somme, entendu supérieures à 10 000 euros», a répondu Gaubert aux enquêteurs. Pourtant, son épouse, Hélène Gaubert, dont il est aujourd'hui séparé, a affirmé au juge Van Ruymbeke que son époux était parti chercher des valises «volumineuses de billets» entre 1994 et 1995.
18h30. Thierry Gaubert s'explique sur le coup de fil d'Hortefeux. Selon BFMTV, Thierry Gaubert réfute le fait que sa garde à vue avait commencé quand Brice Hortefeux l'a appelé, le 20 septembre.
18 heures. Brice Hortefeux dément tout en bloc et veut porter plainte. L'ex ministre de l'Intérieur, qui nie avoir eu des informations de la procédure en cours dans l'enquête sur le volet financier du dossier Karachi, demande maintenant «à être entendu par la justice». Dans un communiqué, Hortefeux rappelle aussi «qu'il est étranger à cette affaire» et qu'il était décidé «à porter plainte contre toute allégation mensongère et diffamatoire».
16h38. «Si Sarko passe pas en 2012, ils sont morts». Quelques mois avant son interpellation et sa mise en examen, Thierry Gaubert avait été placé sous écoute par la justice. D'après le Monde.fr, les enquêteurs ont relevé le 19 juillet, une bien étrange conversation entre la fille de Thierry Gaubert, Nastasia, et un ami, un certain David. C.
La fille de Gaubert est visiblement en grande détresse. Elle fait part de ses craintes à propos de comptes bancaires aux Bahamas et de sa mère, Hélène de Yougoslavie, celle par qui le scandale des mallettes est arrivé.
Apparemment, Thierry Gaubert semblait déjà craindre que son épouse ne parle trop et «ne craque» devant le juge. Nastasia s'explique ainsi à son ami : «Donc voilà. Il a dit à ma mère : si tu craques euh..., toute la famille saute, on saute tous (...) Il lui a dit euh... vraiment, on est dans la merde». Et de poursuivre : «Et euh... personne pour l'aider parce que euh... Copé est trop dans la merde. Hortefeux est trop dans la merde. Et si euh... Sarko ne... ne passe pas au deuxième tour, euh... lui aussi est dans la merde et personne ne l'aide. Il a dit... Mon père, il a dit à ma mère : personne m'aidera. Parce que tout le monde est dans la merde (...). Sarko, il veut même pas l'aider. Enfin là, ça va encore, mais si Sarko il passe pas en 2012 euh..., vraiment, ils sont tous dans la merde».
16h30. Les magistrats veulent une enquête. Le Syndicat de la magistrature demande à son tour à la justice d'enquêter sur le coup de fil de Brice Hortefeux passé à Thierry Gaubert avant sa mise en examen. «Nous demandons solennellement au parquet de Paris (...) de saisir immédiatement un juge d’instruction de ces faits délictueux extrêmement préoccupants quant à l’état de la démocratie française».
16 heures. Pour Martine Aubry, l'heure est grave. Les dernières révélations sur les échanges téléphoniques passés entre Brice Hortefeux à Thierry Gaubert estomaquent la candidate PS à la primaire. «Comment se fait-il que M. Hortefeux savait que la femme de ce monsieur avait parlé ? Où est le secret de l'instruction? Où est l'indépendance de la justice ? Voilà les questions qui se posent aujourd'hui», s'interroge la maire de Lille. Elle estime que le dossier de l'attentat de Karachi est d'ailleurs en passe de devenir «une immense affaire, peut-être une des plus graves de la 5e République». «S'il s'agit vraiment - attendons que la justice le dise - d'une affaire de pots de vin qui n'ont pas été payés, il faut aller jusqu'au bout», plaide-t-elle encore.
15h50. La garde rapprochée de Sarkozy contre-attaque tant bien que mal. Sur France 2, Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat au Commerce déclare souhaiter pour son pays «que tous les hommes et toutes les femmes politiques soient aussi intègres que l'est le président de la République».
15h30. Pour François Hollande, le pouvoir fait clairement pression sur la justice. Le candidat PS à la primaire dénonce les «interférences» du pouvoir sur la justice après les conversations téléphoniques entre Brice Hortefeux et Thierry Gaubert. «Ce que je n'accepte pas, c'est que le pouvoir puisse être tenté de faire pression sur la justice, voire d'avoir des interférences, y compris téléphoniques, avec telle ou telle personnalité qui a pu être gardée à vue», lance le favori de la primaire socialiste en marge d'une rencontre avec des militants.
VIDEO. Karachi : controverse sur le secret de l’instruction
13h11. Pourquoi Thierry Gaubert avait-il son portable en garde à vue ? Lors du second appel que Brice Hortefeux indique avoir passé à Thierry Gaubert, il ne savait pas que son interlocuteur était en garde à vue. «Je lui ai dit Allo c'est Brice, comment ça va ? Il m'a répondu : je suis en garde à vue», déclare l'ancien ministre au Monde. Il est rare qu'un gardé à vue puisse conserver son téléphone portable.
13h06. Brice Hortefeux et les rumeurs du Nouvel Obs : «Impossible» répond l'hebdomadaire. Michel Labro, patron du «Nouvel Observateur», affirme que le nom d'Hélène Gaubert n'apparaît «pas chez nous, à la relecture, avant le 20 septembre, dans le papier de Serge Raffy», publié dans le numéro daté du 22 septembre. Or, l'appel de Brice Hortefeux à Thierry Gaubert date du 14.
13h05. Hortefeux invoque des rumeurs parues dans le Nouvel Observateur. Concernant le premier appel passé à Thierry Gaubert avant son placement en garde à vue, pour le prévenir des attaques de son épouse Hélène Gaubert, Brice Hortefeux dément «totalement », dans une interview au Monde, tenir ses informations de la procédure judiciaire. «J'ai eu des rumeurs d'origine journalistiques indirectes disant que sa femme l'attaquait durement. Des informations totalement publiées par Le Nouvel Observateur. Je l'appelle pour s'avoir s'il le sait et s'il confirme.»
13 heures. Hortefeux a appelé deux fois Gaubert le 14 septembre. Contacté par Le Monde, l'ex-ministre avoue avoir appelé une première fois Thierry Gaubert pour le prévenir que «sa femme l'attaquait durement», puis une seconde fois lundi soir «par hasard», Gaubert ayant entre temps été placé en garde à vue.
12h30. Hortefeux voulait «vérifier les rumeurs». Les Inrocks ont arraché quelques mots au téléphone à l'ex ministre qui affirme avoir appelé Gaubert «informellement». Extraits : «Thierry Gaubert a travaillé avec moi en 1994-1995, c'est resté un ami, j'étais préoccupé pour lui, j'ai entendu des rumeurs donc je l'ai appelé pour lui en faire part, savoir si c'était fondé ou pas. Point barre, c'est tout.»
11 heures. L'avocat des familles porte plainte. Me Olivier Morice indique sur Europe 1 qu'il a demandé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour «violation du secret de l'instruction et entrave à la justice», après les révélations sur les coups de téléphones échangés entre Brice Hortefeux et Thierry Gaubert lors de sa garde à vue. «Les faits sont extrêmement graves et nous voyons bien qu'il y a une panique manifeste à l'Elysée et qu'on veut tout faire pour étouffer ce scandale», a-t-il confié à des journalistes.
10h37. Copé mis en cause par Mediapart. Entre 2003 et 2005, Jean-François Copé, alors membre du gouvernement Raffarin aurait bénéficié de «largesses» de Ziad Takieddine pour un montant estimé à 19 050 euros, selon Mediapart. «Il s'agit pour l'essentiel d'invitations et de déplacements au cap d'Antibes, à Londres, à Venise et à Beyrouth», précise le site d'informations, pour qui «ces dépenses pourraient faire partie du périmètre du «recel» d'abus de biens sociaux reprochés à l'homme d'affaires franco-libanais sur les sommes obtenues sur les marchés d'armement»
Besoin de se rafraîchir la mémoire? Retour en images sur cette affaire qui embarrasse l'Elysée
10h29. Eric Besson défend l'Elysée. «Ce n'est pas le chef de l'Etat qui est visé, ça n'est pas lui qui est mis en examen, il l'a dit très clairement», rappelle le ministre sur Canal +. Le communiqué de l'Elysée «n'était pas surprenant, mais nécessaire, un rappel simple qu'il n'était pas chargé du financement de la campagne d'Edouard Balladur».
10h13. Dupont-Aignan évoque une «affaire d'Etat». Pour le fondateur de Debout la République, le communiqué de l'Elysée «est une affaire d'Etat à lui seul. Dans le contexte du drame de Karachi, où les vies de citoyens français ont été broyées dans un odieux attentat, un tel dérapage est proprement surréaliste de la part d'une présidence de République d'un pays démocratique. L'Elysée aurait-il eu accès, comme dans une République bananière, aux pièces d'une procédure judiciaire en cours ?».
10h09. Le rappel à l'ordre de Debré. Sur Europe 1, le président du Conseil constitutionnel rappelle que la loi interdit de publier les délibérations de cette institution, comme le demandent certains pour la validation des comptes de campagne d'Edouard Balladur en 1995. «Si on veut que je les publie, il faut une nouvelle loi», a tranché Jean-Louis Debré.
10 heures. L'avocat des familles implique Copé. «Nous sommes en présence d'un scandale d'Etat, estime Me Morice sur BFMTV. Nous savons maintenant que l'Elysée suit de très près ce dossier et un certain nombre d'autres interceptions téléphoniques citent le nom, non seulement de Brice Hortefeux, de Mr Copé, mais aussi de la très grande inquiétude qui existe concernant Nicolas Sarkozy».
9h50. André Vallini s'interroge. «L'Elysée a affirmé que le nom de Nicolas Sarkozy n'était pas cité dans le dossier Karachi. Comment la présidence de la République peut-elle être aussi affirmative? Comment a-t-elle pu obtenir des informations sur un dossier en cours d'instruction ? Est-ce le parquet qui a fait remonter des informations ? Le Garde des sceaux doit répondre à ces questions.»
Pour découvrir cet étrange communiqué de l'Elysée, cliquez ici
9h45. Un ex-employé de Balladur raconte. Alexandre Galdin, ex-employé de la cellule trésorerie du candidat Edouard Balladur, en 1995 raconte à RTL qu'il a porté à la banque une vingtaine de valises remplies d'argent liquide, allant jusqu'à 500 000 francs, pensant «qu'il s'agissait-là des fonds secrets de Matignon».
Pour ce témoin entendu par le juge Renaud van Ruymbeke dans le volet financier du dossier Karachi, la mise en examen de deux proches du président de la République, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, «était inéluctable vu l'évolution de l'enquête».
Ecoutez ici le témoignage d'Alexandre Galdin
9h44. Hortefeux se défend. Brice Hortefeux indique avoir eu Thierry Gaubert, qui est un de ses amis, au téléphone pendant sa garde à vue, à l'issue de laquelle il a été mis en examen dans le cadre du volet financier du dossier Karachi. «Je ne savais pas qu'il était en garde à vue. Quand il a décroché, c'est lui qui m'a dit qu'il était en garde à vue. C'est la preuve que je n'ai accès à aucun élément du dossier», a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur.
VIDEO. Hortefeux aurait mis en garde Gaubert avant sa mise en examen
8h55. Vers une déclassification de nombreux documents. La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a émis trois avis favorables et un avis défavorable à la déclassification de documents réclamés par les juges instruisant les dossiers Karachi, dans quatre avis publiés vendredi au Journal officiel. Il revient maintenant au ministère concerné, qui a classifié ces documents «confidentiel défense» ou «secret défense», de suivre ou non la CCSDN, dont les avis ont été suivis dans la quasi-totalité des cas.
8h52. Questions. Selon Le Monde, cette conversation prouve qu'Hortefeux a eu accès aux déclarations sur procès-verbal d'Hélène de Yougoslavie, l'épouse de Thierry Gaubert, alors même qu'elles n'ont pas encore été versées au dossier d'instruction...
8h43. Hortefeux a prévenu Gaubert que sa femme «balançait». Brice Hortefeux a appelé le 14 septembre Thierry Gaubert pour le prévenir que sa femme, Hélène, «balançait beaucoup» devant le juge chargé de l'enquête sur l'affaire Karachi, selon le Monde.fr qui publie une partie de la conversation téléphonique. «Qu'est-ce que tu as comme infos là-dessus, toi, parce qu'elle me dit qu'elle dit rien», répond Thierry Gaubert. «Ça m'embête de te le dire par téléphone. Il y a beaucoup de choses, hein», assure l'ex-ministre de l'Intérieur.
AFP/ Guillot-Demarthon
8h23. Jouanno dénonce «manipulation» et «amalgame». «Le nom de Nicolas Sarkozy» lancé par certains dans ce dossier «en réalité est totalement, indirectement et complètement tiré par les cheveux», lance la candidate aux élections sénatoriales à Paris sur Canal +. «On sait très bien que tout cela, c'est de la manipulation, personne n'est dupe, on est en période électorale, on fait amalgame de tout», s'indigne la ministre des Sports.
Ide
23 heures. L'avocat des familles veut poursuivre Nadine Morano pour diffamation, à l'issue de leur échange sur Canal +.«Mme Morano m'a accusé d'avoir porté des propos diffamatoires à l'encontre de Nicolas Sarkozy. Et bien Madame, nous nous retrouverons devant la 17ème chambre correctionnelle, je vous donne rendez-vous, et nous verrons à ce moment-là».
22h30. «Votre République irréprochable, vous pouvez vous la mettre où je pense». Sur le plateau de Canal +, Nadine Morano et l'avocat des familles de l'attentat de Karachi ont eu un vif échange. Me Olivier Morice a commencé en soulignant que «depuis pratiquement deux ans, nous avons expliqué que Nicolas Sarkozy est pour nous au coeur de la corruption, c'est-à-dire au coeur du système qui a été mis en place pour verser des commissions et surtout pour permettre le retour illicite de commissions». L'avocat met également en cause Brice Hortefeux sans donner de détails. «Diffamation», a répliqué alors Nadine Morano, pour qui les mises en examen sont la preuve même d'une «République irréprochable». «Votre République irréprochable, vous pouvez vous la mettre où je pense», s'est-elle vu répliquer par l'avocat.
22h10. Mélenchon «consterné». «Comme tout le monde je suis consterné, affligé, car j'imagine qu'un juge ne met pas en garde à vue des personnes aussi importantes sans qu'il ait de bonnes raisons», estime le leader du Front de gauche.
21 heures. La gauche tire à boulets rouges.«Je suis très étonnée que l'Elysée ait déjà eu communication des auditions, qui sont couvertes normalement par le secret de l'instruction.[...] Est-ce que c'est pour influencer, intimider le Parquet ?», s'interroge Ségolène Royal. André Vallini (PS), lui, parle d'une République «irrespirable», tandis que le PCF dénonce des «combinaziones », face auxquelles le NPA demande «un grand coup de balai».
20 heures. Copé dénonce un PS «prêt à tout». Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, dénonce «avec force un PS prêt à tout pour salir» le président Nicolas Sarkozy, avec des «insinuations incessantes, systématiques et calomnieuses».
