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Pour ses détracteurs, la secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville cherche ainsi à faire oublier l'échec du plan banlieues et ferait mieux d'agir en ministre au lieu de tomber dans le jeu des petites phrases.
"Rappelez-vous le 'kärcher' de Nicolas Sarkozy : on a oublié qu'il a dit cela alors qu'un jeune de 11 ans avait été tué en nettoyant la voiture de son père !", dit Fadela Amara dans Le Progrès de Lyon, publié lundi.
"Oui, il faut 'nettoyer au kärcher', nettoyer cette violence qui tue nos enfants dans les cités", ajoute-t-elle.
Fadela Amara reprend une expression que le chef de l'Etat avait utilisée en 2005 alors qu'il était ministre de l'Intérieur, déclenchant de vives polémiques y compris au sein du gouvernement.
Azouz Begag, alors ministre délégué à l'Egalité des chances, avait publiquement désapprouvé la sortie du futur candidat à l'élection présidentielle.
Plus largement, Fadela Amara nie que le thème de la sécurité "soit un discours de droite" et juge l'ordre républicain "émancipateur" face à l'insécurité qui existe "dans certains quartiers populaires."
"Le droit à la sécurité n'est pas réservé aux bourgeois, il existe d'abord pour les plus pauvres", dit-elle.
Au nom de la mixité sociale, la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville défend son maintien dans le logement HLM que lui loue la ville de Paris.
Par lettre recommandée du 10 septembre, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) a demandé à Fadela Amara de résilier le bail de l'appartement de 55 mètres carrés qu'elle loue dans le XIIIe arrondissement. Sa qualité de ministre serait incompatible avec l'occupation d'un logement social. La secrétaire d'Etat à la Politique de la ville réplique dans L'Express.
La Régie immobilière de la Ville de Paris a demandé à Fadela Amara de résilier le bail de l'appartement de 55 mètres carrés qu'elle loue dans le XIIIe arrondissement.
Vous occupez un deux-pièces qui pourrait revenir à une famille modeste, pourquoi restez-vous?
Je n'ai pas honte de mon quartier ni de mes voisins. J'ai grandi dans un quartier populaire. Parce que je suis ministre, je devrais renier mes racines ? Dans l'immeuble, il y a un écrivain, une policière, des retraités, des Asiatiques, la France que j'aime, la République métissée. C'est justement parce que je défends la mixité sociale que je me dois de rester. Sur le principe, on peut en discuter, mais ce que je trouve fou dans cette histoire, c'est qu'on organise, de fait, des quartiers de riches et des quartiers de pauvres.
Vous avez les moyens de déménager...
Il m'a fallu trois ans pour obtenir ce logement HLM à l'époque où j'étais présidente de Ni putes ni soumises. En 2007, dès mon entrée au gouvernement, j'ai tenu à régulariser ma situation. Mes services ont envoyé un courrier à la RIVP dans lequel je proposais de payer un surloyer. Or, l'appartement étant à loyer libre, la loi ne le permet pas.
Que comptez-vous faire ?
J'ai répondu le 23 septembre au président de la RIVP. Cela ne sert à rien de jeter des noms en pâture. Mon exemple doit servir à engager un débat de fond sur la mixité dans le parc social. Il faut que le politique s'en saisisse : doit-on faire de la ségrégation sociale un principe dans l'attribution des logements ? Casser les ghettos, cela signifie les changer, non les fuir.
Quand le président de la République montre des signes d'impatience, mieux vaut réagir. C'est ce que vient de faire Fadela Amara en critiquant les hauts fonctionnaires qui freinent l'application de son plan Banlieues et en envisageant, dans un autre domaine, la réquisition des logements vacants.
Alors que les conseillers de l'Elysée se répandaient depuis plusieurs jours pour juger la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville « trop discrète », Nicolas Sarkozy a regretté jeudi que le plan Banlieues ne progresse « pas assez vite ».
Dans la foulée, Yazid Sabeg, le nouveau commissaire à la Diversité et à l'Egalité des chances, nommé par le chef de l'Etat pour prouver son volontarisme sur ces sujets, avait souhaité qu'il soit fait preuve de « beaucoup plus de volonté » dans la mise en oeuvre du plan : sur les 45.000 contrats d'autonomie pour les jeunes des quartiers prévus en trois ans, à peine plus de 2.000 ont été signés depuis février.
Plutôt que de se braquer, la secrétaire d'Etat a préféré abonder dans le sens du président en déplaçant le reproche. « Certains énarques freinaient des quatre fers », a-t-elle souligné dimanche soir sur France Inter et i-Télé, les rendant responsables du faible nombre de délégués du préfet dans les quartiers (« une quinzaine » sur 350 prévus) nommés en dix mois. Mieux, c'est elle qui aurait incité Nicolas Sarkozy à taper du poing sur la table lors de son discours.
Au passage, Fadela Amara a rebondi sur un autre sujet sensible : l'application de loi sur la réquisition des logements vacants : « Il n'y a pas besoin de chercher des polémiques, il faut appliquer la loi. Toutes les personnes qui habitent dans notre pays ont le droit d'avoir un toit. » La reprise de cette revendication ancienne des associations d'aide au logement n'a pas enchanté Christine Boutin, ministre du Logement, concernée donc au premier chef. « C'est une fausse bonne idée », a-t-elle tranché hier.
Dans l'entourage de la secrétaire d'Etat, on s'attache à nuancer la portée de ses déclarations : « Ce n'était pas une proposition démagogique lancée dans le débat mais la volonté de montrer que, face aux problèmes de logement, il faut se donner la possibilité d'agir sur tous les leviers et sans tabou. » Rien de directement applicable donc, mais « la question doit être posée », ajoute-t-on. Comme s'il fallait trouver un équilibre entre défense de la liberté de parole (légendaire) de Fadela Amara et la volonté de ne pas - cette fois - créer de polémique au sein de l'exécutif quelques jours à peine après que le chef de l'Etat a rappelé ses ministres à l'ordre.
Dans la même veine, on prend soin de nier toute concurrence avec Yazid Sabeg : « Nous ne sommes pas là pour avoir un ego, nous sommes là en mission. On a besoin de toutes les énergies. » Dimanche, Fadela Amara n'avait en revanche pas hésité à juger que sa collègue Rama Yade, en délicatesse avec le chef de l'Etat, avait eu « tort » de refuser de conduire l'UMP aux européennes en Ile-de-France. « Si on m'avait donné cette chance, j'y aurais été avec joie parce qu'on ne perd jamais quand on se présente devant le peuple. » Une offre de service ? « A ce jour personne ne lui a rien proposé mais, s'il y a une proposition qui vient, elle sera étudiée sérieusement », indique un de ses conseillers.

Pour financer son Plan Banlieue annoncé le 8 février, la secrétaire d’Etat à la Ville fait la tournée des ministères et des popotes afin de trouver quelques sous. La moisson est maigre, surtout du côté de Bercy et des entreprises
Nicolas est « pingre », révélait Cécilia dans le livre de la journaliste Anna Bitton. Fadela Amara vient d’en faire les frais, si l’on ose dire. Fin janvier, la secrétaire d’état à la politique de la ville escomptait un milliard d’euros pour financer son plan « Espoir Banlieue », bricolé à la va-vite.
lire l'article complet sur l'exellent:http://www.bakchich.info/article2684.html

Elle oublie de dire aussi quele president à bien declaré ne rien regretter de ce qu'il a dit à propos de la banlieue ce qui me rappelle encore une fois que le pouvoir des mots sait lever les foules comme les endormir.

