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20/12/2011
La Décroissance présente « José reviens »
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19/05/2011
Vivre dans une yourte? la cour d'Appel de Toulouse dit : oui
AFP
Par Par Emmy VARLEY | AFP – jeu. 19 mai 2011
Tom et Léa défendaient leur droit de vivre dans une yourte en Ariège et la cour d'appel de Toulouse leur a donné raison: les défenseurs de ce type d'habitat dit alternatif et respectueux de l'environnement espèrent que l'arrêt fera avancer leur cause.
"On ne s'attendait pas à ce qu'il y ait un peu de bon sens et de bienveillance à notre égard", a commenté Tom Laporte, 29 ans, en sortant de l'audience, un canotier vissé sur la tête. "Mais la justice s'est montrée juste. On a gagné le droit de vivre dans notre yourte, c'est enthousiasmant".
"On s'est battus pour quelque chose", a relevé pour sa part Léa Lefèvre, 28 ans, visiblement émue et oppressée par les caméras se massant autour d'elle.
Les deux jeunes gens, elle maraîchère bio, lui technicien cordiste, avaient été condamnés en première instance en février 2010 à Foix pour défaut de permis de construire.
Si l'enjeu pénal était minime (200 euros d'amende), ils avaient l'obligation de démonter l'objet du délit sous astreinte de 10 euros par jour de retard.
De nombreux soutiens s'étaient mobilisés contre l'obstination de l'administration de l'équipement, alors que les contrevenants avaient l'accord du propriétaire du terrain et de la maire de la commune, Arrout (60 habitants), près de Saint-Girons (Ariège).
Leur yourte, tente traditionnelle des nomades d'Asie centrale, était devenue l'emblème du droit au logement alternatif, dont les exemples sont nombreux en France, en particulier dans le Sud.
Leur avocate, Caroline Mecary, s'est félicitée d'une "belle victoire" susceptible le cas échéant de faire jurisprudence.
Tout en soulignant qu'elle ne disposait pas encore des attendus de la cour d'appel, Me Mecary a rappelé avoir plaidé "l'erreur de droit", c'est-à-dire une législation inapplicable et le fait que la yourte était une "habitation légère de loisir" et, à ce titre, dispensée de permis de construire. Si la cour a retenu l'un ou l'autre argument pour fonder sa relaxe, la décision s'appliquerait à toutes les personnes dans ce cas, a-t-elle souligné.
Noël Mamère, député-maire Europe Ecologie-Les Verts de Bègles (Gironde), venu témoigner en faveur du couple à l'audience, le 17 février, a lui aussi espéré que l'arrêt fasse avancer la cause des habitats alternatifs, recommandant à la gauche, en cas de victoire en 2012, "de remettre sur le métier" une proposition de loi présentée par les écologistes fin 2009 sur ce type de logements.
"Il faut que ce jugement fasse jurisprudence et qu'on arrête de pourchasser tous ceux qui choisissent ce mode de vie", a-t-il dit jeudi à l'AFP par téléphone. Il s'agissait d'une "mauvaise querelle faite à deux jeunes, qui ont été acceptés par le village, qui contribuent à reconquérir des friches agricoles et qui vivent d'une manière très écologique et très naturelle, en parfaite harmonie avec le village et le paysage".
L'association Halem (Habitants de logements éphémères ou mobiles) a espéré elle que l'arrêt influe sur "toutes les poursuites en cours contre les habitats atypiques", alors que, selon la Fondation Abbé Pierre, plus de 8 millions de personnes sont concernées à des degrés divers par la crise du logement.
"On a des problématiques d'installation en milieu rural" et il "faudrait qu'ils se rendent compte qu'il y a des solutions qui existent et qui ne sont pas onéreuses", a déclaré Paul Lacoste, militant de l'association. "On dirait que c'est ça qui fait peur, le fait que les gens se prennent en charge".
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28/11/2008
La hausse du chômage en octobre reflète la dégradation rapide de l'activité
Le mois dernier, le gouvernement avait accueilli sans forfanterie la « hausse limitée », à 8.000, du nombre de demandeurs d'emploi en septembre, conscient que le rythme pourrait rapidement s'accélérer. Hier soir, les chiffres de l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) n'ont pas démenti ses intuitions : en octobre, 46.900 nouvelles inscriptions en catégorie 1 (demandeurs d'emploi à la recherche d'un temps plein en CDI et ayant travaillé moins d'un mi-temps dans le mois) ont été enregistrées, soit une hausse de 2,4 % par rapport au mois précédent. Sur un an, la hausse atteint 4,4 % et la barre des 2 millions de chômeurs (2.004.500) est à nouveau franchie, alors que la France s'en était éloignée depuis mai 2007, date de l'élection de Nicolas Sarkozy.
Licenciements économiques
Symbole politique, la nouvelle première secretaire du PS, Martine Aubry, a demandé hier « un changement radical de politique économique ». Le nombre de demandeurs d'emploi reste néanmoins très loin du record de 3,14 millions de chômeurs enregistrés en juin 1997. En Allemagne, toutefois, c'est encore une baisse du nombre de demandeurs d'emploi qui a été comptabilisée (lire ci-dessous).
Alors qu'en France, la hausse - quasi similaire (+ 2,2 %) - du mois d'août avait reflété le coup d'arrêt aux recrutements dans l'intérim, celle d'octobre avalise la dégradation généralisée de l'activité. En octobre, se sont succédé, dans les entreprises, des mesures de chômage technique, l'annonce de plans de départs volontaires ou de licenciements, ainsi que des ouvertures de procédures de redressement ou de liquidation judiciaire de grandes PME (Camif, Voyages Wasteels, Moteurs Baudouin, Switch...).