LeParisien.fr
un article propulsé par TORAPAMAVOA :
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LE PARISIEN
Karachi, une affaire d'État
EN DIRECT. Karachi : des documents compromettants saisis chez Gaubert
T.d.L et A.L | Publié le 23.09.2011, 10h17 | Mise à jour : 19h42
D'après Europe 1, les enquêteurs ont mis la main sur des informations bancaires retrouvées lors de perquisitions au domicile de Thierry Gaubert. Ils y auraient trouvé le relevé d'un transfert de fonds de 10 millions de francs effectué entre un compte en Suisse et un paradis fiscal.
Depuis quelques jours, l'enquête sur l'affaire Karachi éclabousse un peu plus les jardins de l'Elysée. Après la mise en examen de proches collaborateurs d'Edouard Balladur et de Nicolas Sarkozy, c'est aujourd'hui Brice Hortefeux qui est mis en cause par des interceptions téléphoniques, révèle LeMonde.fr
L'ex-ministre de l'Intérieur aurait appelé Thierry Gaubert le 14 septembre dernier, avant sa mise en examen, pour l'informer des dernières révélations faites aux enquêteurs, par Hélène Gaubert, sa femme.
19h20. La police saisit des documents compromettants chez Gaubert. D'après une information Europe 1, les enquêteurs ont mis la main sur des informations bancaires retrouvées lors de perquisitions au domicile de Thierry Gaubert. Ils y auraient trouvé le relevé d'un transfert de fonds de 10 millions de francs effectué entre un compte en Suisse et un paradis fiscal. Cette somme pourrait bien correspondre à l’argent qui aurait été versé illégalement sur les comptes de campagne d’Edouard Balladur en 1995.
18h35. Thierry Gaubert nie être allé chercher de l'argent en Suisse. Lors de sa garde à vue, l'un des deux mis en examen dans l'affaire Karachi, Thierry Gaubert, a juste reconnu s'être rendu en Suisse avec Ziad Takieddine, mais pas pour récupérer des fonds.
Extrait de son procès verbal : «Je suis allé avec M. Takieddine en Suisse mais jamais dans des banques». «Cela m'est arrivé de retirer de l'argent, mais des petites sommes comme 5 000 euros. Je n'ai jamais fait de gros retraits comme vous l'entendez. Je n'ai jamais traversé de frontière avec une grosse somme, entendu supérieures à 10 000 euros», a répondu Gaubert aux enquêteurs. Pourtant, son épouse, Hélène Gaubert, dont il est aujourd'hui séparé, a affirmé au juge Van Ruymbeke que son époux était parti chercher des valises «volumineuses de billets» entre 1994 et 1995.
18h30. Thierry Gaubert s'explique sur le coup de fil d'Hortefeux. Selon BFMTV, Thierry Gaubert réfute le fait que sa garde à vue avait commencé quand Brice Hortefeux l'a appelé, le 20 septembre.
18 heures. Brice Hortefeux dément tout en bloc et veut porter plainte. L'ex ministre de l'Intérieur, qui nie avoir eu des informations de la procédure en cours dans l'enquête sur le volet financier du dossier Karachi, demande maintenant «à être entendu par la justice». Dans un communiqué, Hortefeux rappelle aussi «qu'il est étranger à cette affaire» et qu'il était décidé «à porter plainte contre toute allégation mensongère et diffamatoire».
16h38. «Si Sarko passe pas en 2012, ils sont morts». Quelques mois avant son interpellation et sa mise en examen, Thierry Gaubert avait été placé sous écoute par la justice. D'après le Monde.fr, les enquêteurs ont relevé le 19 juillet, une bien étrange conversation entre la fille de Thierry Gaubert, Nastasia, et un ami, un certain David. C.
La fille de Gaubert est visiblement en grande détresse. Elle fait part de ses craintes à propos de comptes bancaires aux Bahamas et de sa mère, Hélène de Yougoslavie, celle par qui le scandale des mallettes est arrivé.
Apparemment, Thierry Gaubert semblait déjà craindre que son épouse ne parle trop et «ne craque» devant le juge. Nastasia s'explique ainsi à son ami : «Donc voilà. Il a dit à ma mère : si tu craques euh..., toute la famille saute, on saute tous (...) Il lui a dit euh... vraiment, on est dans la merde». Et de poursuivre : «Et euh... personne pour l'aider parce que euh... Copé est trop dans la merde. Hortefeux est trop dans la merde. Et si euh... Sarko ne... ne passe pas au deuxième tour, euh... lui aussi est dans la merde et personne ne l'aide. Il a dit... Mon père, il a dit à ma mère : personne m'aidera. Parce que tout le monde est dans la merde (...). Sarko, il veut même pas l'aider. Enfin là, ça va encore, mais si Sarko il passe pas en 2012 euh..., vraiment, ils sont tous dans la merde».
16h30. Les magistrats veulent une enquête. Le Syndicat de la magistrature demande à son tour à la justice d'enquêter sur le coup de fil de Brice Hortefeux passé à Thierry Gaubert avant sa mise en examen. «Nous demandons solennellement au parquet de Paris (...) de saisir immédiatement un juge d’instruction de ces faits délictueux extrêmement préoccupants quant à l’état de la démocratie française».
16 heures. Pour Martine Aubry, l'heure est grave. Les dernières révélations sur les échanges téléphoniques passés entre Brice Hortefeux à Thierry Gaubert estomaquent la candidate PS à la primaire. «Comment se fait-il que M. Hortefeux savait que la femme de ce monsieur avait parlé ? Où est le secret de l'instruction? Où est l'indépendance de la justice ? Voilà les questions qui se posent aujourd'hui», s'interroge la maire de Lille. Elle estime que le dossier de l'attentat de Karachi est d'ailleurs en passe de devenir «une immense affaire, peut-être une des plus graves de la 5e République». «S'il s'agit vraiment - attendons que la justice le dise - d'une affaire de pots de vin qui n'ont pas été payés, il faut aller jusqu'au bout», plaide-t-elle encore.
15h50. La garde rapprochée de Sarkozy contre-attaque tant bien que mal. Sur France 2, Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat au Commerce déclare souhaiter pour son pays «que tous les hommes et toutes les femmes politiques soient aussi intègres que l'est le président de la République».
15h30. Pour François Hollande, le pouvoir fait clairement pression sur la justice. Le candidat PS à la primaire dénonce les «interférences» du pouvoir sur la justice après les conversations téléphoniques entre Brice Hortefeux et Thierry Gaubert. «Ce que je n'accepte pas, c'est que le pouvoir puisse être tenté de faire pression sur la justice, voire d'avoir des interférences, y compris téléphoniques, avec telle ou telle personnalité qui a pu être gardée à vue», lance le favori de la primaire socialiste en marge d'une rencontre avec des militants.
VIDEO. Karachi : controverse sur le secret de l’instruction
13h11. Pourquoi Thierry Gaubert avait-il son portable en garde à vue ? Lors du second appel que Brice Hortefeux indique avoir passé à Thierry Gaubert, il ne savait pas que son interlocuteur était en garde à vue. «Je lui ai dit Allo c'est Brice, comment ça va ? Il m'a répondu : je suis en garde à vue», déclare l'ancien ministre au Monde. Il est rare qu'un gardé à vue puisse conserver son téléphone portable.
13h06. Brice Hortefeux et les rumeurs du Nouvel Obs : «Impossible» répond l'hebdomadaire. Michel Labro, patron du «Nouvel Observateur», affirme que le nom d'Hélène Gaubert n'apparaît «pas chez nous, à la relecture, avant le 20 septembre, dans le papier de Serge Raffy», publié dans le numéro daté du 22 septembre. Or, l'appel de Brice Hortefeux à Thierry Gaubert date du 14.
13h05. Hortefeux invoque des rumeurs parues dans le Nouvel Observateur. Concernant le premier appel passé à Thierry Gaubert avant son placement en garde à vue, pour le prévenir des attaques de son épouse Hélène Gaubert, Brice Hortefeux dément «totalement », dans une interview au Monde, tenir ses informations de la procédure judiciaire. «J'ai eu des rumeurs d'origine journalistiques indirectes disant que sa femme l'attaquait durement. Des informations totalement publiées par Le Nouvel Observateur. Je l'appelle pour s'avoir s'il le sait et s'il confirme.»
13 heures. Hortefeux a appelé deux fois Gaubert le 14 septembre. Contacté par Le Monde, l'ex-ministre avoue avoir appelé une première fois Thierry Gaubert pour le prévenir que «sa femme l'attaquait durement», puis une seconde fois lundi soir «par hasard», Gaubert ayant entre temps été placé en garde à vue.
12h30. Hortefeux voulait «vérifier les rumeurs». Les Inrocks ont arraché quelques mots au téléphone à l'ex ministre qui affirme avoir appelé Gaubert «informellement». Extraits : «Thierry Gaubert a travaillé avec moi en 1994-1995, c'est resté un ami, j'étais préoccupé pour lui, j'ai entendu des rumeurs donc je l'ai appelé pour lui en faire part, savoir si c'était fondé ou pas. Point barre, c'est tout.»
11 heures. L'avocat des familles porte plainte. Me Olivier Morice indique sur Europe 1 qu'il a demandé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour «violation du secret de l'instruction et entrave à la justice», après les révélations sur les coups de téléphones échangés entre Brice Hortefeux et Thierry Gaubert lors de sa garde à vue. «Les faits sont extrêmement graves et nous voyons bien qu'il y a une panique manifeste à l'Elysée et qu'on veut tout faire pour étouffer ce scandale», a-t-il confié à des journalistes.
10h37. Copé mis en cause par Mediapart. Entre 2003 et 2005, Jean-François Copé, alors membre du gouvernement Raffarin aurait bénéficié de «largesses» de Ziad Takieddine pour un montant estimé à 19 050 euros, selon Mediapart. «Il s'agit pour l'essentiel d'invitations et de déplacements au cap d'Antibes, à Londres, à Venise et à Beyrouth», précise le site d'informations, pour qui «ces dépenses pourraient faire partie du périmètre du «recel» d'abus de biens sociaux reprochés à l'homme d'affaires franco-libanais sur les sommes obtenues sur les marchés d'armement»
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10h29. Eric Besson défend l'Elysée. «Ce n'est pas le chef de l'Etat qui est visé, ça n'est pas lui qui est mis en examen, il l'a dit très clairement», rappelle le ministre sur Canal +. Le communiqué de l'Elysée «n'était pas surprenant, mais nécessaire, un rappel simple qu'il n'était pas chargé du financement de la campagne d'Edouard Balladur».
10h13. Dupont-Aignan évoque une «affaire d'Etat». Pour le fondateur de Debout la République, le communiqué de l'Elysée «est une affaire d'Etat à lui seul. Dans le contexte du drame de Karachi, où les vies de citoyens français ont été broyées dans un odieux attentat, un tel dérapage est proprement surréaliste de la part d'une présidence de République d'un pays démocratique. L'Elysée aurait-il eu accès, comme dans une République bananière, aux pièces d'une procédure judiciaire en cours ?».
10h09. Le rappel à l'ordre de Debré. Sur Europe 1, le président du Conseil constitutionnel rappelle que la loi interdit de publier les délibérations de cette institution, comme le demandent certains pour la validation des comptes de campagne d'Edouard Balladur en 1995. «Si on veut que je les publie, il faut une nouvelle loi», a tranché Jean-Louis Debré.
10 heures. L'avocat des familles implique Copé. «Nous sommes en présence d'un scandale d'Etat, estime Me Morice sur BFMTV. Nous savons maintenant que l'Elysée suit de très près ce dossier et un certain nombre d'autres interceptions téléphoniques citent le nom, non seulement de Brice Hortefeux, de Mr Copé, mais aussi de la très grande inquiétude qui existe concernant Nicolas Sarkozy».
9h50. André Vallini s'interroge. «L'Elysée a affirmé que le nom de Nicolas Sarkozy n'était pas cité dans le dossier Karachi. Comment la présidence de la République peut-elle être aussi affirmative? Comment a-t-elle pu obtenir des informations sur un dossier en cours d'instruction ? Est-ce le parquet qui a fait remonter des informations ? Le Garde des sceaux doit répondre à ces questions.»
Pour découvrir cet étrange communiqué de l'Elysée, cliquez ici
9h45. Un ex-employé de Balladur raconte. Alexandre Galdin, ex-employé de la cellule trésorerie du candidat Edouard Balladur, en 1995 raconte à RTL qu'il a porté à la banque une vingtaine de valises remplies d'argent liquide, allant jusqu'à 500 000 francs, pensant «qu'il s'agissait-là des fonds secrets de Matignon».
Pour ce témoin entendu par le juge Renaud van Ruymbeke dans le volet financier du dossier Karachi, la mise en examen de deux proches du président de la République, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, «était inéluctable vu l'évolution de l'enquête».
Ecoutez ici le témoignage d'Alexandre Galdin
9h44. Hortefeux se défend. Brice Hortefeux indique avoir eu Thierry Gaubert, qui est un de ses amis, au téléphone pendant sa garde à vue, à l'issue de laquelle il a été mis en examen dans le cadre du volet financier du dossier Karachi. «Je ne savais pas qu'il était en garde à vue. Quand il a décroché, c'est lui qui m'a dit qu'il était en garde à vue. C'est la preuve que je n'ai accès à aucun élément du dossier», a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur.
VIDEO. Hortefeux aurait mis en garde Gaubert avant sa mise en examen
8h55. Vers une déclassification de nombreux documents. La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a émis trois avis favorables et un avis défavorable à la déclassification de documents réclamés par les juges instruisant les dossiers Karachi, dans quatre avis publiés vendredi au Journal officiel. Il revient maintenant au ministère concerné, qui a classifié ces documents «confidentiel défense» ou «secret défense», de suivre ou non la CCSDN, dont les avis ont été suivis dans la quasi-totalité des cas.
8h52. Questions. Selon Le Monde, cette conversation prouve qu'Hortefeux a eu accès aux déclarations sur procès-verbal d'Hélène de Yougoslavie, l'épouse de Thierry Gaubert, alors même qu'elles n'ont pas encore été versées au dossier d'instruction...
8h43. Hortefeux a prévenu Gaubert que sa femme «balançait». Brice Hortefeux a appelé le 14 septembre Thierry Gaubert pour le prévenir que sa femme, Hélène, «balançait beaucoup» devant le juge chargé de l'enquête sur l'affaire Karachi, selon le Monde.fr qui publie une partie de la conversation téléphonique. «Qu'est-ce que tu as comme infos là-dessus, toi, parce qu'elle me dit qu'elle dit rien», répond Thierry Gaubert. «Ça m'embête de te le dire par téléphone. Il y a beaucoup de choses, hein», assure l'ex-ministre de l'Intérieur.
AFP/ Guillot-Demarthon
8h23. Jouanno dénonce «manipulation» et «amalgame». «Le nom de Nicolas Sarkozy» lancé par certains dans ce dossier «en réalité est totalement, indirectement et complètement tiré par les cheveux», lance la candidate aux élections sénatoriales à Paris sur Canal +. «On sait très bien que tout cela, c'est de la manipulation, personne n'est dupe, on est en période électorale, on fait amalgame de tout», s'indigne la ministre des Sports.
Ide
23 heures. L'avocat des familles veut poursuivre Nadine Morano pour diffamation, à l'issue de leur échange sur Canal +.«Mme Morano m'a accusé d'avoir porté des propos diffamatoires à l'encontre de Nicolas Sarkozy. Et bien Madame, nous nous retrouverons devant la 17ème chambre correctionnelle, je vous donne rendez-vous, et nous verrons à ce moment-là».
22h30. «Votre République irréprochable, vous pouvez vous la mettre où je pense». Sur le plateau de Canal +, Nadine Morano et l'avocat des familles de l'attentat de Karachi ont eu un vif échange. Me Olivier Morice a commencé en soulignant que «depuis pratiquement deux ans, nous avons expliqué que Nicolas Sarkozy est pour nous au coeur de la corruption, c'est-à-dire au coeur du système qui a été mis en place pour verser des commissions et surtout pour permettre le retour illicite de commissions». L'avocat met également en cause Brice Hortefeux sans donner de détails. «Diffamation», a répliqué alors Nadine Morano, pour qui les mises en examen sont la preuve même d'une «République irréprochable». «Votre République irréprochable, vous pouvez vous la mettre où je pense», s'est-elle vu répliquer par l'avocat.
22h10. Mélenchon «consterné». «Comme tout le monde je suis consterné, affligé, car j'imagine qu'un juge ne met pas en garde à vue des personnes aussi importantes sans qu'il ait de bonnes raisons», estime le leader du Front de gauche.
21 heures. La gauche tire à boulets rouges.«Je suis très étonnée que l'Elysée ait déjà eu communication des auditions, qui sont couvertes normalement par le secret de l'instruction.[...] Est-ce que c'est pour influencer, intimider le Parquet ?», s'interroge Ségolène Royal. André Vallini (PS), lui, parle d'une République «irrespirable», tandis que le PCF dénonce des «combinaziones », face auxquelles le NPA demande «un grand coup de balai».
20 heures. Copé dénonce un PS «prêt à tout». Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, dénonce «avec force un PS prêt à tout pour salir» le président Nicolas Sarkozy, avec des «insinuations incessantes, systématiques et calomnieuses».
LeParisien.fr
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20/06/2009
L'attentat de Karachi, un dossier conséquent dans LIBERATION ( 4 articles)
LIBERATION
La vengeance clandestine de la DGSE
La France aurait tué un de ses maîtres chanteurs et en aurait blessé trois autres à titre de représailles.
G.D.
Au printemps 2002, au moment où les relations avec des militaires pakistanais s’envenimaient sur fonds de commission non perçues, l’Etat français aurait appliqué la loi du talion par l’entremise du Service Action de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), une unité militaire spécialisée dans les opérations clandestines.
«Rétorsion». Au regard d’éléments figurant dans le dossier d’instruction, une équipe du Service Action aurait été dépêchée au Pakistan au moment de l’attentat de Karachi pour «appliquer des mesures de rétorsion», au motif qu’«on ne fait pas chanter la France». Les juges responsables de l’enquête, Marc Trévidic et Yves Jannier, ont confirmé l’existence de cette hypothèse lors de leur rencontre de jeudi à Cherbourg avec les familles des victimes. Selon des confidences recueillies par Libération, cette expédition punitive aurait consisté à casser les jambes de trois amiraux pakistanais et à liquider un militaire d’un rang inférieur.
L’épisode, méconnu jusqu’à une période récente, a provoqué des discussions entre familles de victimes et magistrats, jeudi à Cherbourg. Un témoin de cet échange a indiqué que les juges semblaient s’interroger encore sur la date de l’opération.
Bombe. Celle-ci aurait pu avoir lieu entre les mois de mars et d’avril, après que l’ambassade de France à Islamabad a reçu un avertissement sous la forme d’une bombe désamorcée, pour stopper ledit chantage - mais en vain. Ou bien après l’attentat du 8 mai 2002, pour punir les responsables.Outre que la vengeance ne saurait se substituer à la justice, l’affaire montre aux magistrats qu’au sein de l’appareil sécuritaire français des décideurs connaissaient les maîtres chanteurs.
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LIBERATION
Société 20/06/2009 à 06h51
Sarkozy dément
En marge du sommet européen à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a démenti vendredi tout lien entre l’attentat de Karachi et la vente de sous-marins : «C’est ridicule […], c’est grotesque […], qui peut croire une fable pareille ?» En l’occurrence, deux députés socialistes, Bernard Cazeneuve et Jean-Pierre Godefroy, réclamant l’ouverture d’une mission d’information parlementaire pour que «toute la vérité soit faite».
http://www.liberation.fr/societe/0101575133-karachi-derriere-l-attentat-l-ombre-d-une-affaire-d-etat
LIBERATION
Société 20/06/2009 à 06h51
Karachi : derrière l’attentat, l’ombre d’une affaire d’Etat
GUILLAUME DASQUIÉ et RENAUD LECADRE
Le 8 mai 2002 à Karachi, onze salariés des arsenaux de la marine française (et trois Pakistanais) sont tués dans l’explosion d’un bus les transportant vers leur lieu de travail, alors qu’ils coopéraient à la construction de sous-marins au Pakistan. Le dispositif - une Toyota piégée avec un explosif sophistiqué - allait convaincre les enquêteurs de la DNAT (Division nationale antiterroriste) que la France et la DCN étaient directement visées, comme «Libération» le révélait le 27 novembre dernier.
Un montage financier est-il à l’origine de l’attentat ?
L’attentat contre un bus de la DCN (Direction des constructions navales) à Karachi a-t-il été la conséquence de pots-de-vin que la France n’a pas versés à des officiers supérieurs pakistanais dans le cadre d’un contrat d’armement portant sur la vente de sous-marins au Pakistan ? «C’est une piste cruellement logique», affirment les magistrats en charge de l’instruction, Marc Trévidic et Yves Jannier. Des mots prononcés devant les familles de victimes, jeudi après-midi dans les locaux du tribunal de Cherbourg, lors d’une audition destinée à informer les parties civiles. Cette instruction, débutée par Jean-Louis Bruguière dès le 8 mai 2002, rassemble aujourd’hui près de 1 200 documents cotés. Des dizaines de pièces concernent l’accord industriel lui-même, aux termes duquel ces Français travaillaient à Karachi. En particulier une copie du contrat, document de 162 pages signé le 21 septembre 1994 entre la DCN, la Sofrantem (son partenaire dédié) et l’Etat pakistanais. L’ingénierie financière de cet accord incombant à une structure spécialisée, la Financière de Brienne. Ce contrat, négocié et conclu en pleine campagne présidentielle, a provoqué d’intenses tractations financières. Notamment dans les salons de réunion de l’hôtel Prince de Galles, où des familiers des marchés de l’armement, tels le Libanais Ziad Takieddine et le Saoudien Ali ben Moussalam, rencontraient le vice-président de DCN-International, Emmanuel Aris, et parfois Renaud Donnedieu de Vabres, alors conseiller du ministre de la Défense, François Léotard. En marge de ces palabres, des arrangements ont été convenus pour rémunérer certains intermédiaires. Ainsi, le 30 juin 1994, Emmanuel Aris signait un contrat avec une société panaméenne, Mercor Finance, représentant Ziad Takieddine, lui assurant 4 % du contrat. La neuvième clause du contrat interdit à Takieddine de reverser une partie de ces fonds à des résidents français ou à des sociétés françaises ; mais ne dit rien de la partie pakistanaise (à cette période, le versement de commissions à l’étranger pour «faciliter» les contrats n’était pas illégal). Au regard des pièces ainsi rassemblées, l’hypothèse d’un lien avec le paiement de ces commissions est l’une de celle retenue par l’instruction. Car ces versements ont été soumis à des bouleversements politiques.
Que se passe-t-il après l’élection de Jacques Chirac ?
Sitôt élu à l’Elysée en 1995, Jacques Chirac entreprend la renégociation de tous les contrats d’armement susceptibles d’avoir financé la campagne d’Edouard Balladur, dont les sous-marins destinés au Pakistan. C’est mentionné noir sur blanc dans un document saisi lors d’une perquisition au siège de la DCN : «Les commissions ont été versées jusqu’en 1996, puis les paiements bloqués sur instruction des autorités françaises, faisant état de retours illicites de tout ou partie des commissions en France.» A la tête de la Sofresa, organisme public supervisant les ventes d’armes, le chiraquien Pierre Mazens remplace le giscardo-balladurien Jacques Douffiagues. On renégocie à la hache les contrats signés au Pakistan et en Arabie Saoudite. Mais pas ceux signés à Taïwan : la vente des frégates aura mystérieusement survécu aux régimes mitterrandien, balladurien et chiraquien.
Quels liens avec l’Arabie Saoudite ?
Au Pakistan, un honorable consultant est censé toucher sa dîme. Son contrat de commissionnement, signé en juillet 1994, n’est plus honoré depuis juillet 1996. Reste un reliquat de 15 % que l’intéressé ne pas réclame pas, histoire de se faire oublier… Qu’importe, la DCN provisionne la somme, lui gardant l’argent au chaud. En septembre 2000, après la ratification (avec trois ans de retard en France) de la convention anticorruption de l’OCDE, la DCN se décide à garder l’argent : «La provision devrait être retirée du fait de sa violation de la loi pénale.» En revanche, des «consultants» saoudiens se révèlent bien plus accrochés à leur dû, convention OCDE ou pas. Si le versement de 150 millions de francs au prince Fadh ou de 240 millions au prince Abdallah ne pose pas de problème, d’autres intermédiaires engagent des procédures pour toucher leurs commissions. Y aurait-il un rapport entre Riyad et Karachi ? Ziad Takieddine est censé toucher sur les deux contrats, tout comme Abdul Rahman el-Assir : beau-frère d’Adnan Khashoggi, intermédiaire privilégié entre Paris et Riyad, c’est un proche du président pakistanais Zardari.
Y a-t-il eu des signes avant-coureurs du chantage ?
A partir de la fin 2001, le non-versement de commissions à certains officiers supérieurs pakistanais a-t-il été à l’origine de menaces, voire d’un chantage ? L’Elysée fait savoir que rien ne valide le lien entre l’attentat et un quelconque financement occulte. Des épisodes, consignés dans le dossier d’instruction, permettent toutefois de l’envisager. Par exemple, le 26 janvier 2002, Mustafa Haroon, responsable de la sécurité du personnel de la DCN à Karachi, est agressé par huit individus qui lui dérobent une mallette avec quantité de documents se rapportant aux déplacements des Français. Le 28 janvier 2002, la compagne du chargé d’affaires français en Afghanistan, Jean-Marie Schuh, rejoint l’enceinte diplomatique d’Islamabad au volant de la voiture affectée au couple, une Toyota Land Cruiser. Lors de l’inspection de rigueur du véhicule, on découvre, près du réservoir, une bombe reliée à un retardateur. Selon un document de la DNAT, les faibles quantités d’explosif utilisées «plaident pour un usage mesuré de l’effet recherché plus proche d’une mise en garde que de l’intention de tuer». Sur un autre procès-verbal, le 15 avril 2002, un sous-traitant pakistanais de la DCN, en relation avec des membres des services secrets pakistanais, évoque les risques qui pèsent sur les équipes venues de Cherbourg. Trois semaines plus tard, le 8 mai 2002, jour de commémoration en France, leur bus est pulvérisé.
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LIBERATION
Politiques 20/06/2009 à 06h51
Casting prestigieux pour ventes d’armes opaques
Même si leurs responsabilités sont diluées, les leaders de l’actuelle majorité apparaissent en nombre dans l’affaire DCN.
RENAUD LECADRE
Les principaux ténors de l’actuelle majorité présidentielle se sont impliqués, depuis quinze ans et chacun à leur manière, dans les affaires de ventes d’armes de la Direction des constructions navales (DCN) à destination du Pakistan et de l’Arabie Saoudite. Des microrôles, dont l’accumulation dessine rétrospectivement un étonnant casting.
Nicolas Sarkozy. En 1994, ministre délégué au Budget, il donne son feu vert à la DCN en vue de créer une structure luxembourgeoise, Heine, par laquelle transiteront des commissions à l’exportation. A l’époque, ces flux offshore étaient déductibles de l’impôt sur le bénéfice des sociétés, après accord de Bercy. Le feu vert de Sarkozy est strictement logistique : il ne vaut pas autorisation à des rétrocommissions versées à des décideurs français, il signifie encore moins que lui-même en serait éventuellement bénéficiaire. Simplement, Sarkozy autorise alors des virements à l’étranger - discrets, à défaut d’être occultes - dont tout le monde sait qu’ils font l’objet de rétrovirements. Son feu vert est doublé de celui de Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet d’Edouard Balladur à Matignon, toujours intime de l’actuel président de la République. Mais aussi de François Léotard, alors ministre de la Défense, désormais pourfendeur de la Sarkozie.
François Pérol. Aujourd’hui nommé à la tête du groupe Caisse d’épargne-Banque populaire, ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée en charge des affaires économiques, déjà membre du cabinet de Nicolas Sarkozy lors de son second passage à Bercy (en 2004), on sait moins qu’il fût aussi administrateur de la DCN. C’était à la fin des années 90, quand Pérol était membre de la direction du Trésor - et quand valsaient les commissions baladeuses. En tant que haut fonctionnaire, donc, et ne faisant pas encore partie de la galaxie Sarkozy.
Brice Hortefeux. Bien des années plus tard, en 2005, il intervient auprès des services fiscaux. Depuis l’adoption de la directive anticorruption de l’OCDE, en 2000, les commissions offshore sont proscrites. Mais la DCN entend continuer à les déduire de son bénéfice imposable, sous couvert de «frais commerciaux». Bercy accepte dans un premier temps, avec un plafond de 15 %. Trop peu pour la DCN, manifestement plus généreuse en matière de grands contrats. Elle charge Hortefeux, alors ministre délégué de Sarkozy au ministère de l’Intérieur, de jouer les petits télégraphistes auprès de Bercy en transmettant ce courrier : «S’il est bien vrai que des fonds ont transité vers des sociétés au Luxembourg et en Belgique, ceux-ci ont servi, pour l’essentiel, à s’assurer de la rétribution des sources et du paiement de documents confidentiels.» Hortefeux s’exécute et transmet à son collègue des Finances.
Jean-François Copé. Alors ministre du Budget, il fait répondre à la DCN : «J’ai fait procéder à un examen particulièrement attentif de cette affaire. Les commissions versées ont été considérées comme engagées dans l’intérêt de l’entreprise à hauteur de 15 % du chiffre d’affaires réalisé. Aucun événement nouveau n’étant présenté, le taux de commission admis, particulièrement bienveillant compte tenu des pratiques courantes en la matière, ne me paraît pas pouvoir être remis en cause.» Ultime sursaut chiraquien, Copé transmet le dossier au parquet : le fisc est à l’origine du déballage pénal de l’affaire DCN.
Jean-Louis Borloo. Dieu sait pourquoi son nom est mentionné dans le dossier. A propos d’une mission confiée à un cabinet de détectives privés, baptisée «Bonaparte», liée à la vente de frégates à Taïwan - record mondial de commissions : 20,85 % du contrat. Un mémo interne de la DCN fait état de l’intervention d’un «homme politique local». Interrogé en cours d’instruction, un dirigeant de la DCN ne se fait pas prier : «Il s’agit de Jean-Louis Borloo», avocats d’affaires, depuis devenu ministre. Sans plus de précisions.