Si les salariés concernés par le chômage partiel ne sont pas comptabilisés comme chômeurs (car leur contrat de travail perdure), le nombre d'entrées à l'ANPE pour licenciement économique a crû de 5,1 % sur les trois derniers mois par rapport aux trois mois précédents, et celles pour fin de mission d'intérim de 11,5 %. Au sein des nouveaux chômeurs, les jeunes (+ 4,3 %) sont particulièrement touchés, signe aussi, probablement, d'une frilosité dans les recrutements.
L'Insee publiera jeudi prochain son estimation du taux de chômage au troisième trimestre. Etabli à 7,2 % de la population active au deuxième trimestre, l'OCDE le prévoit à 7,5 % en décembre. La dégradation se poursuivrait au moins jusqu'en 2010, parie l'OCDE, avec un taux de chômage qui culminerait alors à 8,7 %.
Longue mise en oeuvre
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, se rend aujourd'hui chez Valeo au chevet de la sous-traitance automobile. Hier, elle a prévenu que les aides consenties aux constructeurs seraient conditionnées : « Nous n'aiderons et nous ne soutiendrons le secteur qu'en contrepartie d'engagements précis sur le niveau d'emploi, sur le maintien de la recherche et développement sur le territoire français et sur des décisions en matière de localisation de production », a-t-elle indiqué au Sénat. Le gouvernement a multiplié, ces dernières semaines, les annonces pour amortir la hausse du chômage : relance des contrats aidés dans le secteur non marchand, extension du contrat de transition professionnelle (CTP), amélioration de la convention de reclassement personnalisée (CRP), revalorisation de l'indemnisation du chômage technique, etc.
Certains dispositifs, toutefois, restent limités ou longs à mettre en oeuvre. En octobre, le nombre d'entrées en contrat d'accompagnement à l'emploi et en contrats d'avenir a de nouveau ralenti, à moins de 20.000, alors qu'une relance est engagée depuis l'été. Sur le chômage partiel, les partenaires sociaux attendent, avant de réécrire l'accord de 1968, le montant de l'engagement financier de l'Etat (lire ci-dessous). Et l'extension de 7 à 25 zones proposant le CTP, pour les licenciés économiques, prendra aussi du temps. Hier, enfin, la présidente du Medef, Laurence Parisot, a indiqué que le négociateur patronal à l'Unedic proposerait aux partenaires sociaux de mettre l'amélioration de la CRP « en premier dans la négociation ».
28/05/2008
La Cour des comptes juge le déficit 2007 de l'Etat artificiellement sous-évalué
"Comme tous les ans, nous avons en effet constaté une série d'opérations de gestion qui visent à limiter le déficit budgétaire de l'Etat en fin d'année", a souligné le premier président de la Cour, Philippe Séguin, en présentant à la presse le rapport sur "les résultats et la gestion budgétaire de l'Etat" en 2007.
Le projet de loi de règlement retient pour 2007 un déficit de 34,7 milliards d'euros, en amélioration de 4,3 milliards par rapport à celui de 2006 (39 milliards).
Mais, d'une part, le déficit de 2006 avait été artificiellement gonflé, à hauteur de 3,3 milliards, par une modification du calendrier du versement des pensions des fonctionnaires, ce qui limite en réalité l'amélioration à 1 milliard d'euros en 2007.
D'autre part, l'exercice 2007 inclut une cession de titres EdF pour un montant de 3,74 milliards destinés à financer les universités.
Enfin, la Cour relève qu'un certain nombre de dépenses de l'Etat ont été effectuées à tort "hors budget", pour environ 5,7 milliards au total.
Si l'on réintègre ces opérations exceptionnelles et irrégulières dans le budget, le déficit de l'Etat se monte au total à 44,12 milliards d'euros fin 2007, soit une dégradation de près de 8,5 milliards d'euros par rapport à 2006.
En termes de comptabilité générale, qui prend en compte non seulement les dépenses et les recettes mais aussi les "ressources" et les "charges", le "résultat patrimonial" de l'Etat est passé de -31,6 milliards d'euros en 2006 à -41,4 milliards en 2007, soit une dégradation de 9,8 milliards.
"Cela signifie que l'amélioration de la situation budgétaire n'est qu'apparente. En réalité les principaux équilibres se sont dégradés", a résumé Philippe Séguin, alors que la France s'apprête à recevoir mercredi une "recommandation" de Bruxelles sur la dérive de son déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales).
Revenant sur les "débudgétisations", M. Séguin a notamment pointé du doigt l'avance faite par le Crédit Foncier à l'Etat pour financer les primes dues aux banques pour la clôture des plans d'épargne logement (600 millions d'euros).
"La Cour critique également vivement le montage financier auquel il a été recouru pour régler une partie de la dette de l'Etat envers la sécurité sociale", a déclaré M. Séguin.
"Cette dette, d'un montant de plus de 5 milliards d'euros résultait de l'insuffisance, année après année, des dotations budgétaires destinées à rembourser" cette dette, qui a finalement été réglée "par un singulier tour de passe-passe", sans aucun décaissement de la part de l'Etat et donc sans aucune trace sur le budget, a-t-il déploré.
Selon M. Séguin, la dette de l'Etat vis-à-vis du régime général de la Sécurité sociale, que cette opération était censée solder, "s'est reconstituée à fin 2007 à hauteur de 2,5 milliards, ce qui traduit au minimum une sous-budgétisation manifeste".
23/05/2008
Les pauvres polluent, les riches gaspillent !!!