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28/09/2011
Une pétition pour la levée du secret défense du scandale meurtrier Karachi

.http://www.avaaz.org/fr/france_levee_du_secret_defense/?copy
Sarkozy: il est temps de révéler les secrets de Karachi
Signez la pétition
72.200 signatures le 29/09 à 20h40
A l'attention du Président Nicolas Sarkozy:
Nous vous demandons de déclassifier immédiatement tous les documents portant sur l’affaire Karachi, suite aux avis favorables de la Commission Consultative du Secret de la Défense Nationale. Il est temps de dévoiler la vérité sur cette affaire choquante, et de prendre des mesures pour réformer la législation du secret défense et assainir notre démocratie.
Indiquez votre adresse e-mail:
Pour vous désinscrire ou modifier vos données à tout instant, écrivez à unsubscribe@avaaz.org, ou utilisez le lien disponible dans chaque email. Avaaz protégera vos informations personnelles et ne partage jamais les données avec des tiers.
30,289 ont signé. Allons jusqu'à 100,000
Publié le 27 Septembre 2011
Le constat est choquant! Le Président Sarkozy bloque en ce moment l'enquête judiciaire sur l'affaire Karachi - le plus grand scandale de corruption en France depuis 50 ans. Seul un immense tollé général aujourd'hui pourrait l'obliger à dévoiler la vérité.
La commission chargée du secret défense vient de recommander la déclassification de documents relatifs à l'affaire, mais le Président fait la sourde oreille, dans l'espoir de voir ce feuilleton nauséabond s'éteindre. Or, à l'approche des élections présidentielles, Sarkozy ne peut se permettre d'ignorer les citoyens - si nous sommes suffisamment nombreux à réclamer une totale transparence dès maintenant, nous pourrions l'obliger à révéler les secrets de Karachi et mettre en lumière la corruption.
Il est temps de dévoiler les faits! Faisons résonner aujourd'hui un gigantesque appel national et appelons Sarkozy à déclassifier immédiatement les documents nécessaires à l'enquête et à réformer le système. Signez la pétition et envoyez-la à tous vos contacts -- nous la présenterons près de l'Elysée à Paris si nous atteignons 100 000 signatures.
Parlez-en à vos amis
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29/10/2012
Karachi
.
Il est soupçonné d'avoir reçu frauduleusement des sommes en espèces provenant de contrats d'armement et destinées à financer la campagne électorale, une incrimination alimentée par plusieurs dépositions le mettant en cause.
Nicolas Bazire nie les faits depuis le début de l'affaire et notamment depuis sa première mise en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux" le 22 septembre 2011. Après cinq heures d'audition, il a quitté le bureau des juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire sans faire de déclarations.
La procédure porte sur des commissions légales en marge de la vente de sous-marins au Pakistan (84 millions d'euros) et de frégates à l'Arabie saoudite (200 millions d'euros) dans les années 1990 et qui pourraient avoir été partiellement détournées pour financer la campagne Balladur, dont Nicolas Sarkozy était porte-parole.
Ce dossier est une conséquence d'une autre enquête sur un attentat anti-français commis à Karachi au Pakistan en 2002, où onze Français travaillant à la construction de sous-marins avaient été tués.
L'hypothèse est que la corruption lors de la campagne a entrainé indirectement le crime, Jacques Chirac ayant ordonné l'arrêt des paiements frauduleux après son accession à l'Elysée en 1995, ce qui aurait mécontenté les "créanciers" pakistanais.
En deux ans de procédure, les juges ont accumulé des éléments sur des retraits d'argent en espèces opérés en Suisse selon un schéma complexe impliquant deux intermédiaires des ventes d'armes, Ziad Takieddine et Abdul Rahman al Assir, ainsi qu'un autre proche de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert.
L'argent aurait été remis en mains propres à Paris à Nicolas Bazire, aujourd'hui membre du conseil d'administration de LVMH. Au total, plus de 20 millions de francs en espèces (trois millions d'euros) ont été versés sur les comptes Balladur, des sommes que ce dernier justifie par des ventes de T-shirts et de gadgets de campagne.
La perspective d'une audition de Nicolas Sarkozy est ouverte dans cette affaire. Elle devrait être juridiquement délicate, car si une audition comme témoin est possible, toute poursuite semble relever de la Cour de justice de la République, car il était à l'époque des faits ministre du Budget (1993-1995).
Thierry Lévêque, édité par Gérard Bon
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Afficher la photoLE DOUBLE CIRCUIT DES COMMISSIONS DANS L'AFFAIRE KARACHI
PARIS
(Reuters) - Nicolas Bazire, proche de Nicolas Sarkozy, a été mis en
examen lundi pour recel d'abus de biens sociaux dans l'enquête sur une
supposée corruption en marge de contrats d'armement et de la campagne
présidentielle de 1995, a-t-on appris de source proche du dossier.
Témoin de mariage de Nicolas Sarkozy et de Carla Bruni
en 2008, Nicolas Bazire fut directeur de cabinet du Premier ministre
Edouard Balladur entre 1993 et 1995 et directeur de sa campagne
présidentielle.Il est soupçonné d'avoir reçu frauduleusement des sommes en espèces provenant de contrats d'armement et destinées à financer la campagne électorale, une incrimination alimentée par plusieurs dépositions le mettant en cause.
Nicolas Bazire nie les faits depuis le début de l'affaire et notamment depuis sa première mise en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux" le 22 septembre 2011. Après cinq heures d'audition, il a quitté le bureau des juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire sans faire de déclarations.
La procédure porte sur des commissions légales en marge de la vente de sous-marins au Pakistan (84 millions d'euros) et de frégates à l'Arabie saoudite (200 millions d'euros) dans les années 1990 et qui pourraient avoir été partiellement détournées pour financer la campagne Balladur, dont Nicolas Sarkozy était porte-parole.
Ce dossier est une conséquence d'une autre enquête sur un attentat anti-français commis à Karachi au Pakistan en 2002, où onze Français travaillant à la construction de sous-marins avaient été tués.
L'hypothèse est que la corruption lors de la campagne a entrainé indirectement le crime, Jacques Chirac ayant ordonné l'arrêt des paiements frauduleux après son accession à l'Elysée en 1995, ce qui aurait mécontenté les "créanciers" pakistanais.
En deux ans de procédure, les juges ont accumulé des éléments sur des retraits d'argent en espèces opérés en Suisse selon un schéma complexe impliquant deux intermédiaires des ventes d'armes, Ziad Takieddine et Abdul Rahman al Assir, ainsi qu'un autre proche de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert.
L'argent aurait été remis en mains propres à Paris à Nicolas Bazire, aujourd'hui membre du conseil d'administration de LVMH. Au total, plus de 20 millions de francs en espèces (trois millions d'euros) ont été versés sur les comptes Balladur, des sommes que ce dernier justifie par des ventes de T-shirts et de gadgets de campagne.
La perspective d'une audition de Nicolas Sarkozy est ouverte dans cette affaire. Elle devrait être juridiquement délicate, car si une audition comme témoin est possible, toute poursuite semble relever de la Cour de justice de la République, car il était à l'époque des faits ministre du Budget (1993-1995).
Thierry Lévêque, édité par Gérard Bon
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28/09/2010
Karachi (ier) : Nicolas Sarkozy savait "parfaitement" les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions
Dans la rubrique ca va faire mal ...
Karachi: l'existence de rétrocommissions illicites confirmée
Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 18/06/2010 à 13:45
Le juge chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi l'a confirmé ce vendredi.
Le juge Marc Trévidic, chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002, a confirmé l'existence de "rétrocommissions illicites" en marge du contrat de vente de sous-marins au Pakistan.
C'est ce qu'a indiqué ce vendredi 18 juin l'avocat de parties civiles de l'attentat, Me Olivier Morice, à l'issue d'une réunion avec le juge.
Il a aussi suggéré que Nicolas Sarkozy savait "parfaitement" les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions versées sur ce contrat, a ajouté l'avocat à l'issue d'une réunion avec les parties civiles.
C'est ce qu'a indiqué ce vendredi 18 juin l'avocat de parties civiles de l'attentat, Me Olivier Morice, à l'issue d'une réunion avec le juge.
Il a aussi suggéré que Nicolas Sarkozy savait "parfaitement" les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions versées sur ce contrat, a ajouté l'avocat à l'issue d'une réunion avec les parties civiles.
"La seule piste" crédible est "la piste financière"
"Il est clair qu'au plus haut niveau de l'Etat français on sait parfaitement les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions", a dit Me Morice.
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07/08/2010
Affaire Karachi : Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur mis en cause par la police luxembourgeoise !
.
A l’origine, se trouve Heine, une société offshore basée au Luxembourg. Un rapport de la police luxembourgeoise désigne nommément Nicolas Sarkozy comme ayant été l’architecte d’un dispositif de financement occulte qui aurait été utilisé pour le financer illicitement de la campagne présidentielle de son mentor Edouard Balladur grâce aux ventes d’armes de l’affaire Karachi pour laquelle onze Français sont morts.
Deux commissaires luxembourgeois évoquent un financement occulte de la campagne de 1995
Un rapport policier luxembourgeois étaie les soupçons de rétrocommissions vers la France via une société off-shore créée avec l’aval, en 1994, du ministre du Budget Nicolas Sarkozy, et évoque, sans en apporter la preuve, un financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur. Ce rapport rédigé en janvier et révélé mercredi par Médiapart dans le cadre de l’affaire Karachi a été réalisé à la demande de juges financiers parisiens qui enquêtent sur un espionnage informatique présumé à la Direction des constructions navales (DCN).
Source et suite : http://www.leuromag.com/Affaire-Karachi-Nicolas-Sarkozy-et-Edouard-Balladur-mis-en-cause-par-la-police-luxembourgeoise_a2228.html
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A l’origine, se trouve Heine, une société offshore basée au Luxembourg. Un rapport de la police luxembourgeoise désigne nommément Nicolas Sarkozy comme ayant été l’architecte d’un dispositif de financement occulte qui aurait été utilisé pour le financer illicitement de la campagne présidentielle de son mentor Edouard Balladur grâce aux ventes d’armes de l’affaire Karachi pour laquelle onze Français sont morts.
Deux commissaires luxembourgeois évoquent un financement occulte de la campagne de 1995
Un rapport policier luxembourgeois étaie les soupçons de rétrocommissions vers la France via une société off-shore créée avec l’aval, en 1994, du ministre du Budget Nicolas Sarkozy, et évoque, sans en apporter la preuve, un financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur. Ce rapport rédigé en janvier et révélé mercredi par Médiapart dans le cadre de l’affaire Karachi a été réalisé à la demande de juges financiers parisiens qui enquêtent sur un espionnage informatique présumé à la Direction des constructions navales (DCN).
Source et suite : http://www.leuromag.com/Affaire-Karachi-Nicolas-Sarkozy-et-Edouard-Balladur-mis-en-cause-par-la-police-luxembourgeoise_a2228.html
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07/07/2010
Le juge chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi l'a confirmé ce vendredi.
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C'est ce qu'a indiqué ce vendredi 18 juin l'avocat de parties civiles de l'attentat, Me Olivier Morice, à l'issue d'une réunion avec le juge.
Il a aussi suggéré que Nicolas Sarkozy savait "parfaitement" les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions versées sur ce contrat, a ajouté l'avocat à l'issue d'une réunion avec les parties civiles.
"Il a confirmé sans équivoque possible l'existence de rétrocommissions illicites en expliquant qu'il démontrait cela notamment par les propres documents internes de DCN", la Direction des constructions navales (DCN) signataire du contrat avec le Pakistan, a ajouté l'avocat.
Les commissions versées sur ce contrat pourraient avoir donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, selon des témoignages et rapports versés au dossier.
Onze salariés de la Direction des constructions navales (DCN), qui travaillaient à la construction de ces sous-marins, ont été tués dans l'attentat contre leur bus le 8 mai 2002 à Karachi.
Selon Me Morice, qui a déposé mardi une nouvelle plainte pour corruption, le juge a aussi confirmé que la "seule piste crédible" envisagée était "la piste financière", à savoir celle de représailles pakistanaises à la suite de l'arrêt du versement de commissions sur le contrat de vente de sous-marins Agosta au Pakistan.
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Le juge chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi l'a confirmé ce vendredi.
Le juge Marc Trévidic, chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002, a confirmé l'existence de "rétrocommissions illicites" en marge du contrat de vente de sous-marins au Pakistan. C'est ce qu'a indiqué ce vendredi 18 juin l'avocat de parties civiles de l'attentat, Me Olivier Morice, à l'issue d'une réunion avec le juge.
Il a aussi suggéré que Nicolas Sarkozy savait "parfaitement" les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions versées sur ce contrat, a ajouté l'avocat à l'issue d'une réunion avec les parties civiles.
"La seule piste" crédible est "la piste financière"
"Il est clair qu'au plus haut niveau de l'Etat français on sait parfaitement les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions", a dit Me Morice."Il a confirmé sans équivoque possible l'existence de rétrocommissions illicites en expliquant qu'il démontrait cela notamment par les propres documents internes de DCN", la Direction des constructions navales (DCN) signataire du contrat avec le Pakistan, a ajouté l'avocat.
Les commissions versées sur ce contrat pourraient avoir donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, selon des témoignages et rapports versés au dossier.
Onze salariés de la Direction des constructions navales (DCN), qui travaillaient à la construction de ces sous-marins, ont été tués dans l'attentat contre leur bus le 8 mai 2002 à Karachi.
Selon Me Morice, qui a déposé mardi une nouvelle plainte pour corruption, le juge a aussi confirmé que la "seule piste crédible" envisagée était "la piste financière", à savoir celle de représailles pakistanaises à la suite de l'arrêt du versement de commissions sur le contrat de vente de sous-marins Agosta au Pakistan.
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07/02/2014
Les juges préconisent l'audition de Nicolas Sarkozy §/ Karachi
.
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JUSTICE - Les juges ont aussi demandé la saisine de la CJR pour enquêter sur Balladur et Léotard...
Les juges préconisent l'audition de Nicolas Sarkozy comme témoin assisté par la Cour de Justice de la République (CJR), dans l'affaire Karachi, selon Me Olivier Morice.
Les juges en charge du volet financier de l'affaire Karachi ont aussi demandé la saisine de la CJR pour enquêter sur l'ancien Premier ministre Edouard Balladur et son ministre de la Défense François Léotard, a annoncé vendredi à l'AFP un avocat des parties civiles.
Les juges refusent d'entrendre Sarkozy eux-mêmes
Dans cette enquête sur un éventuel financement illégal de la campagne présidentielle de Balladur en 1995, les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire ont pris jeudi deux ordonnances, a précisé l'avocat.
Dans la première, les magistrats se dessaisissent au profit de la CJR, seule compétente pour enquêter et juger les délits ou crimes commis par des membres de gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions. Dans la seconde, ils refusent d'entendre eux-mêmes Nicolas Sarkozy, comme le leur avait demandé Me Morice.
Sarkozy nullement mis hors de cause?
«C'est une grande satisfaction car nous sommes à l'origine de cette plainte qui, pour les juges, nécessite la saisine de la CJR en ce qui concerne l'ancien Premier ministre et l'ancien ministre de la Défense, dans une ordonnance qui est accablante à leur égard», a déclaré l'avocat.
«En refusant notre demande d'audition de Nicolas Sarkozy, les juges soulignent que des témoignages et des éléments recueillis dans l'information judiciaire nécessitent que la CJR puisse l'entendre comme témoin assisté», a-t-il ajouté.
"Cela démontre à l'évidence que Nicolas Sarkozy n'est nullement mis hors de cause dans le volet financier de l'attentat de Karachi", selon Me Morice.
Le parquet de Paris doit désormais décider de transmettre, via le parquet général, le dossier au procureur général près la Cour de cassation, Jean-Claude Marin. Ce sera à lui de décider s'il faut transmettre la saisine à la commission des requêtes de la CJR, qui décidera d'une éventuelle enquête.
B. de V. avec AFP
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30/06/2009
Karachi : une fille de victime dit tout
Une fille de victime de Karachi : "Sarkozy parle de nous comme de "trucs" !
Invitée exceptionnelle, pour notre Ligne j@une de cette semaine : Magali Drouet, fille d'une des victimes de l'attentat de Karachi. Sur le plateau de Guy Birenbaum, elle raconte tout. Comment le premier juge n'avait pas dit aux vctimes qu'elles pouvaient avoir accès au dossier ; comment TF1 a censuré ses critiques de Sarkozy ; comment un conseiller de l'Elysée l'a adjurée de ne pas croire "tout ce qu'on lit sur Internet".
http://www.arretsurimages.net/index.php
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02/06/2010
Karachi: Sarkozy dans le bain
.Karachi : Sarkozy mis en cause par la police luxembourgeoise
LEMONDE.FR Avec AFP | 02.06.10 | 13h21 • Mis à jour le 02.06.10 | 14h51
Un rapport policier luxembourgeois étaie les soupçons de rétrocommissions vers la France via une société off-shore créée avec l'aval, en 1994, du ministre du budget Nicolas Sarkozy, et évoque, sans en apporter la preuve, un financement occulte de la campagne d'Edouard Balladur.
Ce rapport rédigé en janvier et révélé mercredi par le site d'information Médiapart a été réalisé à la demande de juges financiers parisiens qui enquêtent sur un espionnage informatique présumé à la Direction des constructions navales (DCN). Dans le cadre de cette enquête, les juges Françoise Desset et Jean-Christophe Hullin se sont penchés sur une société luxembourgeoise, baptisée Heine et créée en 1994 par la branche internationale de DCN avec l'aval de M. Sarkozy, à l'époque ministre du budget d'Edouard Balladur.
"DES RÉFÉRENCES FONT CROIRE À UNE FORME DE RÉTROCOMMISSION"
C'est par cette société off-shore que transitaient une partie des commissions, légales jusqu'en 2000, sur les contrats d'armement, dont la vente de sous-marins Agosta au Pakistan en 1994, susceptible d'avoir servi de mobile à l'attentat de Karachi en 2002. Selon les policiers du Grand-Duché, "une partie des fonds qui sont passés par le Luxembourg reviennent en France pour le financement de campagnes politiques françaises".
"En 1995, des références font croire à une forme de rétrocommission [illégale] pour payer des campagnes politiques en France", poursuivent les policiers luxembourgeois. "Nous soulignons qu'Edouard Balladur était candidat à l'élection présidentielle en 1995 face à Jacques Chirac et était soutenu par une partie du RPR, dont Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua", ajoutent les policiers.
"NICOLAS SARKOZY EST AU CŒUR DE LA CORRUPTION"
Des sources proches du dossier interrogées par l'AFP ont confirmé la teneur du rapport et les indices relatifs aux rétrocommissions mais s'interrogeaient sur les éléments ayant conduit les enquêteurs luxembourgeois à conclure à un financement politique. Le chef de l'Etat avait qualifié, en juin 2009, de "fable" la thèse d'un financement occulte de M. Balladur. L'ancien premier ministre a lui aussi fermement démenti tout financement illégal de sa campagne présidentielle de 1995.
Pour l'avocat de six familles de victimes de l'attentat de Karachi, Me Olivier Morice, "ce rapport montre que Nicolas Sarkozy est au cœur de la corruption et qu'il a menti aux familles". "Nous ne sommes pas en présence d'une fable mais d'un mensonge d'Etat", a estimé l'avocat, ajoutant que "les familles sont indignées et demandent [la] démission" de M. Sarkozy.
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LEMONDE.FR Avec AFP | 02.06.10 | 13h21 • Mis à jour le 02.06.10 | 14h51
Un rapport policier luxembourgeois étaie les soupçons de rétrocommissions vers la France via une société off-shore créée avec l'aval, en 1994, du ministre du budget Nicolas Sarkozy, et évoque, sans en apporter la preuve, un financement occulte de la campagne d'Edouard Balladur.
Ce rapport rédigé en janvier et révélé mercredi par le site d'information Médiapart a été réalisé à la demande de juges financiers parisiens qui enquêtent sur un espionnage informatique présumé à la Direction des constructions navales (DCN). Dans le cadre de cette enquête, les juges Françoise Desset et Jean-Christophe Hullin se sont penchés sur une société luxembourgeoise, baptisée Heine et créée en 1994 par la branche internationale de DCN avec l'aval de M. Sarkozy, à l'époque ministre du budget d'Edouard Balladur.
"DES RÉFÉRENCES FONT CROIRE À UNE FORME DE RÉTROCOMMISSION"
C'est par cette société off-shore que transitaient une partie des commissions, légales jusqu'en 2000, sur les contrats d'armement, dont la vente de sous-marins Agosta au Pakistan en 1994, susceptible d'avoir servi de mobile à l'attentat de Karachi en 2002. Selon les policiers du Grand-Duché, "une partie des fonds qui sont passés par le Luxembourg reviennent en France pour le financement de campagnes politiques françaises".
"En 1995, des références font croire à une forme de rétrocommission [illégale] pour payer des campagnes politiques en France", poursuivent les policiers luxembourgeois. "Nous soulignons qu'Edouard Balladur était candidat à l'élection présidentielle en 1995 face à Jacques Chirac et était soutenu par une partie du RPR, dont Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua", ajoutent les policiers.
"NICOLAS SARKOZY EST AU CŒUR DE LA CORRUPTION"
Des sources proches du dossier interrogées par l'AFP ont confirmé la teneur du rapport et les indices relatifs aux rétrocommissions mais s'interrogeaient sur les éléments ayant conduit les enquêteurs luxembourgeois à conclure à un financement politique. Le chef de l'Etat avait qualifié, en juin 2009, de "fable" la thèse d'un financement occulte de M. Balladur. L'ancien premier ministre a lui aussi fermement démenti tout financement illégal de sa campagne présidentielle de 1995.
Pour l'avocat de six familles de victimes de l'attentat de Karachi, Me Olivier Morice, "ce rapport montre que Nicolas Sarkozy est au cœur de la corruption et qu'il a menti aux familles". "Nous ne sommes pas en présence d'une fable mais d'un mensonge d'Etat", a estimé l'avocat, ajoutant que "les familles sont indignées et demandent [la] démission" de M. Sarkozy.
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17/10/2011
Karachi l'histoire sans fin, les palais, des princesses, de l'argent, des morts, en vrai
.Vu SUR BELLACIAO
http://www.courrierinternational.com/article/2011/10/10/le-palais-de-thierry-gaubert-dernier-rebondissement-de-l-affaire-karachi
SEMANA/COURRIER INTERNATIONAL
Monday 17 octobre 2011
A des milliers de kilomètres de Paris, dans le paisible village touristique d'El Nilo, à deux heures de voiture de Bogotá, la capitale colombienne, une somptueuse villa située dans la propriété El Palmar se retrouve au cœur de l'affaire Karachi, ce scandale de corruption, d'attentat et de dessous-de-table qui tient la France en émoi. La villa Cactus aurait coûté 600 000 euros, soit près d'un million de dollars et son propriétaire, Thierry Gaubert, en aurait fait l'acquisition à la fin des années 1990 pour y établir sa résidence secondaire à travers une société, baptisée elle aussi Cactus, au Bahamas. Cet intime du Président Sarkozy depuis le début de sa carrière était à l'époque marié à la Princesse Hélène de Yougoslavie, celle qui aujourd'hui raconte une partie de ses secrets à la police.
El Palmar est une propriété qui compte seulement deux maisons. L'autre appartient à un ami de Thierry Gaubert, Jean-Philippe Couzi, ancien époux d'Astrid Betancourt, la sœur d'Ingrid Betancourt et amie de la Princesse Hélène. La maison de la princesse et de son époux, baptisée "Le Monastère" par les gens du coin en raison de ses deux tours visibles de loin, est un lieu de villégiature idéal. Construite sur un terrain de 40 hectares, elle est particulièrement remarquable par son immense piscine en forme de trèfle. Les écuries accueillent quinze chevaux mais également des vaches, toutes marquées d'une petite couronne, et de nombreux jardiniers s'occupent de l'entretien de la propriété.
C'est le genre d'investissement typique des Français fortunés sous les tropiques. L'arrivée de la princesse avec son escorte de cinq voitures, dont une de l'ambassade française, de son mari et de leurs trois enfants ainsi que des dizaines de valises faisait sensation dans le village. Selon les témoignages obtenus par Semana à Nilo, le couple avait l'habitude d'y venir deux fois par an, en général à Pâques et en décembre. Ils y vivaient dans un faste luxueux. Ils avaient 7 employés à demeure toute l'année, payés chacun entre 600 000 et un million de pesos par mois [entre 220 et 380 euros], et lors de leurs séjours, ils n'hésitaient pas à en recruter d'autres.
La villa était somptueusement décorée de lampes en fer forgé, de statues de monarques européens et de portraits de dignitaires français et colombiens. L'une des pièces était exclusivement consacrée à la garde-robe de la princesse et à ses bijoux, à l'abri dans un coffre-fort. Parties de polo et balades à cheval rythmaient le quotidien. Des réceptions étaient également souvent organisées avec plusieurs dizaines d'invités, animées par un groupe de musiciens locaux ou par des quatuors à cordes venus de Girardot, ainsi que d'élégants dîners servis dans de la porcelaine française, où l'on retrouvait autour de la table des notables colombiens, le président [colombien] et son épouse, des diplomates et des personnalités européennes. L'ancien président colombien Andrés Pastrana [1998-2002] et son épouse étaient régulièrement invités par la princesse.
Comme l'a révélé l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, les enquêteurs français ont désormais dans leur ligne de mire la villa colombienne, son propriétaire et sa princesse. Ce qu'ils ont découvert met Thierry Gaubert en sérieuse difficulté et son ex-épouse a donné des informations savoureuses à la police française. Un achat de trois sous-marins, un mystérieux intermédiaire franco-libanais, des valises remplies d'euros provenant de commissions illégales transportées par Gaubert de Suisse en France, une décennie d'intrigues politiques françaises sordides, un président, une princesse, une épouse offensée balançant tout à la police, des dizaines de millions d'euros, un attentat qui coûta la vie à 14 personnes, dont 11 Français à Karachi, la capitale du Pakistan et une propriété à El Nilo, Colombie, composent cette sorte de télénovela internationale, dont la "connexion colombienne" constitue un nouveau rebondissement.
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A des milliers de kilomètres de Paris, dans le paisible village touristique d'El Nilo, à deux heures de voiture de Bogotá, la capitale colombienne, une somptueuse villa située dans la propriété El Palmar se retrouve au cœur de l'affaire Karachi, ce scandale de corruption, d'attentat et de dessous-de-table qui tient la France en émoi. La villa Cactus aurait coûté 600 000 euros, soit près d'un million de dollars et son propriétaire, Thierry Gaubert, en aurait fait l'acquisition à la fin des années 1990 pour y établir sa résidence secondaire à travers une société, baptisée elle aussi Cactus, au Bahamas. Cet intime du Président Sarkozy depuis le début de sa carrière était à l'époque marié à la Princesse Hélène de Yougoslavie, celle qui aujourd'hui raconte une partie de ses secrets à la police.
El Palmar est une propriété qui compte seulement deux maisons. L'autre appartient à un ami de Thierry Gaubert, Jean-Philippe Couzi, ancien époux d'Astrid Betancourt, la sœur d'Ingrid Betancourt et amie de la Princesse Hélène. La maison de la princesse et de son époux, baptisée "Le Monastère" par les gens du coin en raison de ses deux tours visibles de loin, est un lieu de villégiature idéal. Construite sur un terrain de 40 hectares, elle est particulièrement remarquable par son immense piscine en forme de trèfle. Les écuries accueillent quinze chevaux mais également des vaches, toutes marquées d'une petite couronne, et de nombreux jardiniers s'occupent de l'entretien de la propriété.
C'est le genre d'investissement typique des Français fortunés sous les tropiques. L'arrivée de la princesse avec son escorte de cinq voitures, dont une de l'ambassade française, de son mari et de leurs trois enfants ainsi que des dizaines de valises faisait sensation dans le village. Selon les témoignages obtenus par Semana à Nilo, le couple avait l'habitude d'y venir deux fois par an, en général à Pâques et en décembre. Ils y vivaient dans un faste luxueux. Ils avaient 7 employés à demeure toute l'année, payés chacun entre 600 000 et un million de pesos par mois [entre 220 et 380 euros], et lors de leurs séjours, ils n'hésitaient pas à en recruter d'autres.
La villa était somptueusement décorée de lampes en fer forgé, de statues de monarques européens et de portraits de dignitaires français et colombiens. L'une des pièces était exclusivement consacrée à la garde-robe de la princesse et à ses bijoux, à l'abri dans un coffre-fort. Parties de polo et balades à cheval rythmaient le quotidien. Des réceptions étaient également souvent organisées avec plusieurs dizaines d'invités, animées par un groupe de musiciens locaux ou par des quatuors à cordes venus de Girardot, ainsi que d'élégants dîners servis dans de la porcelaine française, où l'on retrouvait autour de la table des notables colombiens, le président [colombien] et son épouse, des diplomates et des personnalités européennes. L'ancien président colombien Andrés Pastrana [1998-2002] et son épouse étaient régulièrement invités par la princesse.
Comme l'a révélé l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, les enquêteurs français ont désormais dans leur ligne de mire la villa colombienne, son propriétaire et sa princesse. Ce qu'ils ont découvert met Thierry Gaubert en sérieuse difficulté et son ex-épouse a donné des informations savoureuses à la police française. Un achat de trois sous-marins, un mystérieux intermédiaire franco-libanais, des valises remplies d'euros provenant de commissions illégales transportées par Gaubert de Suisse en France, une décennie d'intrigues politiques françaises sordides, un président, une princesse, une épouse offensée balançant tout à la police, des dizaines de millions d'euros, un attentat qui coûta la vie à 14 personnes, dont 11 Français à Karachi, la capitale du Pakistan et une propriété à El Nilo, Colombie, composent cette sorte de télénovela internationale, dont la "connexion colombienne" constitue un nouveau rebondissement.
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18/10/2012
Hortefeux au tribunal
Karachi: Hortefeux jugé pour intimidation et menace envers un avocat
A l'époque, M. Hortefeux avait dû s'expliquer devant la police sur ses conversations téléphoniques avec un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, qu'il avait prévenu du fait que sa femme Hélène "balançait beaucoup" aux enquêteurs.
Selon le Nouvel Obs, Brice Hortefeux s'était dit "écoeuré" par la "lâcheté des journalistes qui fracassent tous les amis de Sarkozy", alors que c'est Me Morice qui "devrait être fracassé".