Le député (UMP) George Tron, président du Conseil immobilier de l'Etat, dénonce des dérives dans la gestion des bâtiments publics et un mode de gestion bien éloigné des économies annoncées par le président Sarkozy
Le projet de rapport d'information parlementaire, signé par les députés Yves Deniaud (UMP) et Jen-Louis Dumont (PS), sur les suites données au préconisations de la Mission d'évaluation et de contrôle (MEC), fait état de sérieux dysfonctionnements dans cette gestion immobilière. Le député George Tron (UMP), estampillé villepiniste, préside cette MEC et aussi le Conseil de l'immobilier de l'Etat (CIE). Pour Libération.fr, il détaille les conclusions dépitées de ce projet de rapport qui montre que l'Etat ne réalise pas les économies qu'il souhaite ou dit réaliser, loin s'en faut.
Confirmez-vous les conclusions du projet de rapport d'information sur la gestion immobilière de l'Etat, qui fait état de sévères dérives?
Il faut dire les choses avec clarté. Le problème dont nous parlons est ni plus ni moins qu'un manque de centralisation sur la gestion du patrimoine immobilier de l'Etat. Le ministre de la Réforme fait attention à la gestion du parc immobilier de l'Etat mais il y a une carence du pouvoir donné à France domaine, qui est censé être le bras séculier de l'Etat dans la gestion immobilière. Les ministère entendent conduire leur politique immobilière seuls. Il y a donc un risque de retour à une gestion calamiteuse que nous avons déjà signalée en 2005.
C'est-à-dire?
La Mission d'évaluation et de contrôle (MEC) est chargée d'évaluer la façon dont l'Etat gère son patrimoine immobilier. En 2005, j'en étais déjà le président. Du reste, le Conseil de l'immobilier de l'Etat (CIE) a été créé en 2006 après notre rapport très critique de 2005. Grâce à lui, on a fait la moitié du chemin. Mais les ministères sont en train de reprendre la tutelle sur la gestion de leur patrimoine. On rentre à nouveau dans le cycle de la folie immobilière. Cette volonté est contraire à celle affichée par le gouvernement dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP, lancée par Nicolas Sarkozy en juillet 2007 pour diminuer la dépense publique tout en renforçant l’efficacité et la qualité de l’action publique, ndlr), qui est censée réaliser des économies.
De quoi s'agit-il?
France domaine est court-circuité par les ministères: il n'y a pas assez de poids mis par le pouvoir politique pour contrer les administrations centrales et les ministères. Ces derniers souhaitent récupérer leur autonomie dans la gestion de leur parc immobilier. Ils contredisent le rapport de 2005. C'est une situation ubuesque qui engloutit des centaines de millions d'euros si on n'y prend pas garde et va aboutir à rendre caduques tous les efforts de la RGPP.
Quelques exemples?
Le ministère de la Culture n'empêche pas le Louvre d'aller louer quelques centaines de mètres carrés au centre de Paris à un prix très largement supérieur à celui du marché. Brice Hortefeux, lui, veut installer son équipe du ministère de l'Immigration dans le centre de Paris. Cela entraîne une opération immobilière extrêmement onéreuse, dans un des immeubles les plus chers de Paris au mètre carré. Le ministère de l'Equipement, pour sa part, veut faire construire des tours pour 700 millions d'euros. De leur côté, les Affaires étrangères, qui ont déjà racheté l'imprimerie nationale pour 400 millions d'euros l'an passé [bâtiment qui avait été vendu par l'Etat quatre fois moins cher en 2003, ndlr], souhaitent maintenant faire construire un bâtiment, pour 100 millions d'euros, qui n'accueillerait que trois ou quatre conférences par an... Enfin, le ministère de la Justice, dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire de Dati, va supprimer 300 tribunaux. Pour ce faire, il va devoir opérer des regroupements de services. Ce qui induit de nouvelles locations, acquisitions ou constructions. Non seulement, il n'y aura pas d'économies de réalisées, mais il y aura de nouvelles dépenses.
Quid de l'entretien de ces bâtiments ministériels, qui semble également poser problème?
C'est effectivement une autre dérive constatée. Les ministère ne considèrent pas l'entretien comme prioritaire. Résultat, ils négligent cette question, et après cela coûte plus cher de faire les travaux nécessaires. A terme, cela va nous ruiner.
Trois ans après vos premières mises en garde, rien n'a donc changé dans cette gestion calamiteuse?
L'intérêt que je poursuis, c'est de montrer la réalité. J'adhère totalement à la démarche de la RGGP mais cette dernière peut être contrariée par des gens complètement à côté de la plaque. Je préfère tout de suite tirer la sonnette d'alarme. Du reste, j'en ai parlé à Claude Guéant [conseiller à l'Elysée] et je lui ai fait une note de six pages pour lui rendre compte de mes observations. Moi, j'ai deux inquiétudes: l'immobilier et la fonction publique. Et l'intérêt est de se placer dans la droite ligne de celui de la RGGP. C'est tout. Car le mode gestion actuel va avoir l'effet inverse à celui escompté.
25/04/2008
Casseurs de pub sur la toile / Mai 2008

Casseurs de pub sur la toile
http://www.casseursdepub.org
I - LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 2 MAI
II - EXPEDITION DE LA DECROISSANCE
III - DU 21 AU 27 AVRIL 2008 : SEMAINE INTERNATIONALE SANS TELE
IV - PROCES DE DEUX DEBOULONNEURS LE 14 MAI A LYON
I - LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 2 MAI
Le numéro de mai de La Décroissance "Malpolitique Malbouffe" sera en kiosque le 2 mai.
http://www.ladecroissance.net/
II - EXPEDITION DE LA DECROISSANCE
Le numéro 49 de La Décroissance (mai) sera expédié depuis les bureaux de Casseurs de pub le lundi 28 avril de 14h à 20h. Nous expédions le journal sous bande papier grâce à votre aide, ce qui évite l'emballage plastique. N'hésitez pas à passer nous prêter main-forte, de quelques minutes à toute la soirée. Un repas ensemble clôture la soirée.