Devant le tribunal, l'avocat est revenu sur l'affaire Karachi, expliquant qu'il était apparu que M. Sarkozy "était au coeur d'un système de corruption". Des propos qu'il avait déjà tenus en décembre 2009, face auxquels l'Elysée s'était inscrit "catégoriquement en faux".
Pour lui, les propos de M. Hortefeux ont franchi, dans les attaques visant à le discréditer, un "stade intolérable" en vue "d'influer sur (son) comportement". Il a dit avoir été "perturbé" par ce qui "semblait être une menace et une intimidation", dans "une affaire d'Etat".
Mais pour le journaliste qui a signé l'article incriminé, il y a méprise sur l'interprétation de cette phrase. Selon Hervé Algalarondo, il allait "de soi" que c'est bien par les journalistes que Brice Hortefeux estimait que Me Morice "devrait être fracassé".
Il a expliqué qu'il n'avait "aucun doute" à ce sujet, mettant en avant l'"effet de symétrie". "J'ai peut-être commis une faute professionnelle en n'étant pas suffisamment précis, en ouvrant matière à exégèse", a-t-il dit.
Face à la défense de Me Morice, qui l'accusait d'être "l'avocat" de Brice Hortefeux, d'essayer de le "protéger", le journaliste a rétorqué avoir écrit des "papiers vachards" à son endroit.
Le procès se poursuivait en fin d'après-midi.
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Le
tribunal correctionnel de Paris a tenté jeudi de déterminer si l'ancien
ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a ou non intimidé et menacé,
dans le Nouvel Observateur, l'avocat de familles de victimes de
l'attentat de Karachi, Me Olivier Morice.
Dans un article de l'hebdomadaire paru le 29 septembre 2011,
l'ex-ministre déclarait que l'avocat "devait être fracassé". Mais par
qui?A l'époque, M. Hortefeux avait dû s'expliquer devant la police sur ses conversations téléphoniques avec un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, qu'il avait prévenu du fait que sa femme Hélène "balançait beaucoup" aux enquêteurs.
Selon le Nouvel Obs, Brice Hortefeux s'était dit "écoeuré" par la "lâcheté des journalistes qui fracassent tous les amis de Sarkozy", alors que c'est Me Morice qui "devrait être fracassé".
Devant le tribunal, l'avocat est revenu sur l'affaire Karachi, expliquant qu'il était apparu que M. Sarkozy "était au coeur d'un système de corruption". Des propos qu'il avait déjà tenus en décembre 2009, face auxquels l'Elysée s'était inscrit "catégoriquement en faux".
Pour lui, les propos de M. Hortefeux ont franchi, dans les attaques visant à le discréditer, un "stade intolérable" en vue "d'influer sur (son) comportement". Il a dit avoir été "perturbé" par ce qui "semblait être une menace et une intimidation", dans "une affaire d'Etat".
Mais pour le journaliste qui a signé l'article incriminé, il y a méprise sur l'interprétation de cette phrase. Selon Hervé Algalarondo, il allait "de soi" que c'est bien par les journalistes que Brice Hortefeux estimait que Me Morice "devrait être fracassé".
Il a expliqué qu'il n'avait "aucun doute" à ce sujet, mettant en avant l'"effet de symétrie". "J'ai peut-être commis une faute professionnelle en n'étant pas suffisamment précis, en ouvrant matière à exégèse", a-t-il dit.
Face à la défense de Me Morice, qui l'accusait d'être "l'avocat" de Brice Hortefeux, d'essayer de le "protéger", le journaliste a rétorqué avoir écrit des "papiers vachards" à son endroit.
Le procès se poursuivait en fin d'après-midi.
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02/01/2012
Oui Balladur a été financé par la filière 'Karachi', oui Sarkozy savait ( 2 dépèches)
.Karachi : les fonds secrets ont bien été mobilisés pour la campagne de M. Balladur en 1995
Compte rendu | LEMONDE.FR | 02.01.12 | 08h11
Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, en charge du volet financier de l'affaire de Karachi, se rapprochent de plus en plus d'Edouard Balladur. Les soupçons sur un financement illicite de sa campagne présidentielle malheureuse de 1995, via des contrats d'armement et/ou les fonds secrets ne cessent de se renforcer. Ces dernières semaines, ils ont placé en garde à vue plusieurs des anciens responsables de sa campagne, chez qui les policiers ont également conduit des perquisitions.
Parmi eux, Frédéric Aucher, un ancien gendarme, militant RPR de longue date, qui a expliqué aux enquêteurs de la division nationale d'investigations financières et fiscales (DNIF) dans quelles conditions il avait, en janvier 1995, "accepté de devenir secrétaire général de la campagne de M. Balladur", à la demande de Bernard Debré, dont il était à la fois le directeur de cabinet à la mairie d'Amboise (Indre-et-Loire) et l'assistant parlementaire. Ce dernier venait alors de succéder au ministère de la coopération à Michel Roussin (contraint de démissionner à la suite de sa mise en cause dans l'affaire des HLM de Paris).
Dès son entrée au gouvernement, M. Debré demande à M. Aucher de le rejoindre au ministère en qualité de chargé de mission. Devant les policiers, qui l'ont longuement interrogé les 17 et 18 novembre, M. Aucher s'est souvenu d'un coup de fil reçu le 14 janvier 1995 : "Bernard Debré m'appelle pour me dire que Matignon allait me faire une proposition que je devais accepter. Je fais alors connaissance avec M. Pierre Mongin, chef de cabinet, qui m'a demandé si cela m'intéressait de travailler pour la campagne de Balladur. C'était pour moi inespéré."
Rapidement présenté à Nicolas Bazire, à la fois directeur du cabinet du premier ministre et de sa campagne présidentielle, M. Aucher doit quitter le ministère de la Coopération. Il est chargé d'organiser le QG de campagne. A son étage, le dernier, il se souvient qu'"il y avait un bureau pour M. Balladur, un pour M. Sarkozy, un pour M. Bazire, un pour M. Galy-Dejean [le trésorier]". S'agissant de l'actuel chef de l'Etat, le témoin croit se rappeler qu'il ne jouait pas un rôle majeur dans l'organisation de la campagne : "M. Sarkozy était là de temps en temps. Il recevait des journalistes".
Interrogé sur le fait de savoir s'il était rémunéré pour ses fonctions auprès du candidat Balladur, M. Aucher a précisé qu'il n'avait "pas de contrat", mais qu'il avait pourtant bien été payé… via les fonds spéciaux mis à disposition du premier ministre. "Lorsque l'on m'a demandé de venir à la campagne et que M. Mongin m'a demandé de quitter mon poste du ministère de la coopération, il m'a dit qu'il compenserait ma perte de salaire par une enveloppe de fonds secrets de Matignon, a rapporté le témoin. En fin de chaque mois, Pierre Mongin me remettait des espèces. Le montant a évolué au fil des mois. Le premier moi, j'ai eu 30 000 francs, puis 50 000 francs à deux reprises (…) Les espèces étaient dans une enveloppe fermée. J'ai reçu des espèces pendant cinq mois. Je ne me suis jamais déplacé exprès à Matignon pour récupérer des espèces. Mais à une occasion, il en a profité pour me remettre des espèces. Cela a dû m'être également amené mais pas directement par M. Mongin. Il me prévenait que quelqu'un allait venir de sa part pour m'apporter cette enveloppe."
M. Aucher se dit certain qu'il s'agissait des fonds secrets, car cela lui avait "été présenté comme cela par M. Mongin ". D'ailleurs, " tous les billets étaient d'un montant de 500 francs". Les enquêteurs ont d'autre part retrouvé la trace en perquisition d'un chèque de 30 000 francs fait par M. Aucher à l'association de financement de la campagne d'Edouard Balladur (AFICEB) le 26 avril 1995, soit trois jours après le premier tour qui marqua l'élimination du premier ministre. "Ces 30 000 francs proviennent des fonds secrets qui m'avaient été remis dans le cadre de ma mission, a concédé M. Aucher. Ils ne m'avaient pas été remis pour que je fasse un don (…) J'ai fait un chèque en dernière minute au profit de campagne de Balladur [car] je souhaitais bénéficier de la défiscalisation. Après, en raison de la défaite, je n'aurais pas pu le faire."
Frédéric Aucher a déclaré "ignorer" si d'autres personnes que lui avaient été rémunérés par le même canal. Les policiers en ont trouvé au moins une autre : Jean-Claude Aurousseau, alors président de l'AFICEB. Tandis qu'il continuait à percevoir son traitement de la Cour des comptes, ce haut-fonctionnaire a concédé avoir touché plusieurs milliers de francs en argent liquide en provenance des fonds spéciaux. Il a toutefois affirmé au cours de sa garde à vue, le 7 décembre, "n'avoir reçu qu'une seule enveloppe, et à Matignon", et prétendu que ce versement "n'était pas lié à la campagne", ce qui a laissé les policiers dubitatifs…
Contrairement à ce que l'ancien chef de cabinet de M. Balladur à Matignon, Pierre Mongin, a soutenu lors de son audition comme témoin l'été dernier, les fonds secrets semblent donc bien avoir été mobilisés pour aider au financement du premier ministre-candidat, ne serait-ce que par la prise en charge financière de certains responsables de la campagne. "Je n'ai pas personnellement, dans la gestion de ces fonds, attribué de l'argent à la campagne de M. Balladur", avait ainsi déclaré sur procès-verbal M. Mongin le 4 juillet. "J'ai appris par la presse les déclarations de M. Pierre Mongin concernant la difficulté qu'il y aurait à utiliser les fonds secrets pour une campagne électorale. Sa position me semble réaliste", a d'ailleurs expliqué M. Aurousseau aux policiers.
Ces derniers n'ont pas été convaincus semble-t-il : "En quoi la position de M. Mongin est-elle réaliste alors que ce dernier a déjà remis des espèces via les fonds secrets à M. Aucher et à vous-même?", se sont-ils étonnés. Le profil de M. Aurousseau semble particulièrement intéresser les enquêteurs qui relèvent, sur la foi des agendas saisis à son domicile, qu'il a rencontré huit fois M. Mongin (en général à Matignon) entre décembre 1994 et mai 1995.
Décidément incontournable, le président de l'association de financement voyait aussi beaucoup, à l'époque, François Lépine, qui assurait le suivi des contrats d'armement au ministère de la défense dirigé par François Léotard, ou encore Jacques Douffiagues, patron de la Sofresa, société d'Etat spécialisée dans les ventes d'armes, placé à ce poste hyper sensible par M. Léotard.
Coïncidences, a expliqué en substance M. Aurousseau. S'agissant de M. Lépine, il s'agissait selon lui de simples contacts "avec un collègue et un ami. J'ai dû lui apprendre que j'allais travailler au sein de l'AFICEB. Nous n'avons pas évoqué les contrats [d'armement]", a-t-il assuré. Quant à Jacques Douffiagues, il l'aurait rencontré dans le cadre d'un contrôle de la Cour des comptes sur la Sofresa. Coïncidence encore, MM. Aucher et Aurousseau sont tous deux des connaissances de Renaud Donnedieu de Vabres, l'homme-lige de François Léotard au ministère de la défense, au cœur des négociations avec les intermédiaires à l'occasion de la signature, fin 1994, des contrats d'armement suspects (Agosta, avec le Pakistan et Sawari II, avec l'Arabie saoudite).
Lors de ses auditions par la DNIF, dont l'Agence France Presse a publié des extraits le 31 décembre, M. Donnedieu de Vabres a été prié de confirmer qu'il avait, comme plusieurs témoins l'assurent, " imposé " dans ces deux contrats les hommes d'affaires Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir, soupçonnés d'avoir versé des rétrocommissions. "Comme intermédiaires bénéficiant de contrats, non. Comme personnes utiles par leurs informations, c'est tout à fait possible", a répondu l'ancien ministre de la culture.
Selon nos informations, les magistrats ne s'intéressent pas qu'au "lobbying" qu'aurait effectué M. Donnedieu de Vabres – mis en examen le 15 décembre pour "complicité d'abus de biens sociaux"- et son corollaire, l'éventuel financement illégal de la campagne de M. Balladur. Ils traquent aussi d'éventuels enrichissements personnels. Outre les vérifications effectuées sur les conditions dans lesquelles M. Balladur a acquis en 1996 une maison près de Deauville, les policiers s'intéressent au patrimoine de M. Donnedieu de Vabres.
Ils se sont notamment fait transmettre les déclarations de revenus de l'ancien ministre de 1999 à 2010 et ses avis d'imposition sur la période 1993-1995. Les enquêteurs examinent aussi les conditions dans lesquelles il a acquis, en octobre 1997, un appartement à Tours moyennant 520 000 F, somme payée comptant. Lors de sa première audition par la DNIF, le 13 décembre, M. Donneideu de Vabres a assuré qu'il avait à l'époque "souscrit un prêt à l'Assemblée nationale pour les trois-quarts du montant de l'appartement". "J'ai financé la différence avec mes produits d'épargne, qui venaient également d'une succession", a-t-il ajouté.
Gérard Davet et Fabrice Lhomme
Affaire Karachi : Sarkozy aurait validé un circuit de commissions en 1994
LEMONDE.FR avec AFP | 02.01.12 | 06h53 • Mis à jour le 02.01.12 | 08h28
Un ex-haut fonctionnaire a confirmé en décembre au juge qui enquête sur l'affaire Karachi que Nicolas Sarkozy, ministre du budget en 1994, avait validé la création d'une société luxembourgeoise servant à payer des intermédiaires dans des contrats d'armement, selon Libération lundi. Le journal s'appuie sur un procès-verbal d'audition du 2 décembre, devant le juge Renaud Van Ruymbeke, de Gérard-Philippe Menayas, ancien haut fonctionnaire du ministère de la défense et ex-directeur administratif et financier de la DCNI, branche internationale de la Direction des constructions navales (DCN), qui a vendu en 1994 au Pakistan des sous-marins Agosta.
M. Menayas est interrogé sur la création en 1994 au Luxembourg de la société offshore Heine, utilisée par la DCNI pour verser des commissions – qui seront légales jusqu'en 2000 – à des intermédiaires dans des contrats d'armement, dont ceux qui ont œuvré au contrat Agosta. "Il est clair que le ministère du budget a nécessairement donné son accord pour la création de Heine (...) Vu l'importance du sujet, cette décision ne pouvait être prise qu'au niveau du cabinet du ministre", a déclaré M. Menayas sur le procès-verbal cité par Libération.
Un rapport de la police luxembourgeoise de janvier 2010 a déjà mis au jour le fait que Nicolas Sarkozy, ministre du budget de 1993 à 1995, avait donné son accord à la création de Heine. Un document chronologique, non daté ni signé, saisi par la police à la DCN, évoque les circonstances de la création de Heine, mentionnant l'aval de Nicolas Bazire, directeur du cabinet du premier ministre de l'époque Edouard Balladur, et de Nicolas Sarkozy. Le juge Van Ruymbeke demande alors à M. Menayas de confirmer que "la mise en place de la structure Heine n'a donc pu se faire qu'avec le double accord des deux cabinets du ministre du budget et de celui de la défense", à l'époque François Léotard. "Oui (...) Je n'imagine pas qu'une telle décision ait pu être prise sans l'aval du cabinet du ministre", répond l'ancien cadre de la DCNI, faute de quoi "je n'aurais jamais obtenu (...) l'accord de la Direction générale des impôts (...) pour payer des commissions via Heine".