Les Ateliers, 9, rue Dumenge, Lyon 4e. Métro Croix-Rousse.
http://www.ladecroissance.net/
III - DU 21 AU 27 AVRIL 2008 : SEMAINE INTERNATIONALE SANS TELE
Pour la semaine internationale sans télé sont organisées à travers la France des rencontres, soirées-jeux, conférences, expos, lectures, balades... Il y a beaucoup d'alternatives à l'abrutissoir !
Voir ces initiatives sur notre site :
http://www.casseursdepub.org
IV - PROCES DE DEUX DEBOULONNEURS LE 14 MAI A LYON
Deux déboulonneurs qui avaient pourtant été condamnés à une dispense de peine en 2007 se voient à nouveau convoqués à l'ancien palais de justice de Lyon (Quai Romain Rolland, St Jean) le mercredi 14 mai à 13h30. N'hésitez pas à venir les encourager. Un concert de soutien est également prévu le 25 avril à 19h30 au bar « De l'autre côté du pont », 25 cours Gambetta.
http://www.deboulonneurs.org/
10/04/2008
Semaine sans télé 2008 du 21 au 27 avril !

**Allez, sors de cette boîte ! Tu y es enfermé en moyenne 3 h 30 par jour. Tu ne vas passer ta vie dans cette prison mentale. Tu vas pas laisser tous ces animateurs débiles t'avilir. La semaine sans télé, c'est l'occasion de briser la glace, de se libérer de cette machine à abrutir. Allez viens, on a une vie à vivre et un monde à transformer.
Télécharger l'affiche (pdf)
**
Merci de nous informer des actions, débats, rencontres entre voisins... que vous organisez à :
L'association « enfance-télé : danger » organise des rencontres, jeux, conférences... à Wimereux (62) du 26 mars au 4 avril : Programme (pdf)
Du télé-formatage
1- L’hypnose.
Le premier effet idéologique de ce divertissement à alibi informatif qu’on nomme « télévision » consiste à vous dissuader d’aller regarder ailleurs. Ce qu’offre le poste, c’est tout tout de suite. Il flatte en nous le fantasme d’une saisie globale du monde par l’image. Cette promesse de totalité est aussi promesse d’immédiateté. Un grand vertige s’empare alors du citoyen. Va-t-il louper cette totalité offerte à son regard !
Cette offre de possession du monde est l’arme absolue qui soumet nos cerveaux au système publicitaire. Je suis chaque soir happé par ce que je veux happer. Les programmes télévisés, leurs présentations dans le journal, les bandes-annonces qui les rappellent au fil du jour, les conseils amicaux de ceux qui croient devoir s’insérer dans la culture de l’époque, tout jalonne notre existence de rendez-vous à ne pas manquer : le journal de telle heure, l’émission hebdomadaire de tel animateur, le documentaire spécial de telle chaîne, le film célèbre d’un « immense » réalisateur des années X… De sorte que les meilleures des émissions deviennent les pires dès lors qu’elles inscrivent dans nos cerveaux l’impératif social du « devoir regarder ».
Régnant sur « tout ce qui se passe », la télévision s’octroie le monopole du « réel ». Puisqu’elle peut aller partout, rien ne lui échappe. Elle chasse les événements-images et les images-événements, elle les produit quand elle ne les trouve plus. Elle vous impose ce qu’elle montre en semblant vous « l’expliquer ». Qu’il s’agisse de petits épisodes concrets, de faits dramatisés, ou de « scoops » carrément inventés, elle semble dominer le « réel » dont elle se fait l’écho. Elle détermine ce qui « fait l’actualité », elle maîtrise « ce qui arrive ».
Pire : la réalité propre du citoyen spectateur se trouve, à tout instant, dévalorisée par les mille et une « réalités » sociales ou mondiales dont on le bombarde en permanence. La télévision disqualifie tout ce qui ne passe pas à la télévision, c’est-à-dire la majeure partie de ce que vivent les hommes. Et voilà celui qui croyait dévorer le monde par les yeux n’éprouver, chaque soir, que sa totale impuissance sur ce monde dont dépend sa vie.
Cette impuissance du spectateur a ses consolations : la « qualité » du spectacle. Mais voilà qui engendre un autre trait pervers. Car ne vaut, pour la télévision, que ce qui mérite d’être « vu ». Ne vaut que ce qui vaut d’être « exhibé ». Primauté du visuel bien palpable, du dramatique à souhait. S’il le faut, on arrange les faits, les témoignages, les séquences visuelles ; on réduit, on tronque, de peur que le téléspectateur « décroche ». Non seulement, le « réel » a été sélectionné en raison de sa qualité spectaculaire, mais voici que le spectacle prend de plus en plus la place du réel, puis devient le seul réel susceptible d’intéresser un public trop bien conditionné.
Cela se fait par degrés. On commence par tourner en dérision certains aspects trop « sérieux » de la réalité, notamment du monde sociopolitique, dont les acteurs croient devoir devenir des « vedettes ». Puis la télé se met à mimer ou à produire un réel plus réel que le réel (et donc falsifié), avec la profusion des « reality shows » et autres docudrames, sans parler de ces émissions-laboratoires où des cobayes humains vivent des expériences intimes-exhibées, propres à faire fantasmer le public dit « réel ».