"TOTALEMENT ÉTRANGER"
Dans le volet financier de l'affaire Karachi, les juges tentent de déterminer si des rétrocommissions, alimentées grâce à l'intervention d'intermédiaires rémunérés par des commissions dans les contrats Agosta et Sawari II (avec l'Arabie saoudite), ont pu financer la campagne présidentielle de 1995 d'Edouard Balladur. L'ex-PDG de la DCNI, Dominique Castellan, mis en examen dans ce dossier le 13 décembre pour abus de bien sociaux, a également été interrogé par le juge Van Ruymbeke, selon son procès-verbal consulté par l'AFP.
"[Pour la mise en place de Heine] avez-vous sollicité ou informé vos autorités de tutelle [en 1994]?" demande le magistrat. "J'ignore totalement si on a demandé l'aval des autorités mais je suis sûr que nous avons informé le ministère des finances [auquel est rattaché le budget] que nous serions amenés à payer nos agents commerciaux par des virements sur des trustees à l'étranger", répond M. Castellan. En septembre, l'Elysée avait affirmé que le chef de l'Etat n'avait "jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne [celle de Balladur]", dont il était le porte-parole, et son nom "n'apparaît dans aucun des éléments du dossier".
M. Sarkozy est "totalement étranger" à cette affaire, "d'autant plus qu'à l'époque où il était ministre du budget, il avait manifesté son hostilité à ce contrat comme cela apparaît dans les pièces de la procédure", avait précisé la présidence. Un attentat perpétré à Karachi le 8 mai 2002 a fait 15 morts, dont 11 Français, employés de la DCN.
un article propulsé par TORAPAMAVOA :
http://torapamavoa.blogspot.com Clikez LIRE LA SUITE ci dessous pour lire la suite de l'article...^^
Compte rendu | LEMONDE.FR | 02.01.12 | 08h11
Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, en charge du volet financier de l'affaire de Karachi, se rapprochent de plus en plus d'Edouard Balladur. Les soupçons sur un financement illicite de sa campagne présidentielle malheureuse de 1995, via des contrats d'armement et/ou les fonds secrets ne cessent de se renforcer. Ces dernières semaines, ils ont placé en garde à vue plusieurs des anciens responsables de sa campagne, chez qui les policiers ont également conduit des perquisitions.
Parmi eux, Frédéric Aucher, un ancien gendarme, militant RPR de longue date, qui a expliqué aux enquêteurs de la division nationale d'investigations financières et fiscales (DNIF) dans quelles conditions il avait, en janvier 1995, "accepté de devenir secrétaire général de la campagne de M. Balladur", à la demande de Bernard Debré, dont il était à la fois le directeur de cabinet à la mairie d'Amboise (Indre-et-Loire) et l'assistant parlementaire. Ce dernier venait alors de succéder au ministère de la coopération à Michel Roussin (contraint de démissionner à la suite de sa mise en cause dans l'affaire des HLM de Paris).
Dès son entrée au gouvernement, M. Debré demande à M. Aucher de le rejoindre au ministère en qualité de chargé de mission. Devant les policiers, qui l'ont longuement interrogé les 17 et 18 novembre, M. Aucher s'est souvenu d'un coup de fil reçu le 14 janvier 1995 : "Bernard Debré m'appelle pour me dire que Matignon allait me faire une proposition que je devais accepter. Je fais alors connaissance avec M. Pierre Mongin, chef de cabinet, qui m'a demandé si cela m'intéressait de travailler pour la campagne de Balladur. C'était pour moi inespéré."
Rapidement présenté à Nicolas Bazire, à la fois directeur du cabinet du premier ministre et de sa campagne présidentielle, M. Aucher doit quitter le ministère de la Coopération. Il est chargé d'organiser le QG de campagne. A son étage, le dernier, il se souvient qu'"il y avait un bureau pour M. Balladur, un pour M. Sarkozy, un pour M. Bazire, un pour M. Galy-Dejean [le trésorier]". S'agissant de l'actuel chef de l'Etat, le témoin croit se rappeler qu'il ne jouait pas un rôle majeur dans l'organisation de la campagne : "M. Sarkozy était là de temps en temps. Il recevait des journalistes".
Interrogé sur le fait de savoir s'il était rémunéré pour ses fonctions auprès du candidat Balladur, M. Aucher a précisé qu'il n'avait "pas de contrat", mais qu'il avait pourtant bien été payé… via les fonds spéciaux mis à disposition du premier ministre. "Lorsque l'on m'a demandé de venir à la campagne et que M. Mongin m'a demandé de quitter mon poste du ministère de la coopération, il m'a dit qu'il compenserait ma perte de salaire par une enveloppe de fonds secrets de Matignon, a rapporté le témoin. En fin de chaque mois, Pierre Mongin me remettait des espèces. Le montant a évolué au fil des mois. Le premier moi, j'ai eu 30 000 francs, puis 50 000 francs à deux reprises (…) Les espèces étaient dans une enveloppe fermée. J'ai reçu des espèces pendant cinq mois. Je ne me suis jamais déplacé exprès à Matignon pour récupérer des espèces. Mais à une occasion, il en a profité pour me remettre des espèces. Cela a dû m'être également amené mais pas directement par M. Mongin. Il me prévenait que quelqu'un allait venir de sa part pour m'apporter cette enveloppe."
M. Aucher se dit certain qu'il s'agissait des fonds secrets, car cela lui avait "été présenté comme cela par M. Mongin ". D'ailleurs, " tous les billets étaient d'un montant de 500 francs". Les enquêteurs ont d'autre part retrouvé la trace en perquisition d'un chèque de 30 000 francs fait par M. Aucher à l'association de financement de la campagne d'Edouard Balladur (AFICEB) le 26 avril 1995, soit trois jours après le premier tour qui marqua l'élimination du premier ministre. "Ces 30 000 francs proviennent des fonds secrets qui m'avaient été remis dans le cadre de ma mission, a concédé M. Aucher. Ils ne m'avaient pas été remis pour que je fasse un don (…) J'ai fait un chèque en dernière minute au profit de campagne de Balladur [car] je souhaitais bénéficier de la défiscalisation. Après, en raison de la défaite, je n'aurais pas pu le faire."
Frédéric Aucher a déclaré "ignorer" si d'autres personnes que lui avaient été rémunérés par le même canal. Les policiers en ont trouvé au moins une autre : Jean-Claude Aurousseau, alors président de l'AFICEB. Tandis qu'il continuait à percevoir son traitement de la Cour des comptes, ce haut-fonctionnaire a concédé avoir touché plusieurs milliers de francs en argent liquide en provenance des fonds spéciaux. Il a toutefois affirmé au cours de sa garde à vue, le 7 décembre, "n'avoir reçu qu'une seule enveloppe, et à Matignon", et prétendu que ce versement "n'était pas lié à la campagne", ce qui a laissé les policiers dubitatifs…
Contrairement à ce que l'ancien chef de cabinet de M. Balladur à Matignon, Pierre Mongin, a soutenu lors de son audition comme témoin l'été dernier, les fonds secrets semblent donc bien avoir été mobilisés pour aider au financement du premier ministre-candidat, ne serait-ce que par la prise en charge financière de certains responsables de la campagne. "Je n'ai pas personnellement, dans la gestion de ces fonds, attribué de l'argent à la campagne de M. Balladur", avait ainsi déclaré sur procès-verbal M. Mongin le 4 juillet. "J'ai appris par la presse les déclarations de M. Pierre Mongin concernant la difficulté qu'il y aurait à utiliser les fonds secrets pour une campagne électorale. Sa position me semble réaliste", a d'ailleurs expliqué M. Aurousseau aux policiers.
Ces derniers n'ont pas été convaincus semble-t-il : "En quoi la position de M. Mongin est-elle réaliste alors que ce dernier a déjà remis des espèces via les fonds secrets à M. Aucher et à vous-même?", se sont-ils étonnés. Le profil de M. Aurousseau semble particulièrement intéresser les enquêteurs qui relèvent, sur la foi des agendas saisis à son domicile, qu'il a rencontré huit fois M. Mongin (en général à Matignon) entre décembre 1994 et mai 1995.
Décidément incontournable, le président de l'association de financement voyait aussi beaucoup, à l'époque, François Lépine, qui assurait le suivi des contrats d'armement au ministère de la défense dirigé par François Léotard, ou encore Jacques Douffiagues, patron de la Sofresa, société d'Etat spécialisée dans les ventes d'armes, placé à ce poste hyper sensible par M. Léotard.
Coïncidences, a expliqué en substance M. Aurousseau. S'agissant de M. Lépine, il s'agissait selon lui de simples contacts "avec un collègue et un ami. J'ai dû lui apprendre que j'allais travailler au sein de l'AFICEB. Nous n'avons pas évoqué les contrats [d'armement]", a-t-il assuré. Quant à Jacques Douffiagues, il l'aurait rencontré dans le cadre d'un contrôle de la Cour des comptes sur la Sofresa. Coïncidence encore, MM. Aucher et Aurousseau sont tous deux des connaissances de Renaud Donnedieu de Vabres, l'homme-lige de François Léotard au ministère de la défense, au cœur des négociations avec les intermédiaires à l'occasion de la signature, fin 1994, des contrats d'armement suspects (Agosta, avec le Pakistan et Sawari II, avec l'Arabie saoudite).
Lors de ses auditions par la DNIF, dont l'Agence France Presse a publié des extraits le 31 décembre, M. Donnedieu de Vabres a été prié de confirmer qu'il avait, comme plusieurs témoins l'assurent, " imposé " dans ces deux contrats les hommes d'affaires Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir, soupçonnés d'avoir versé des rétrocommissions. "Comme intermédiaires bénéficiant de contrats, non. Comme personnes utiles par leurs informations, c'est tout à fait possible", a répondu l'ancien ministre de la culture.
Selon nos informations, les magistrats ne s'intéressent pas qu'au "lobbying" qu'aurait effectué M. Donnedieu de Vabres – mis en examen le 15 décembre pour "complicité d'abus de biens sociaux"- et son corollaire, l'éventuel financement illégal de la campagne de M. Balladur. Ils traquent aussi d'éventuels enrichissements personnels. Outre les vérifications effectuées sur les conditions dans lesquelles M. Balladur a acquis en 1996 une maison près de Deauville, les policiers s'intéressent au patrimoine de M. Donnedieu de Vabres.
Ils se sont notamment fait transmettre les déclarations de revenus de l'ancien ministre de 1999 à 2010 et ses avis d'imposition sur la période 1993-1995. Les enquêteurs examinent aussi les conditions dans lesquelles il a acquis, en octobre 1997, un appartement à Tours moyennant 520 000 F, somme payée comptant. Lors de sa première audition par la DNIF, le 13 décembre, M. Donneideu de Vabres a assuré qu'il avait à l'époque "souscrit un prêt à l'Assemblée nationale pour les trois-quarts du montant de l'appartement". "J'ai financé la différence avec mes produits d'épargne, qui venaient également d'une succession", a-t-il ajouté.
Gérard Davet et Fabrice Lhomme
Affaire Karachi : Sarkozy aurait validé un circuit de commissions en 1994
LEMONDE.FR avec AFP | 02.01.12 | 06h53 • Mis à jour le 02.01.12 | 08h28
Un ex-haut fonctionnaire a confirmé en décembre au juge qui enquête sur l'affaire Karachi que Nicolas Sarkozy, ministre du budget en 1994, avait validé la création d'une société luxembourgeoise servant à payer des intermédiaires dans des contrats d'armement, selon Libération lundi. Le journal s'appuie sur un procès-verbal d'audition du 2 décembre, devant le juge Renaud Van Ruymbeke, de Gérard-Philippe Menayas, ancien haut fonctionnaire du ministère de la défense et ex-directeur administratif et financier de la DCNI, branche internationale de la Direction des constructions navales (DCN), qui a vendu en 1994 au Pakistan des sous-marins Agosta.
M. Menayas est interrogé sur la création en 1994 au Luxembourg de la société offshore Heine, utilisée par la DCNI pour verser des commissions – qui seront légales jusqu'en 2000 – à des intermédiaires dans des contrats d'armement, dont ceux qui ont œuvré au contrat Agosta. "Il est clair que le ministère du budget a nécessairement donné son accord pour la création de Heine (...) Vu l'importance du sujet, cette décision ne pouvait être prise qu'au niveau du cabinet du ministre", a déclaré M. Menayas sur le procès-verbal cité par Libération.
Un rapport de la police luxembourgeoise de janvier 2010 a déjà mis au jour le fait que Nicolas Sarkozy, ministre du budget de 1993 à 1995, avait donné son accord à la création de Heine. Un document chronologique, non daté ni signé, saisi par la police à la DCN, évoque les circonstances de la création de Heine, mentionnant l'aval de Nicolas Bazire, directeur du cabinet du premier ministre de l'époque Edouard Balladur, et de Nicolas Sarkozy. Le juge Van Ruymbeke demande alors à M. Menayas de confirmer que "la mise en place de la structure Heine n'a donc pu se faire qu'avec le double accord des deux cabinets du ministre du budget et de celui de la défense", à l'époque François Léotard. "Oui (...) Je n'imagine pas qu'une telle décision ait pu être prise sans l'aval du cabinet du ministre", répond l'ancien cadre de la DCNI, faute de quoi "je n'aurais jamais obtenu (...) l'accord de la Direction générale des impôts (...) pour payer des commissions via Heine".
"TOTALEMENT ÉTRANGER"
Dans le volet financier de l'affaire Karachi, les juges tentent de déterminer si des rétrocommissions, alimentées grâce à l'intervention d'intermédiaires rémunérés par des commissions dans les contrats Agosta et Sawari II (avec l'Arabie saoudite), ont pu financer la campagne présidentielle de 1995 d'Edouard Balladur. L'ex-PDG de la DCNI, Dominique Castellan, mis en examen dans ce dossier le 13 décembre pour abus de bien sociaux, a également été interrogé par le juge Van Ruymbeke, selon son procès-verbal consulté par l'AFP.
"[Pour la mise en place de Heine] avez-vous sollicité ou informé vos autorités de tutelle [en 1994]?" demande le magistrat. "J'ignore totalement si on a demandé l'aval des autorités mais je suis sûr que nous avons informé le ministère des finances [auquel est rattaché le budget] que nous serions amenés à payer nos agents commerciaux par des virements sur des trustees à l'étranger", répond M. Castellan. En septembre, l'Elysée avait affirmé que le chef de l'Etat n'avait "jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne [celle de Balladur]", dont il était le porte-parole, et son nom "n'apparaît dans aucun des éléments du dossier".
M. Sarkozy est "totalement étranger" à cette affaire, "d'autant plus qu'à l'époque où il était ministre du budget, il avait manifesté son hostilité à ce contrat comme cela apparaît dans les pièces de la procédure", avait précisé la présidence. Un attentat perpétré à Karachi le 8 mai 2002 a fait 15 morts, dont 11 Français, employés de la DCN.
un article propulsé par TORAPAMAVOA :
http://torapamavoa.blogspot.com Clikez LIRE LA SUITE ci dessous pour lire la suite de l'article...^^
16/08/2011
Les documents Takieddine : la vérité de la présidence de Nicolas Sarkozy
.
Les documents Takieddine, dont Mediapart a commencé la publication le 10 juillet, dévoilent la vérité de la présidence de Nicolas Sarkozy. Et cette vérité est sale. Ayant pour fil conducteur l’argent noir des ventes d’armes, cette documentation sans précédent dans l’histoire de la République met à nu un système dont l’intérêt financier est le seul mobile, au détriment des lois en vigueur et de la morale publique.
http://libertesinternets.wordpress.com/2011/08/06/les-documents-takieddine-ou-la-sale-verite-du-sarkozysme/
Ces pratiques ou ces tentations ont toujours existé, et les affaires politico-financières qui ont terni les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac en témoignent abondamment. Mais jamais elles n’avaient été installées avec tant d’ampleur au coeur du pouvoir comme le démontrent nos révélations qui attestent la place centrale occupée par Ziad Takieddine dans le dispositif sarkozyste. Jamais elles ne s’étaient étendues à ce point jusqu’à contaminer le sommet de l’Etat, ses règles fonctionnelles et ses usages administratifs. Telle est la révélation des documents Takieddine : la promotion de la corruption au coeur du pouvoir exécutif.
Les documents Takieddine, dont Mediapart a commencé la publication le 10 juillet, dévoilent la vérité de la présidence de Nicolas Sarkozy. Et cette vérité est sale. Ayant pour fil conducteur l’argent noir des ventes d’armes, cette documentation sans précédent dans l’histoire de la République met à nu un système dont l’intérêt financier est le seul mobile, au détriment des lois en vigueur et de la morale publique.
http://libertesinternets.wordpress.com/2011/08/06/les-documents-takieddine-ou-la-sale-verite-du-sarkozysme/
Ces pratiques ou ces tentations ont toujours existé, et les affaires politico-financières qui ont terni les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac en témoignent abondamment. Mais jamais elles n’avaient été installées avec tant d’ampleur au coeur du pouvoir comme le démontrent nos révélations qui attestent la place centrale occupée par Ziad Takieddine dans le dispositif sarkozyste. Jamais elles ne s’étaient étendues à ce point jusqu’à contaminer le sommet de l’Etat, ses règles fonctionnelles et ses usages administratifs. Telle est la révélation des documents Takieddine : la promotion de la corruption au coeur du pouvoir exécutif.
01/07/2009
Torapamavoa s'invite dans l'interview Sarkozo - Présidentielle du Nouvel Obs

*Dans une interview donnée au Nouvel Obs Nicolas Micro Sarkozy fait des aveux publics :
"Torapamavoa avait raison sur toute la ligne...J'ai commis des erreurs."
Torapamavoa s'invite dans l'interview...*
*N. O. – On se souvient encore de l’échange plutôt vif que vous aviez eu avec Laurent Joffrin, le patron de "Libération" – il vous reprochait d’avoir "instauré une forme de pouvoir personnel, voire de monarchie élective" –, lors de votre conférence de presse de janvier 2008...
N. Sarkozy. – Je ne l’aurais plus aujourd’hui. Pas seulement en raison de la considération que j’ai pour l’intéressé. Mais en raison de l’idée que je me fais de ma fonction. Est-ce de cela dont je suis le plus fier dans mon début de mandat ? Certainement pas.
Torapamavoa. - Avouons cher President Leader minimo, que le fait de s'auto questionner si souvent pour donner une reponse à une question que l'on ne vous a pas posé, ressemble à s'y méprendre à une dissociation de votre personnalité, le syndrome Delon en version soft pour etre clair.Mais encore, l'idée que vous te faites de ta fonction (idée evolutive, maleable et adaptée à la conjoncture) n'en est pas moins inquietante pour autant.
N. O. – Tout récemment encore, à Bruxelles, vous avez éconduit un journaliste de l’AFP qui vous interrogeait sur les rebondissements dans l’enquête judiciaire sur l’attentat de Karachi.
N. Sarkozy. – Si ce journaliste m’avait demandé: "L’assassinat de nos compatriotes est-il lié à un différend franco-pakistanais à propos de commissions non payées ?", je lui aurais répondu que je n’en savais rien et qu’il fallait que la justice aille jusqu’au bout de la recherche de la vérité. Mais la question était : "Vous étiez ministre du Budget, vous souteniez Balladur dans la campagne présidentielle, il y a l’attentat de Karachi, est-ce que vous étiez dans le coup ?" Je fais de la politique depuis trente-cinq ans, je n’ai jamais été associé à un scandale quel qu’il soit, et pourtant on a enquêté sur moi sous tous les angles. Cela devrait vous rassurer d’avoir un président pointilleux sur les questions d’honnêteté. J’en ai connu d’autres qui disaient à la télévision: "Des écoutes ? Moi, jamais." Je ne suis pas capable d’une telle hypocrisie !
Torapamavoa - Wow Nico...Pourquoi que tu te l'enerve comme ça sur Karachi...
"jamais" associé à "aucun"scandale ?
Allez fermons les yeux ... :
piochons deux scandales au hasard :
Jeu de qui est cette phrase : «Tu sais ce que c’est d’être seul contre tous les Arabes ? De les avoir au téléphone ? Ils sont terribles, je te jure»
SARKOZY + RACHIDA DATI EN OFF / Torapamavoa
envoyé par torapamavoa. - Gag, sketch et parodie humouristique en video.
Honneteté ?
Pas capable d'une telle hypocrisie ?
Entendez :
des écoutes ? moi ? bien sur !
(...)
N. O. – Dans les deux premières années de votre mandat, vous n’avez donc commis aucune erreur ?
N. Sarkozy. – Certainement pas : j’ai commis des erreurs. Est-ce que tout ce qui m’est reproché l’est injustement ? Non. Il faut un temps pour entrer dans une fonction comme celle que j’occupe, pour comprendre comment cela marche, pour se hisser à la hauteur d’une charge qui est, croyez-moi, proprement inhumaine.
Torapamavoa - Fallait il que vous l'avouassassiez ?
Reproches justifiés.
Entrer dans une fonction...se hisser...une charge inhumaine...
Si t'etais pas pret fallait le dire au lieu de faire n'importe quoi !
M'enfin y'en a qui t'ont croivu.
Ceci dit Mary poppins n'etait pas toute fraiche non plus à l'epoque.
N. O. – La soirée du Fouquet’s, au soir de votre élection par exemple, c’est le péché originel du sarkozysme: le CAC 40, les patrons de presse amis, le show-biz !
N. Sarkozy. – Lorsque le général de Gaulle est revenu au pouvoir, en 1958, il avait organisé une conférence de presse dans un grand hôtel parisien, l’hôtel La Pérouse. Un de vos confrères a écrit: "Le général de Gaulle a reçu les journalistes dans cet hôtel où il a ses habitudes." Notons que le standing du La Pérouse ne faisait pas alors débat… Je n’avais pas mes habitudes au Fouquet’s. J’observe d’ailleurs que les critiques sur mes amis, ma vie…
N. O. – …Votre côté bling-bling !
N. Sarkozy. – Ces critiques avaient commencé bien avant le Fouquet’s. Cela correspondait à une époque de ma vie personnelle qui n’était pas facile et où j’avais à me battre sur plusieurs fronts. Je n’avais pas attaché à cette soirée une importance considérable. J’ai eu tort. En tout état de cause, à partir du moment où quelque chose n’est pas compris et fait polémique, c’est une erreur. Et si erreur il y a, ce n’est pas la peine de la recommencer
Torapamavoa - Mon Chouchou !! Ce n'etait pas facile alors je claquais la thune à qui mieux mieux.
Voilà un présage qu'il est bon !
Un aveu qu'il est doux !
Nous n'avons pas compris...donc polemique ..donc erreur...
Les gens sont trop cons de ne pas comprendre qu'ils ont un Président Blng bling depensier clinquant grossier et aculturé...
(…)
N. O. – Lorsque vous vous attaquez à un humoriste comme Stéphane Guillon sur France-Inter parce qu’il prend pour cible DSK, Martine Aubry ou vous-même d’ailleurs, vous sortez de votre rôle.
N. Sarkozy. – Je ne m’attaque à personne même si je considère que traiter sur le service public Mme Aubry de "pot à tabac" n’est pas respectueux de la dignité des personnes.
Torapamavoa - pour ce qui est de la dignité des personnes vous repassezrez..
Il faut voir la dignité de Gandrange...la dignité des sans papiers qui occupaient la bourse du ravail.;la dignité des Afghans ...la dignité en banlieue...plan de banlieue..pan de banlieue.Poin de banlieue.
N. O. – Mais c’est un humoriste qui dit cela.
N. Sarkozy. – Si M. Le Pen disait cela, je suis sûr que vous le dénonceriez.
Torapamavoa - oui !
amalgamons Humoristes et Racistes negationniste ... voilà un procédé elegant.
N. O. – Le prince doit laisser le bouffon faire son métier.
N. Sarkozy. – Je le pense tellement que c’est ce qui m’avait conduit en pleine campagne présidentielle à soutenir "Charlie Hebdo" dans son procès à propos des caricatures du Prophète.
Torapamavoa - Euh , il a dit le Prince là ...
Pas de réaction...
(on le pensait Roi ,nous...)
N. O. – Et ce Marseillais convoqué devant un tribunal pour avoir dit: "Sarkozy, je te vois", lors d’une intervention policière. Cette crispation autour de la protection de l’image du chef de l’Etat, c’est inquiétant pour les libertés.
N. Sarkozy. – Je suis désolé de cette affaire que j’ai apprise par la presse. C’est ridicule. J’en ai été choqué. Je n’ai porté plainte en aucune manière. Je ne comprends pas pourquoi cet homme a été poursuivi devant un tribunal de police. D’autres choses ont pu me blesser – et je n’ai pas réagi pour autant. Il y a des centaines de livres, d’articles dans lesquels je suis attaqué. Je n’ai jamais réagi, quoi que j’en pense. Je ferai ainsi tout au long de mon mandat. C’est le respect que je dois à ma fonction. Je ne peux pas réagir comme un simple citoyen, y compris au Salon de l’Agriculture !
Torapamavoa - il en aura fallu du temps pour comprendre !
N. O. – A la fin, à quoi vous jugerez que vous avez accompli la mission que vous vous êtes fixée ?
N. Sarkozy. – Je ne me regarde pas agir. J’agis. Je ne suis pas narcissique, je ne vais pas commenter ma propre action. C’est vous qui direz, librement, de manière critique, ce qu’il y a lieu d’en penser. J’ai un travail à faire. C’est mon devoir. J’ai pour moi-même et ceux qui travaillent à mes côtés une immense exigence, autour d’une obsession: moderniser notre pays. Faire en sorte que la France sorte plus grande et plus forte de la crise qu’elle n’y est entrée. Et je veux aussi que, quand je partirai, nous ne laissions rien à nos successeurs que nous n’aurions pu accomplir nous-mêmes.
Torapamavoa - Successeurs..."nous memes" ...Auriez vous déjà perdu en 2012 ?
un article propulsé par TORAPAMAVOA :
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19/11/2010
Karachi : Les familles de victimes insistent pour que le chef de l'État soit entendu par la justice
| Mathieu Foulkes Agence France-Presse Paris |
Le président français Nicolas Sarkozy est sous pression pour s'expliquer sur des soupçons de corruption et de financement politique en marge de la vente de sous-marins au Pakistan qui pourraient avoir indirectement provoqué un attentat anti-français à Karachi en 2002.
Les familles de victimes de cet attentat, qui avait fait 14 morts dont 11 Français, ont insisté jeudi pour que le chef de l'État soit entendu par la justice dans ce dossier.
22/11/2010
Karachi Gate : Juppé doit rendre des comptes !
.
Des familles des victimes de l’attentat vont réclamer l’audition du ministre de la Défense.
Après Nicolas Sarkozy, Edouard Balladur, Jacques Chirac et Dominique de Villepin, c’est désormais Alain Juppé qui est dans le viseur des familles de victimes de l’attentat de Karachi. "Nous allons demander dès demain (lundi) au juge Renaud Van Ruymbeke d'entendre M. Juppé car il était Premier ministre en 1995 au moment de l'arrêt des commissions", a indiqué Me Olivier Morice, avocat des familles.
La justice suit la piste de représailles pakistanaises à l'arrêt des commissions, décidé par Jacques Chirac en 1995, sur un contrat de vente de sous-marins Agosta, conclu par le gouvernement d'Edouard Balladur (1993-1995). Selon cette thèse, le tout nouveau président aurait mis fin aux transactions car il soupçonnait l’existence de rétro-commissions en direction de la France. Et, se murmure-t-il, en direction des caisses de campagne du candidat Balladur à l’élection présidentielle. Candidat dont le porte-parole n’était autre que Nicolas Sarkozy.
Des familles des victimes de l’attentat vont réclamer l’audition du ministre de la Défense.
Après Nicolas Sarkozy, Edouard Balladur, Jacques Chirac et Dominique de Villepin, c’est désormais Alain Juppé qui est dans le viseur des familles de victimes de l’attentat de Karachi. "Nous allons demander dès demain (lundi) au juge Renaud Van Ruymbeke d'entendre M. Juppé car il était Premier ministre en 1995 au moment de l'arrêt des commissions", a indiqué Me Olivier Morice, avocat des familles.
La justice suit la piste de représailles pakistanaises à l'arrêt des commissions, décidé par Jacques Chirac en 1995, sur un contrat de vente de sous-marins Agosta, conclu par le gouvernement d'Edouard Balladur (1993-1995). Selon cette thèse, le tout nouveau président aurait mis fin aux transactions car il soupçonnait l’existence de rétro-commissions en direction de la France. Et, se murmure-t-il, en direction des caisses de campagne du candidat Balladur à l’élection présidentielle. Candidat dont le porte-parole n’était autre que Nicolas Sarkozy.
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04/11/2010
Des journalistes de Mediapart auraient été "géolocalisés" lors de leurs enquêtes
Des journalistes de Mediapart auraient été "géolocalisés" lors de leurs enquêtes
Deux journalistes enquêtant sur les affaires Karachi et Bettencourt ont été pistés par les services français lors de leurs déplacements pour rencontrer leurs informateurs, affirment le site d'informations et les intéressés.
Deux journalistes enquêtant sur les affaires Karachi et Bettencourt ont été pistés par les services français lors de leurs déplacements pour rencontrer leurs informateurs, affirment le site d'informations et les intéressés.
21/11/2010
Karachi: Mediapart publie les documents qui désignent Sarkozy
.
L'Elysée a beau affirmer que l'affaire de Karachi «ne concerne en rien» Nicolas Sarkozy, les éléments contenus dans le dossier judiciaire démontrent le contraire. Plusieurs documents impliquent directement le chef de l'Etat dans ce dossier de corruption qui ébranle sa présidence. Mediapart les publie. un article propulsé par TORAPAMAVOA :
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Karachi: les documents de l'enquête qui désignent Sarkozy
L'Elysée a beau affirmer que l'affaire de Karachi «ne concerne en rien» Nicolas Sarkozy, les éléments contenus dans le dossier judiciaire démontrent le contraire. Plusieurs documents impliquent directement le chef de l'Etat dans ce dossier de corruption qui ébranle sa présidence. Mediapart les publie. un article propulsé par TORAPAMAVOA :
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