Et voici que la TV, transformant dés lors la réalité en simple illustration du monde fictionnel, donne lieu à des journaux avec interview d’assassin, preneur d’otages en direct, événements filmés dans leur déroulement à la manière d’un film-catastrophe, de sorte que le monde factuel n’est plus que la caution d’un imaginaire frelaté, – celui où baignent les dramaturges à téléfilms... Tout devient image, virtualité. Le seul repère concret, qui se couvre lui-même des oripeaux du spectacle, demeure alors l’appel publicitaire dans toute sa contagieuse trivialité.
4- L’omnipub : tout se consomme.
À l’origine de ce monde falsifié, il y a en effet la tyrannie publicitaire. C’est elle qui, apprenant les cerveaux à ne juger du produit que par le spectacle du produit, a habitué le public-enfant à ne juger du monde que par le spectacle du monde. Ce faisant, elle a soumis le petit écran au dévergondage de l’ordre marchand, qui enseigne que tout se consomme, et qu’il n’est d’autre but que de vendre et de se vendre. Tout devient annonce, « showbiz » et promotion. Voici les stars du spectacle, y compris les vedettes du champ politique, qui se donnent elles-mêmes à « consommer » comme figures emblématiques du nouveau savoir-vivre, et se répandent en confidences biographiques, en éloges mutuels et en rires euphoriques, dans un total déni de la réalité tragique qui est celle du monde contemporain.
En parfaite osmose avec l’ordre publicitaire, la télévision cultive chez ses habitués une seule et même pulsion consommatrice, au mépris de leur humanité. L’événement se consomme, les produits et les stars se consomment, les « valeurs » humaines se consomment – images virtuelles parmi d’autres –, si bien que les discours dérangeants, voire les prophètes de notre monde, convertis en « signes » d’authenticité, se « gobent » sans frémir entre un spot sirupeux et un sketch bien vulgaire, le tout relié par le bavardage complaisant d’animateurs qui s’imaginent incarner le public.
Le grand alibi des « pros » de la télé est de se faire le miroir du « public », assimilé à l’Opinion, et considéré comme équivalent du « peuple ». La démocratie cathodique consisterait, sondages à l’appui, à refléter les gens tels qu’ils sont.
En réalité, la TV ne constitue les citoyens en « public », supposé majoritaire, que pour imposer cet invisible poids du public à chaque citoyen. La télévision, c’est vous : allez-vous échapper à cette projection de vous-mêmes ? La télévision, c’est l’évidence du monde : allez-vous lui opposer une conscience (critique) fondée sur votre expérience personnelle ou sur d’autres approches ? Non, il faut tout accepter en bloc, et vous soumettre à la modernité qui vous est présentée, sous peine de vous opposer suicidairement à votre propre époque et à vos propres concitoyens.
Au spectateur sans pouvoir, il ne reste donc comme compensation que la rage de voir. Consommer des signes faute d’agir sur le réel. Je veux de l’exploit sportif, je veux de la météo sponsorisée, je veux des jeux d’argent, je veux des séquences de violence ou de sexe, je veux des gros plans sur le visage buriné de compassion de mère Térésa autant que sur les formes inouïes de la dernière Star sexy (dont Télé 7 jours me précisera les mensurations). Une seule chose hante désormais ma vraie vie privée bien à moi : voir, voir toujours plus, devenir le voyeur de la vie des autres, qu’elle ressemble à la mienne ou qu’elle la surcompense.
À cette surintensité du voyeurisme, quasi structurelle, répond l’essor sans frein de l’exhibitionnisme sur le petit écran. Connivence sexuelle, dégustations sado-macho, apitoiement savoureux sur les drames, sanglantes sensations d’un thriller, image insoutenable d’un innocent qui meurt en direct. Dévoiler l’horrible, garder les yeux ouverts : degré suprême où communient le voyeurisme des uns et l’exhibitionnisme des autres.
7- Le vide intérieur.
Dans sa logique actuelle, le système télévisuel vampirise l’intériorité des personnes. Il vide chacun de sa substance, pour ne l’emplir que de ses exhibitions factices. Il tue la culture dans la façon même dont il la célèbre. Certes, objectera-t-on, il y a parfois de « bonnes » émissions, comme il y a nombre de citoyens qui savent user de façon restreinte et sélective de la boîte à images. À quoi l’on répondra, en pastichant Pascal, que la télévision est d’autant plus nocive qu’elle ne l’est pas toujours, car il est hors de doute qu’elle va globalement aujourd’hui dans le sens d’un asservissement mental des peuples.
En somme, c’est l’une de ces mauvaises choses dont il faut savoir ne pas abuser…
François Brune, auteur de Les médias pensent comme moi ! (L’Harmattan, 1997).
Association « enfance-télé : danger »http://enfanceteledanger.free.fr/
Brisons nos chaînes !bioventure.ouvaton.org/RAT.htm
Semaine sans télé à Liège (Belgique)http://www.grappebelgique.be/breve.php3?id_breve=536
White dot (Royaume-uni)http://www.whitedot.org/issue/fix_tvturnoffweek.asp
Semaine sans télé internationalewww.tvturnoff.org/
Stop TVhttp://www.stop-tv.com/
Semaines sans télé 2007 - 2006 - 2005 - 2004 - 2003 - 2002 - 2000 et 2001
25/03/2008
Le Sarkophage

Torapamavoayens consultez !!
Extrait :
Pour le repos dominical. Contre les nocturnes commerciaux. janvier 2008
Le gouvernement Sarkozy a choisi de faire du travail le dimanche le grand symbole de sa politique à la fois antisociale et anti-environnementale au nom du dogme économique parfaitement résumé dans son slogan de campagne « travailler plus pour consommer plus ».
Les anti productivistes ne sont pas étonnés que ce pouvoir à genoux devant les milieux d'affaires veuille en finir avec l'un des derniers emblèmes d'une société qui se refuse à être uniquement une société économique composée de forçats du travail et de la consommation. La faiblesse des réactions du mouvement social n'est pas davantage pour nous surprendre car cette remise en cause du repos dominical traduit une victoire bien antérieure dans les têtes… Nous sommes pourtant convaincus qu'il est possible de résister et de créer sur ce terrain un rapport de force qui dépasse les clivages sociaux, politiques ou confessionnels habituels.
L'anti productiviste que je suis se moque éperdument que ce jour tombe un dimanche : l'essentiel est que toutes les sociétés ont toujours admis la nécessité d'avoir (au minimum) un « jour différent » pour se livrer à d'autres activités que celles qui assurent la vie économique. Faut-il rappeler que 150 jours au moyen âge n'étaient pas travaillés car consacrées à Dieu ?
Je ne fréquente personnellement aucune église mais j'ai, durant toute ma vie, fait mille autres choses le dimanche que travailler ou consommer comme faire la grasse matinée, distribuer des tracts sur le marché, partager un repas avec des amis, faire la sieste, bouquiner, etc. Tout cela n'a vraiment de sens que parce qu'une loi impose au nom de l'intérêt général de rompre avec le rythme habituel, bref à sortir de la routine pour imposer une autre temporalité et avec elle d'autres bruits dans ma ville, d'autres odeurs, d'autres gestes, d'autres regards, etc.
http://www.lesarkophage.com/actualite-pour-repos-dominical-contre-nocturnes-commerciaux.html
**La suite et fin de ton message blog.**
10/12/2007
Sarko escroc, le peuple aura ta peau !
10 décembre 2007
L’une des premières lois du nouveau gouvernement s’appelait TEPA : travail, emploi et pouvoir d’achat. Quelques mois plus tard, il faut déjà en faire une autre sur le pouvoir d’achat. Cela veut dire que la précédente ne suffisait pas. Son seul effet immédiat était un nouveau cadeau aux riches et aux accédants à la propriété.
Pour les salariés qui ont la « chance » d’en faire, il n’y avait que les heures supplémentaires mieux payées et défiscalisées (au frais de l’Etat). La nouvelle loi est donc une sorte de loi de rattrapage qui prévoit de lâcher du lest aux locataires jusque là oubliés, de permettre aux petites entreprises de verser une prime de 1000 euros nette de cotisations, et, juste en passant, de donner le coup de grâce aux 35 heures et d’arroser les petites entreprises de nouveaux cadeaux fiscaux annoncé par Sarkozy devant un parterre de patrons enthousiastes.
C’est plutôt habile : Sarkozy rebondit sur le mécontentement en feignant d’y répondre, et en profite pour porter l’estocade. Les RTT pourront être rachetées individuellement et les 35 heures pourront carrément disparaître, en fonction d’accords signés entreprises par entreprises. Les syndicats seront ainsi coincés entre la défense générale d’un acquis social et la pression de salariés à qui les patrons feront miroiter la possibilité immédiate de gagner plus. Le Medef a toutes les raisons de se frotter les mains.
Une partie des salariés aura effectivement la possibilité de gagner plus en travaillant plus si les patrons leur en donnent l’occasion. Mais, à terme, c’est l’ensemble des salariés qui ont tout à y perdre. Première raison : les effets sur l’emploi vont être désastreux. 2008 devrait être marqué par un ralentissement de la conjoncture et croissance et les mesures du gouvernement vont inciter les entreprises à recourir aux heures supplémentaires ou au rachat des RTT plutôt qu’à embaucher.
Deuxième raison : le recours à ces compléments de salaires va servir de substitut aux augmentations générales. Les patrons auront beau jeu de répéter jusqu’à plus soif le fameux slogan : vous voulez gagner plus, eh bien travaillez plus ! Ils se trouveront dans une position renforcée aussi par l’individualisation et les divisions résultant de l’accès inégal des salariés à ces mesures.
Troisième raison : si le pouvoir d’achat individuel n’augmente plus que par allongement de la durée du travail, cela veut dire que le salaire horaire est bloqué. Dans ce cas, la part des profits augmente au détriment de celle des salaires, puisque que les patrons peuvent capter l’intégralité des gains de productivité. Ce n’est donc pas une réponse à la revendication de pouvoir d’achat.
Les dernières données de l’Insee ont montré que le revenu salarial annuel stagnait depuis 20 ans, « redécouvrant » un résultat établi il y a plusieurs mois par le Cerc. Mais les comptes nationaux montrent aussi que la part des salaires a légèrement augmenté sur les dernières années. Pour réconcilier ces données contradictoires, il faut prendre en compte deux phénomènes. Le premier est que les grands groupes du CAC 40 réalisent les deux tiers de leur chiffre d’affaires - et donc une proportion similaire de leurs profits - à l’étranger. Le second est que les très hauts salaires représentent une fraction croissante de la masse salariale tandis que la précarisation de l’emploi fait progresser la proportion de bas salaires.
Les récentes mesures pour le pouvoir d’achat, comme celles sur les heures supplémentaires, ne vont pas résorber ces distorsions, parce qu’elles vont s’appliquer à l’aveuglette, et n’auront qu’un effet transitoire faute de poser le principe d’une progression générale des salaires plus équitable. Selon que vous travaillez dans un grand groupe ou une petite entreprise, que vous pouvez ou non faire des heures sup, que vous êtes un homme à temps plein ou une femme à temps partiel, que vous êtes à 35 heures ou à 39 heures, que vous êtes au forfait-heures ou non, la progression de votre salaire sera différente dans les mois à venir. Sans oublier que si vous êtes chômeur, votre chance de retrouver un emploi sera diminuée par les mesures prises.
Et puis, dans six mois ou dans un an, viendront les mesures fiscales (TVA ou CSG, « sociales » ou pas) qui destinées à récupérer, et au-delà, les gains éventuels de pouvoir d’achat. Entre les mesures cosmétiques et la réalité perçue, la course de vitesse est donc engagée avec, en ligne de mire, le nécessaire « tous ensemble ».
Michel Husson, économiste, administrateur de l’ INSEE, chercheur à l’ IRES (Institut de recherches économiques et sociales), membre de la Fondation Copernic. Auteur entre autres, de "Les casseurs de l’ Etat social", La Découverte.
28/10/2007
Le Munich de l'écologie

Le Munich de l'écologie
Nicolas Sarkozy parle de « révolution verte ».
Ce Grenelle de l’environnement est un véritable Munich de l’écologie politique.
Munich de l’écologie politique car l'idée qu'une « Union sacrée » soit possible autour du sarkozysme sous le prétexte de la défense de l’environnement a finalement triomphé. Comme si l’écologie n’était pas une affaire de choix de société avec nécessairement des perdants et des gagnants : la grande question étant de savoir qui des pauvres ou des riches paiera la crise écologique.
Munich de l’écologie politique car il impose l'idée qu'on pourrait obtenir des avancées sans constuire d'abord un rapport de force face à la puissance des lobbies économiques et nucléocrâtes.
Ce Grenelle de l'environnement est une défaite de l'écologie que nous paierons très cher. Il retarde le moment où il faudra bien apprendre à vivre mieux avec beaucoup moins ce qui suppose d'abord un autre partage des ressources entre les riches et les pauvres. Dans l'attente du grand soir promis par Sarkozy au nom de sa « révolution verte » et de l'extinction durant cinq minutes de nos ampoules électriques, souvenons-nous que le 22 avril 1970, vingt millions d’américains avaient participé au « premier jour de la Terre », qu’à cette occasion la 5e avenue de New York avait même été fermée à la circulation. Nous avons vu combien cette écologie des bons sentiments est un marché de dupes. Trente ans plus tard, les crises environnementales et sociales sont encore plus dramatiques.
Que penser des mesures prises par le Grenelle officiel ?
On nous parle de geler les constructions d’autoroute et d'aéroports
Cette promesse est un marché de dupes puisque si l'Etat s'est engagé à ne plus augmenter significativement les investissements dédiés au développement de nouvelles capacités routières et aéroportuaires, il a immédiatement ajouté sauf en cas de contournement d'une agglomération, sauf en cas de nécessité liée à un problème de sécurité, sauf en cas d'intérêt local, etc. Que restera-t-il finalement des belles paroles face aux execptions annoncées au nom du « réalisme » économique ? On fera peut être un peu moins d'autoroutes mais on continuera à développer en priorité le TGV au détriment des TER et de la nécessaire relocalisation de nos activités économiques et de loisirs.
On nous promet une fiscalité verte.
Cette promesse est un marché de dupes car le transfert d'une partie de la fiscalité des entreprises sur le carbone aboutira à pénaliser davantage encore ceux qui ont le moins : elle videra comme les péages urbains les routes des voitures des plus pauvres pour que les riches puissent rouler plus vite. Ce projet d'un bonus/malus a été en outre accepté comme une divine surprise comme si la crise écologique tenait avant tout aux vieilles voitures polluantes des plus pauvres et non à la surconsommation des plus riches et à un modèle de vie écologiquement insoutenable.
On nous promet une loi sur les OGM.
Cette promesse est un marché de dupes car le gel annoncé n'est en rien le moratoire exigé par les associations environnementales. Le gel des cultures de maïs Mon 810 durant l'hiver est une campagne de communication pas gênante pour les bio-technologies puisqu'on ne sème pas durant cette période. La loi annoncée par Borloo est en revanche un véritable piège car sous prétexte de liberté de faire ou de ne pas faire des OGM, elle ne répond pas à la question posée par une majorité de français, sur la dangerosité des OGM mais aussi sur le choix d'une agriculture paysanne. Elle entérine les solutions libérales sous forme de dommages et intérêts en cas de pollution génétique. Sarkozy le dit clairement : cette suspension de la culture commerciale des OGM « ne signifie pas que nous devons condamner tous les OGM, et notamment les OGM d'avenir ». Le chef de l'Etat a même exprimé sa volonté d'accélérer encore plus la recherche sur les OGM.
On nous promet plus de bio dans les écoles.
Cette promesse est un marché de dupes puisque la réglementation européenne généralise la bio-industrie contre la véritable agriculture biologique : on n'avancera pas d'un pouce si les aliments bio parcourent la planète avant d'arriver dans les assiettes de nos enfants. Une vraie alternative est de revenir à une cuisine faite sur place, avec des produits locaux, de saison et si possible « bio ».
On nous promet de moraliser la publicité
Cette promesse est un marché de dupes dès lors que l'Etat n'abroge pas la circulaire Jack Lang qui permet à la publicité de pénétrer dans les écoles par les fenêtres tout en demeurant interdite par la porte, tant que l'Etat ne respectera pas la loi en faisant démonter les 40 % de panneaux publicitaires illégaux, tant que la publicité ne sera pas interdite à la télévision aux heures où tant d'enfants sont devant le poste, tant qu'on n'inversera pas la hiérarchie des normes juridiques en faisant primer le droit des usagers à être protégé sur celui des marchands en généralisant, par exemple, des zones sans publicité.
On nous promet de diviser par deux les pesticides.
Cette promesse est un marché de dupes car sitôt l'annonce faite que cet objectif devrait être atteint en dix ans, on apprend que sous la pression de la FNSEA la date butoir disparait.
On nous promet de ne pas créer de nouveaux sites nucléaires.
Cette promesse est un marché de dupes puisque tous les projets se situent sur des sites déjà exploités et que Sarkozy entend imposer le choix du nucléaire à toute l'Europe.
Sarkozy a annoncé la convocation d'un autre Grenelle l'an prochain.
Chiche à la même date : nous organiserons de nouveau un contre-Grenelle.
En attendant nous ne laisserons pas Sarkozy profiter de la présidence française de l'Union européenne en juillet 2008 pour imposer à l'Europe le retour au tout-nucléaire...
Face à une droite naturellement sarko-compatible et à une gauche toujours plus sarko-compatible nous disons que l'on ne peut vouloir à la fois plus de croissance et plus d'écologie.
Face au Front National de Libération de la Croissance canal Attali, nous rejettons l'objectif de 5 % de croissance par an car, comme le disait Attali en 1973, croire que la croissance puisse réduire les inégalités sociales est une escroquerie intellectuelle.
Face à Florence Parisot et à Christine Lagarde qui veulent aller chercher les derniers points de croissance avec les dents, nous lançons un appel à boycotter la grande distribution notamment lors des nocturnes commerciaux et les dimanches.
Face à ceux qui choisissent de nourrir leurs voitures plutôt que six milliards d'humains, nous exigons un moratoire immédiat sur les agro-carburants présenté hier à l'ONU par Jean Ziegler.
Paul Ariès
Co-organisateur du Contre-Grenelle de l'environnement
Rédacteur au journal La Décroissance
Directeur de la rédaction du journal Le Sarkophage
05/09/2007
Contre grenelle de l'environnement..
L'organisation d'un Grenelle de l'environnement par le gouvernement Fillon n'est ni sérieuse ni crédible.L'organisation d'un Grenelle de l'environnement par le gouvernement Fillon n'est ni sérieuse ni crédible.
Elle n'est pas sérieuse de la part d'un Président qui vomissait il y a quelques jours encore Mai 68 et ses accords de Grenelle.
Elle n'est pas crédible de la part d'un chef d'État et d'un parti dont le programme électoral lui a valu la note déplorable de 8,5/20 lors de l'évaluation réalisée par les ONG, aujourd'hui conviées à la table officielle et pourtant peu soupçonnables de nourrir des logiques d'extrême-gauche, regroupés au sein de l' « Alliance pour la planète ».
Tentative de récupération
Ce projet d'accords de Grenelle de l'environnement constitue une tentative d'OPA sur le monde de l'écologie. Il s’agit d’une offensive pour vider l'écologie de son discours social, politique et philosophique. Il vise à réduire l'écologie politique à une logique d'accompagnement du programme économique néolibéral de ce gouvernement.
Cette initiative est aussi la preuve que l'opération du pacte écologique de Nicolas Hulot, qui conseillait déjà l'ancien Président Chirac en matière d'écologie, a été téléguidée par les sociétés sponsors de sa Fondation proches de l'UMP et du nouveau Président de la république.
Contre l'écologie-spectacle
Nous refusons de voir l'écologie se transformer en un rapport consumériste à la nature. L'écologie est autant inséparable de son contenu politique qu'indissociable de son contenu social.
Elle s'oppose frontalement à la logique productiviste du « travailler plus pour gagner plus » qui a été au centre de la campagne présidentielle de ce gouvernement.
L'écologie est incompatible avec la volonté forcenée de relancer la croissance. Cette course à la croissance illimitée est autant une impasse scientifique qu'un péril social et humain.
L'écologie n'est pas dissociable des choix économiques et techno-scientifiques. Elle ne s'accommode ni des options néolibérales ni des choix de société productivistes.
Les intérêts de la grande distribution ou de TF1 ne sont pas ceux de la nature ou de l'humanité.
Par nature, l'écologie politique ne peut pas être consensuelle car elle impose à faire des choix.
Double danger
Ces pseudo-accords de Grenelle constituent donc un double danger. Danger de dilution de la question environnementale, comme le prouve déjà le Ministère Borloo où l'écologie dépourvue de budget propre pèsera bien peu aux côtés des bastions des transports et de l'énergie.
Danger de détournement de la question écologique en promouvant des solutions qui ne feront qu'alimenter les régressions environnementales et sociales.
Par exemple, la promotion massive des agrocarburants relève d'un véritable crime contre les 2 milliards de paysans pauvres dans le monde alors que la sécurité alimentaire n'est pas assurée.
Nous nous opposons à toute instrumentalisation des enjeux environnementaux pour soutenir une politique qui prend aux plus faibles pour donner aux plus gros.
Un contre-sommet de l'écologie
Face à la farce des pseudo accords d'un faux Grenelle de l'environnement, nous organisons le 6 octobre un contre-sommet de l'écologie à Lyon.
Pour mettre en accusation un gouvernement dont les premières mesures ne sont pas écolo-compatibles (défense des OGM, nucléaire, tout-routier).
Pour entrer en résistance théorique et pratique contre la course à la croissance folle, le productivisme, le néolibéralisme.
Pour promouvoir une écologie politique face à une écologie des bons sentiments et de l'accompagnement qui ressemble davantage aux soins palliatifs qu'à une réorientation de nos façons de vivre, de produire et de consommer.
Ce contre-sommet réunira des associations qui luttent depuis des années sur le terrain, des intellectuels, des universitaires, des scientifiques et des politiques. Il se donnera pour objectif de définir les véritables priorités si nous voulons vraiment concilier les contraintes environnementales avec le souci de justice sociale par un retour au politique.
http://www.contre-grenelle.org/

